L’essentiel

La barre des 3000 cas positifs a été franchie en Suisse selon les derniers chiffres de l'OFSP. Le Conseil fédéral annonce l'annulation de la votation fédérale du 17 mai prochain tandis et étend les contrôles aux frontières.

De nombreux pays continuent de déclarer l’état d’urgence et des mesures de confinement drastiques. Angela Merkel prend la parole en direct à la télévision pour demander aux Allemands de s'isoler davantage.

Mercredi à 12h00, 8092 décès ont été recensés, la majorité en Europe (3422) et en Asie (3384). Avec 684 nouveaux morts ces dernières 24 heures pour un total de 78 766 cas, l'Europe est le continent où la pandémie progresse le plus rapidement. Le Premier ministre chinois a annoncé l'envoi de deux millions de masques de protection à l'Union européenne.

Ces dernières 24 heures, 475 personnes sont mortes en Italie - le pire bilan enregistré dans un seul pays en une journée depuis le début de la pandémie. En France, le coronavirus a causé 89 nouveaux décès.

Notre suivi de la  journée d’hier


■ Des millions débloqués par des cantons

  • Vaud débloque 150 millions, dont 100 millions pour protéger les trésoreries et 50 millions pour augmenter le fonds du chômage. «Sur le plan économique, nous sommes dans une situation grave et qui va durer. Nous sommes confrontés à de nombreux appels à l’aide souvent désespérés de chefs d'entreprise, de PME, d'indépendants», a indiqué le conseiller d'Etat Philippe Leuba. «La priorité est de faire face aux problèmes de trésorerie, au paiement du loyer, des charges et des salaires», a-t-il ajouté. Pour ce faire, le Conseil d'Etat a adopté une série de mesures pour faciliter et accélérer les demandes de réduction des horaires de travail. Les formulaires de demandes seront simplifiés et les examens plus rapides
  • Fribourg débloque 50 millions de francs pour venir en aide à l'économie cantonale en soutenant les entreprises. «La crise sanitaire se double aujourd’hui déjà d’une crise économique», a déclaré le gouvernement, en présence de quatre de ses sept membres. «Il s’agit en premier lieu d’assurer le paiement des salaires pour éviter des licenciements», résume Olivier Curty, directeur de l'économie et de l'emploi. Outre les mesures «classiques» touchant au chômage partiel, soit la réduction de l'horaire de travail, l’instrument privilégié par le Conseil d’Etat  fribourgeois concerne le cautionnement des crédits bancaires. L'idée consiste à faciliter la mise à disposition rapide de liquidités pour les acteurs économiques concernés.
  • Neuchâtel débloque un prêt sans intérêts de 30 millions de francs en faveur des indépendants et petites entreprises de moins de cinq personnes. «Les montants de cet outil complémentaire aux instruments existants seront libérés dès la semaine prochaine», écrit le Conseil d'Etat neuchâtelois dans un communiqué mercredi soir. Les critères exacts seront validés par le Conseil d’Etat lundi prochain. Ce fond s’adresse principalement aux indépendants et aux petites entreprises dont l’activité a été suspendue par décision des autorités parce que les instruments existants leur sont inadaptés. Le Conseil d’Etat craint que de très nombreuses entreprises se retrouvent en faillite, et que des indépendants se retrouvent dans une situation de précarité matérielle à très brève échéance.

■ La Chine va envoyer deux millions de masques à l'Union européenne

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé aujourd’hui que l'Europe est devenue l'épicentre de la pandémie de coronavirus. Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, lui a indiqué, lors d'un entretien téléphonique, l'envoi de matériel médical. Une livraison qui comprendra deux millions de masques chirurgicaux, 200 000 masques de protection de type N-95 et 50 000 tests de dépistages du nouveau coronavirus.

«Nous convergeons sur le fait que la lutte contre le coronavirus est globale et que nous devons nous aider dans ces moments difficiles. La Chine n'a pas oublié l'aide que la Commission lui a apportée en janvier, quand elle était le centre de l'épidémie», a-t-elle déclaré. L'Union Européenne avait alors envoyé 50 tonnes d'équipement médical vers la Chine.


