syrie

Le Vatican contre toute intervention armée

Une lettre à Vladimir Poutine, président du G20, signée de la main du pape François et une journée de jeûne et de prière samedi en faveur de la paix. Le Vatican déploie sa diplomatie pour «faire cesser la violence» dans la région

Une condamnation ferme de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie devant des milliers de fidèles réunis dimanche dernier place Saint-Pierre après la prière de l’Angélus; un message de paix martelé ensuite tous les jours sur le réseau social Twitter: le pape François est toujours plus actif dans sa volonté de résoudre le conflit syrien. Il a écrit jeudi une lettre au président russe Vladimir Poutine, hôte du G20. A travers lui, le pape s’est adressé aux «20 plus grandes économies du monde» réunies à Saint-Pétersbourg. Il leur a demandé de ne pas rester «inertes» face aux «drames que vit la population syrienne», les a invités à choisir «une solution pacifique à travers le dialogue et la négociation» pour éviter un «massacre inutile». Et, c’est le cœur de son message, les a appelés à «dépasser leurs différences et à abandonner toute vaine prétention d’une solution militaire».

Pour le pape, les conflits armés constituent «la négation d’une possible entente internationale». «François est ainsi dans la continuité avec les papes précédents, remarque Patrice de Plunkett, écrivain et journaliste spécialiste des questions religieuses. Dans la continuité de Benoît XVI qui appelait à un gouvernement mondial», Benoît XVI dénonçait déjà, avant sa renonciation en février, un conflit syrien qui ne «verrait ni gagnants ni perdants». Des mots tenus lors de son discours annuel au corps diplomatique du Vatican début janvier.

Pape François «plus direct»

Le pape François a beau être «plus direct, plus percutant», grâce notamment à son style, mais aussi grâce à l’utilisation nouvelle des réseaux sociaux, la ligne du Vatican n’en reste pas moins inchangée: «Une politique toujours au service de la paix», précise Patrice de Plunkett. La diplomatie du Vatican est une diplomatie «de la parole, poursuit l’écrivain, qui s’appuie sur le peuple catholique, soit plus d’un milliard de personnes, et plus largement chrétien. Le pape s’en fait le porte-parole, ce qui permet à sa diplomatie d’être prise au sérieux.»

Une parole qui a été précisée jeudi matin devant la quasi-totalité des ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège. Mgr Dominique Mamberti, le secrétaire pour les rapports avec les Etats, sorte de ministre des Affaires étrangères du Vatican, a détaillé les trois points qui devraient «orienter la recherche d’une solution juste»: se mobiliser pour la reprise du dialogue avec les différentes parties, éviter la fracture de la Syrie entre les «diverses composantes de sa société» et, enfin, garantir l’intégrité territoriale du pays. Le chef de la diplomatie vaticane a rappelé la principale inquiétude du Saint-Siège: une violence continue qui «risque d’impliquer non seulement les pays de la région, mais qui pourrait avoir aussi des conséquences imprévisibles dans d’autres parties du monde».

A cette mobilisation, le pape François a ajouté une dimension spirituelle: une journée de jeûne ce samedi et une veillée de prière dans la soirée auxquelles sont invités croyants et non-croyants.

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