■ Des airs de ville

Le photographe Eddy Mottaz a sillonné la ville de Genève ces derniers jours. Son appareil en main, il a capturé l'ambiance qui règne dans les rues et les transports en commun


■ Dans les prisons françaises 

Des tensions ont éclaté dans plusieurs prisons françaises ce premier jour de l'entrée en vigueur de la suspension des parloirs, a appris l’AFP de sources concordantes. Dans plusieurs établissements pénitentiaires, des détenus qui étaient en cours de promenade ont refusé de réintégrer leurs cellules, nécessitant dans la majorité des cas une intervention des équipes régionales d'intervention et de sécurité.

Ces refus de réintégrer ont parfois été accompagnés de dégradations, mais se sont réglés dans le calme et les remontées en cellule se sont faites sans violences, déclare la direction de l'administration pénitentiaire.

Alors que la France est placée en confinement pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé mardi la suspension des parloirs pour les familles et proches des détenus pour une durée minimale de 15 jours.

Afin d'apaiser le climat en détention, Emmanuel Baudin, secrétaire nationale du syndicat FO-Pénitentiaire, a demandé que les détenus puissent tous avoir accès à des télévisions et que les téléphones fixes soient gratuits. Il demande de plus «un pécule minimum» pour ceux qui travaillent habituellement pour des entreprises extérieures et qui se retrouvent désormais sans ressources

Le coronavirus a fait une première victime parmi les détenus, un homme de 74 ans incarcéré dans la prison de Fresnes, seul détenu testé positif en France, est décédé lundi soir.

En France, le coronavirus a causé 89 nouveaux décès en 24 heures et 3 626 malades sont hospitalisés, dont 921 en réanimation selon un bilan communiqué ce soir par le ministère de la Santé. Au total, 9 134 cas de contamination ont été confirmés, a précisé le directeur général de la Santé.


■ Une mesure exceptionnelle à Genève pour accueillir des sans-abris

Exposés à la promiscuité des lieux d’accueil d’urgence, les sans-abris sont des personnes particulièrement vulnérables au nouveau coronavirus. Des associations genevoises se mobilisent pour que les mesures sanitaires requises soient appliquées dans leurs lieux d’hébergement.

Face à l'urgence et pour diminuer le risque de propagation, la ville de Genève a annoncer la réquisition de la caserne des Vernets. Un dispositif qui permettra de prendre en charge 400 personnes.

Lire l’article de notre journaliste sur ce sujet: Coronavirus: Genève s’active pour protéger les sans-abri


■ L'appel d'Angela Merkel pour que chacun s'isole

Angela Merkel, s’est adressée ce soir aux Allemands, lors d’un direct télévisé. «Depuis la Réunification allemande, non, depuis la Seconde Guerre mondiale, il n'y a pas eu de défi pour notre pays qui dépende autant de notre solidarité commune», a-t-elle déclaré. «Je crois fermement que nous réussirons dans cette tâche si tous les citoyens la considèrent vraiment comme leur tâche»

Son apparition télévisée est un symbole fort pour la Nation et marque la gravité de la situation. La Chancelière allemande, au pouvoir depuis 2005, n’est pas une adepte des allocutions télévisées. Hormis ses traditionnels vœux de fin d’année, elle préfère rester en dehors des champs des caméras. Même lors de la crise de l'euro en 2008 ou de la crise financière de 2008 et 2009, elle n’avait pas prononcé de discours.

Angela Merkel a lancé un appel à sa population, notamment les jeunes, pour que chacun réduise au minimum ses contacts sociaux. «Plus de poignée de main, se laver les mains soigneusement, être à au moins un mètre et demi de la personne suivante et, si possible, n’avoir pratiquement aucun contact avec les personnes très âgées, car elles sont particulièrement exposées», a-t-elle détaillée avant d’inviter les Allemands à se «skyper», à se téléphoner, à s’envoyer des e-mails, voire même à s’envoyer des lettres pour communiquer avec leurs proches.

La Chancelière a rappelé les mesures prises par les pays européens pour tenter d’endiguer la pandémie dont l’interruption de la libre-circulation des personnes. «Pour quelqu'un comme moi, pour qui la liberté de voyage et de circulation a été un droit durement acquis, de telles restrictions ne peuvent être justifiées que par une nécessité absolue», a soulignée celle qui a grandi dans l'ancienne Allemagne de l'Est communiste.

Angela Merkel a également profité de cette prise de parole pour dénoncer les achats massifs de certaines denrées effectués dans les supermarchés: «Accumuler comme s'il n'y allait bientôt plus rien avoir est inutile et manque complètement de solidarité.»


■ Et chez nos voisins?

Les principales mesures prises par les pays européens pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus: 

  • Après l'Italie, l'Espagne et la France, la Belgique est entrée en confinement général mercredi, et ce jusqu'au 5 avril. Seules sont autorisées les sorties pour aller chez le médecin, pour l'activité physique en plein air et dans quelques commerces jugés essentiels.
  • L'Autriche et la République tchèque ont également pris des mesures draconiennes de confinement.
  • Les Allemands ont été appelés par leur gouvernement à «rester à la maison» et à renoncer à leurs voyages de vacances.
  • La Grande-Bretagne demande désormais à la population d'éviter tous les contacts sociaux et déplacements «non essentiels». Elle recommande aux personnes âgées et aux femmes enceintes de s'isoler pendant trois mois.
  • La Grèce a imposé, comme l'Italie, une période de confinement de 14 jours à tous les voyageurs arrivant sur son territoire. Elle applique en outre des restrictions à la liberté de mouvement des migrants sur les îles égéennes.
  • En Slovaquie, Croatie, Lettonie, Estonie, à Moscou et en Norvège, les personnes de retour des principaux foyers de contamination doivent s'isoler chez elles. 

Les dirigeants de l'Union Européenne ont décidé ce mardi 17 mars de fermer les frontières extérieures de l'Union pendant 30 jours:

  • L'Allemagne a en conséquence suspendu aujourd'hui le programme avec la Turquie d'accueil de réfugiés syriens et effectue des contrôles aux frontières avec plusieurs pays - dont la France qui lui applique les mêmes mesures -, ne laissant passer que marchandises et travailleurs transfrontaliers
  • L'Espagne avait auparavant fermé ses frontières terrestres, ainsi que la Hongrie
  • La Turquie a fermé aujourd'hui ses frontières avec la Grèce et la Bulgarie
  • La République tchèque, Chypre, le Danemark, la Lituanie et la Slovaquie – à l’exception des Polonais - ont fermé leurs frontières aux étrangers
  • La Russie a fermé ses frontières terrestres avec la Norvège et la Pologne
  • L'Autriche a fermé sa frontière terrestre avec l'Italie et la Suisse

Plusieurs pays limitent le nombre des participants aux rassemblements, mais avec des seuils très différents :

  • En Turquie, les prières collectives sont suspendues et les lieux culturels fermés
  • Les Pays-Bas, le Luxembourg, l'Ukraine, l'Autriche, la Bulgarie, la Slovénie ont ordonné la fermeture des lieux accueillant du public, dont les commerces
  • Les commerces non essentiels sont fermés en Italie, France, Grèce, Andorre, Allemagne, Espagne et au Danemark
  • Les restaurants, bars, discothèques, ou cinémas sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande et les maisons closes aux Pays-Bas
  • La Hongrie a fermé ses lieux publics à l'exception des commerces
  • La Grèce a fermé musées et sites archéologiques

■ Le canton de Vaud appelle à des mesures sanitaires plus strictes

Le Conseil d’Etat vaudois appelle le Conseil fédéral à renforcer les mesures sanitaires d’éloignement. Il utilise sa marge de manœuvre pour interdire les chantiers et les activités industrielles, lorsque ceux-ci ne respectent pas strictement les normes d’hygiène et de distance. Et ceci dès mercredi à 18h.

«L’heure est grave», a lancé la présidente du gouvernement vaudois Nuria Gorrite. Les personnes à risque continuent à sortir et les moins vulnérables continuent à se réunir en nombre dans l’espace public ou dans des lieux de travail, a-t-elle constaté. «De nombreuses activités économiques non essentielles continuent».

En conséquence, le canton a décidé d’utiliser toute la marge de manœuvre que lui laissent les dispositions fédérales. Il a adopté un arrêté, valable jusqu’au 19  avril, qui demande aux employeurs de cesser leur activité s’ils ne peuvent respecter les mesures sanitaires et d’hygiène requises. Les secteurs de la construction et de l’industrie sont principalement visés.

A défaut, les employeurs encourent des sanctions. Les contrevenants seront amendés. Les amendes pourront aller jusqu’à 20 000  franc et 50 000  francs en cas de récidive. «Ce sont des mesures sévères mais nécessaires», a relevé Nuria Gorrite.


■ 24 heures, en Italie

475 personnes sont mortes en Italie ces dernières 24 heures. Ce bilan, le pire enregistré dans un seul pays en une journée depuis le début de la pandémie, vient d’être annoncé par la protection civile du pays.

Les services sanitaires italiens ont enregistré 4 207 nouveaux cas en 24 heures. Un nombre, là encore, jamais atteint auparavant. Au total, près de 3000 personnes ont perdu la vie en Italie en raison de cette maladie. Un nombre qui avoisine celui de la Chine, qui comptabilise plus de 3200 morts.  


■ Berne étend les contrôles aux frontières

Le Conseil fédéral avait déjà décidé de rétablir des contrôles aux frontières italiennes, allemandes, françaises et autrichiennes. Seuls les Suisses, les personnes disposant d'un permis de séjour et celles voyageant pour le travail sont autorisés à entrer en Suisse depuis ces pays. Le transit et le transport de marchandises restent autorisés.

Mercredi, le gouvernement a étendu ces restrictions à l'Espagne. Les mesures visent à protéger la population suisse et à maintenir les capacités du système de santé suisse, explique-t-il dans un communiqué.

Les restrictions à l'entrée et les contrôles aux frontières s'appliquent aussi au trafic aérien en provenance des pays voisins de la Suisse - Italie, France, Allemagne et Autriche, ainsi que des pays non-membres de Schengen. Des dispositifs seront mis sur pied à cet effet dans les aéroports.


■ L'Allemagne crée des hôpitaux provisoires

Transformer les hôtels et les grandes halles en hôpitaux. C’est ce qu'a annoncé le gouvernement allemand pour accroître les capacités d’accueil des malades atteints du Covid-19. Ces structures provisoires ne dispenseront quant à elle que des soins courants. Les hôpitaux pourront ainsi «se concentrer sur l’élargissement de leurs capacités en soins intensifs», indique le communiqué.

Le pays compte plus de 8000 cas confirmés d’infection par le nouveau coronavirus. Pour tenter d’endiguer sa propagation, le gouvernement a demander à tous les établissements hospitaliers de rappeler les médecins ou membres du personnel de soin à la retraite et de faire appel aux étudiants avancés en médecine.

L’Allemagne, qui dispose à ce jour de 25 000 lits d’assistance respiratoire, prévoit également de doubler ce nombre de lits pour assurer la prise en charge des patients.


■ Les élections municipales tessinoises auront lieu en 2021

Les élections municipales tessinoises, prévues initialement ce 5 avril, sont repoussées d’un an. Une décision qui entraînera la réduction de la durée de la prochaine législature d’un an également. Le directeur du département des institutions, Norman Gobbi, regrette qu’elles ne puissent avoir lieu dans une «atmosphère apaisée».

Il a justifié ce report lors d’une conférence de presse organisée cet après-midi en soulignant que de nombreux Tessinois sont actuellement confinés chez eux, que les personnes âgées ne seraient pas en mesure d’exercer leur droit de vote correctement et que l’organisation de ces élections et la tenue des centres de votes nécessiteraient la mobilisation d’un nombre important de personnes qui ne seraient pas assez protégées.

Les élections municipales se tiendront donc en avril 2021. Les différents partis peuvent adresser leurs listes aux communes jusqu’à la fin de cette année.


■ Les poursuites suspendues dans tout le pays

Pour alléger la situation des entreprises suisses, le Conseil fédéral annonce la suspension des poursuites dans tout le pays jusqu’au 4 avril prochain. Dès demain, 7 heures, il ne sera plus possible de notifier des actes de poursuites à des débiteurs. «Par cette décision, le Conseil fédéral entend parer aux difficultés financières occasionnées à de nombreuses entreprises par les mesures extraordinaires, notamment la fermeture de restaurants et de commerces, précise par voie de communiqué l’Office fédéral de la justice. La suspension des poursuites leur offrira un certain répit, sans qu'il s'agisse toutefois d'un instrument approprié pour remédier à ces difficultés à long terme.»

Après avoir annoncé le 13 mars dernier, une aide immédiate pour pallier les difficultés économiques allant jusqu'à 10 milliards de francs, le Conseil fédéral doit à présent décider quelles mesures adopter «pour protéger au mieux les intérêts en jeu».

Le nouveau coronavirus n’épargne pas le domaine judiciaire. Des audiences des tribunaux sont reportées et les délais plus difficiles à tenir. Le département fédéral de la justice et police est chargé d’examiner les mesures qui pourraient être prises. «Les milieux concernés, notamment les tribunaux, les procureurs et les avocats, seront associés à ces travaux», précise le Conseil fédéral.


■ La votation fédérale du 17 mai n'aura pas lieu

Le Conseil fédéral a décidé de renoncer à la tenue de la votation populaire fédérale fixée au 17 mai 2020. Par ailleurs, les délais impartis pour la récolte des signatures et le traitement des initiatives populaires et des demandes de référendum qui sont en cours seront temporairement suspendus.

Sont ainsi reportées la votation sur l'initiative de l'UDC visant à résilier la libre circulation des personnes avec l'UE, la réforme de la loi sur la chasse et celle sur l'augmentation des déductions fiscales pour la garde extrafamiliale des enfants.

Le Conseil fédéral devra décider d'ici à fin mai s’il ordonne l’organisation d’un scrutin pour le 27 septembre et à déterminer, le cas échéant, les objets soumis au peuple.


■ A Genève, chantiers interrompus et visites interdites dans les EMS 

Le Conseil d'Etat genevois a décidé d'interrompre les chantiers du canton d'ici vendredi à midi. Conscient des risques sanitaires que présente ce domaine, où la promiscuité rend difficile l'application des mesures de nombre, d'hygiène et de distance, le gouvernement a entendu les inquiétudes exprimées par les syndicats et des organisations patronales. 

Un appel est lancé aux entreprises pour que les chantiers puissent se terminer tout en respectant les règles imposées par l'Office fédéral de la santé publique. En cas de nécessité, notamment sécuritaire, une dérogation pourra être demandée pour rallonger les délais. «Un organe tripartite sera constitué pour juger au cas par cas», a précisé Serge Dal Busco, conseiller d'Etat en charge des infrastructures. Ceux qui ne respectent pas cet arrêté sont passibles d'une amende allant de 100 000 à 300 000 francs. 

Après le décès d'une personne âgée qui avait contracté le virus en EMS, le Conseil d'Etat genevois a également décidé d'interdire toutes les visites au sein de l'ensemble des établissements médicaux publics et privés ainsi que dans les établissements médico-sociaux (EMS) et établissements pour personnes handicapées (EPH).

Les établissements concernés sont habilités à accorder des dérogations. Cette mesure vise à protéger les personnes hospitalisées ou résidant en établissement tout comme le personnel de ces établissements, lequel œuvre chaque jour en contact étroit avec les personnes vulnérables dont il prend soin.


■ Les syndicats veulent l'arrêt de toutes les activités non urgentes

Il faut arrêter toutes les activités de production et de service qui ne sont pas socialement nécessaires et urgentes. Les syndicalistes de Suisse romande ont lancé mercredi un appel au Conseil fédéral à cause du coronavirus.

Pour combattre la propagation du virus et réduire le nombre de décès à venir, il ne suffit pas de fermer bistrots, salons de coiffure et cinémas, estiment les syndicalistes romands du Syndicat des services publics (SSP) et d'Unia.

Coronavirus et droit du travail

«A quoi bon interdire l’accès aux parcs publics si des centaines de milliers de salariés doivent travailler les uns aux côtés des autres sur les chantiers, dans des entreprises industrielles, voire même dans des bureaux. Tous ceux qui accomplissent des activités non socialement nécessaires et urgentes devraient bénéficier d'un congé extraordinaire payé jusqu'à la fin de la situation d’urgence sanitaire.»

Les syndicalistes réclament par ailleurs l'interdiction des licenciements pour cause d’arrêt ou de réduction de la production, ainsi que la prolongation des indemnités de chômage. Tout le personnel en arrêt de travail, y compris les employés avec un contrat à durée déterminée ou temporaire et les personnes rémunérées à l'heure, devraient bénéficier du maintien de leur salaire.


■ Une «nouvelle très importante» de Trump

Le président étasunien a annoncé qu'il tiendrait une conférence de presse dans la journée afin de communiquer une «information très importante» de l'agence fédérale des médicaments concernant la pandémie de coronavirus.

«Je ferai une conférence de presse aujourd'hui pour discuter d'une information très importante de la FDA concernant le Virus Chinois!», a tweeté le président, sans donner plus de détails mais en utilisant la formule controversée avec laquelle il désigne le nouveau coronavirus. La Food and Drug Administration (FDA) est l'organisme fédéral qui supervise notamment la commercialisation des médicaments sur le territoire américain.


■ En Lombardie, les déplacements contrôlés grâce aux smartphones

Selon Il Corriere della Sera, les opérateurs téléphoniques ont mis à disposition de la Lombardie les données concernant le passage des téléphones portables d'une borne téléphonique à une autre. Au vu de ces données, la région lombarde déplore que seulement 60% de sa population reste à la maison et menace les contrevenants de sanctions.

Tous les déplacements non essentiels sont interdits en Italie afin de tenter d'enrayer la diffusion du coronavirus.


■ Des centaines de Suisses bloqués à l’étranger

Des centaines de Suisses sont bloqués à travers le monde. Les voyagistes font de leur mieux pour les rapatrier. La helpline du DFAE reçoit plusieurs centaines d'appels par jour.

Tous les touristes suisses ne se sont pas annoncés auprès des ambassades ou sur la plateforme itineris du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), indique ce dernier par écrit. Celle-ci permet de localiser et de contacter les personnes inscrites en cas de crise grave à l'étranger.

«Nous avons encore plusieurs centaines de clients à l'étranger qui aimeraient rentrer en Suisse. Nous faisons de notre mieux pour trouver des vols», a expliqué à Keystone-ATS Bianca Gähweiler, porte-parole de Hotelplan Suisse. Si nécessaire, l'agence de voyage s'occupe aussi de l'hébergement.


■ Premières dénonciations en Valais

«A Haute-Nendaz, la police municipale a constaté le rassemblement d’une vingtaine de personnes consommant de l’alcool sur la terrasse d’un établissement. La gérante ainsi que deux employés étaient présents sur les lieux.

La police cantonale est intervenue à Steg suite à l’avis d’une tierce personne faisant état d’une restauratrice qui servait des boissons à deux clients.

A Sion, la police régionale des villes du Centre a constaté qu’un magasin de vêtements n’était pas fermé.

Pour ces trois affaires, la police cantonale a procédé à l’audition des responsables puis à leur dénonciation auprès du Ministère public. Les contrevenants aux prescriptions édictées par l’autorité s’exposent à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 3 ans de peine privative», apprend-on dans un communiqué du canton adressé aux médias.


■ Les challenges se multiplient sur les réseaux

Lancé par plusieurs footballeurs et footballeuses confinés, le «Stay at home challenge» consiste à tenter de jongler avec un rouleau de papier toilette.


■ Et si les bourses fermaient?

Et s’il valait mieux fermer les marchés financiers, alors que la tempête boursière semble prête à tout emporter sur son passage? Dans le monde, une seule a franchi le pas: la bourse des Philippines a été fermée mardi, pour protéger la santé de ses employés et des traders. Les opérations devraient reprendre jeudi.

Pour certains experts, les opérateurs occidentaux devraient faire de même, alors que les épisodes de panique se succèdent à une vitesse rarement observée. L’objectif d’une telle mesure serait moins d’ordre sanitaire que financier: ramener le calme sur les marchés.

Notre article complet:  Faut-il fermer les bourses?


■ Douze cantons sollicitent le soutien de l’armée

L’armée a reçu plus de 60 demandes, a indiqué mercredi à Keystone-ATS le porte-parole de l’armée Daniel Reist. Jusqu’à présent, ce sont les quatre bataillons hôpital et cinq compagnies de sanitaires qui ont été déployés.

Le chef adjoint de l’armée Aldo Schellenberg a dressé un premier bilan positif. Il s’agit de la plus grosse intervention de l’armée depuis la Seconde guerre mondiale. Tout se déroule dans le calme, de manière professionnelle et avec rapidité, a-t-il déclaré sur les ondes de la radio SRF.


■ Le médecin cantonal genevois testé positif

Jacques-André Romand, le médecin cantonal genevois, a été testé positif au coronavirus. L’information, révélée par la Tribune de Genève mercredi, a été confirmée par le porte-parole du département de la santé Laurent Paoliello.

Jacques-André Romand a appris mardi soir qu’il était contaminé. Il est rentré chez lui et travaillera depuis son domicile, avec le soutien de son équipe, a fait savoir Laurent Paoliello. Le médecin cantonal avait tenu une conférence de presse mardi en fin d’après-midi, en présence de journalistes et du chef du département de la santé Mauro Poggia.

Ayant côtoyé le médecin cantonal, testé positivement mardi soir, le gouvernement genevois, in corpore, a pris la décision de se faire tester ce matin, a précisé Antonio Hodgers, président du Conseil d'Etat. Les résultats ne sont pas encore connus et aucun des ministres ne montre pour le moment de symptômes.


■ Des compagnies aériennes suspendent tous leurs vols

La filiale à bas coût d’Air France-KLM, Transavia France, et sa filiale régionale Hop! s’apprêtent à suspendre l’intégralité de leurs vols dans les prochains jours en raison de l’épidémie.

Transavia France, qui exploite 38 avions, «va arrêter ses vols dans les prochains jours», a affirmé un porte-parole à l’AFP, sans être en mesure dans l’immédiat de préciser les dates d’arrêt et de reprise des vols envisagées. La compagnie participe actuellement au rapatriement de Français bloqués à l’étranger alors que nombre de pays (Sénégal, Maroc, Algérie, Turquie…) ont suspendu les liaisons aériennes vers l’Europe.

Transavia a notamment effectué à ce stade 39 vols pour rapatrier plus de 7 000 personnes, essentiellement du Maroc, selon le porte-parole.

S’agissant de la filiale régionale Hop! (69 appareils), «les opérations seront temporairement suspendues d’ici la fin de semaine», a affirmé à l’AFP un porte-parole d’Air France, confirmant une information de La Tribune. La date de reprise envisagée n’a pas été précisée


■ Le coronavirus préfère le plastique au carton

Des travaux ont évalué la stabilité du coronavirus à l’air libre, et sur divers matériaux: il survit jusqu’à plusieurs jours sur du plastique ou de l’acier. Mais cela ne prouve pas que celui-ci infecte bel et bien des personnes par ce biais.

Lire notre article à ce sujet: Sur quelles surfaces le coronavirus persiste-t-il le plus longtemps?


■ Fâcher Washington n’est pas le problème de la BNS

Au tour de la Banque nationale. Alors que presque toutes les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire, l’institution suisse est attendue ce jeudi. Elle présentera notamment ses nouvelles prévisions pour l’économie suisse mais elle ne fera en revanche probablement rien d’autre que ce qu’elle fait déjà depuis des mois, même des années: intervenir pour contenir l’envolée du franc.

C’est l’une des banques centrales qui s’est le moins exprimée jusqu’ici. Mais les signaux montrent qu’elle est néanmoins active sur les marchés des changes. Car le franc n’a cessé de se renforcer à mesure que les inquiétudes sur la propagation du coronavirus augmentaient. Encore au-dessus de 1,08 pour 1 euro début janvier, il s’est rapproché de 1,05 ces derniers jours, son niveau le plus élevé depuis les mois qui ont suivi la fin du taux plancher en 2015.

Lire l’article complet: Fâcher Washington, le «cadet des soucis» de la BNS


■ Chute du marché automobile européen

Le marché automobile européen a chuté de 7,4% en février, pénalisé par des changements de réglementation, et les constructeurs français ont plus souffert que leurs concurrents étrangers avant même l’impact du coronavirus qui s’annonce violent à partir de mars, selon des chiffres publiés mercredi.

Comme en janvier, le groupe Renault (avec Alpine, Dacia, Lada) a fait près de deux fois moins bien que la moyenne, avec des livraisons en recul de 14,3%. Son rival français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall), en baisse de 8,9%, s’en est un peu moins mal sorti, d’après les données publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA).


■ Un virus «sous-estimé» par les responsables politiques

La présidente de la Commission européenne a admis que les responsables politiques avaient tous «sous-estimé» l’ampleur du danger représenté par l’épidémie dans une interview publiée mercredi par le quotidien allemand Bild.

«Je pense que nous tous, qui ne sommes pas experts, avons sous-estimé au départ le coronavirus», a déclaré Ursula von der Leyen au journal. «Mais entre-temps il est devenu clair qu’il s’agit d’un virus qui va nous occuper encore longtemps», a ajouté la présidente de l’exécutif européen.

«Nous avons compris que toutes ces mesures, qui il y a encore deux ou trois semaines paraissaient drastiques et draconiennes, devaient être prises à présent», a estimé Ursula von der Leyen, en rappelant que l’Europe était «en ce moment l’épicentre de la crise».

Elle a néanmoins réfuté le terme de «guerre» contre le virus employé cette semaine par Emmanuel Macron. «Personnellement, je n’utiliserais pas le terme de guerre mais je comprends la motivation du président français car le coronavirus est un adversaire inquiétant», a dit la présidente de la Commission.


■ Les livreurs de nourriture en première ligne

A New-York, ils sont devenus les piliers de ce qui reste de la vie sociale new-yorkaise: jamais les habitants de «la ville qui ne dort jamais» n’avaient autant dépendu de leurs quelque 40 000 livreurs de nourriture à domicile, souvent sans papiers ni couverture santé.

C’est la petite consolation des 8,5 millions de New-Yorkais qui, peu habitués à faire la cuisine, peuvent encore se faire livrer à domicile ou acheter des plats à emporter, malgré la fermeture des restaurants, cafés et bars, qui s’est ajoutée mardi à celle des lieux culturels et touristiques.

En France, le gouvernement a édicté lundi des règles pour la livraison de repas à domicile plus contraignantes pour les livreurs et les restaurateurs que pour les plateformes. Désinfecter les cuisines, aménager une zone de récupération des plats éloignée, les déposer à deux mètres du client: Ce «Guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile» à destination de plateformes telles que Deliveroo ou Uber Eats, de leurs travailleurs et des restaurateurs, avait été promis la veille par le ministre de l’Economie français Bruno Le Maire.

Car si tous les restaurants du pays ont fermé leurs portes samedi à minuit, jusqu’au 15 avril, la vente à emporter et la livraison sont maintenues, mais cette dernière doit se faire «sans contact» pour protéger préparateurs des repas, livreurs et clients, selon le gouvernement français.


■ De l’anti-paludique Plaquenil pour traiter 300 000 malades

Le laboratoire français Sanofi s’est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de l’anti-paludique Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300 000 malades, après des essais jugés «prometteurs» auprès de patients.

Au regard d’une étude aux résultats encourageants menée sur cette molécule, «Sanofi s’engage à mettre son traitement à la disposition de la France et à offrir plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300 000 patients», a indiqué à l’AFP mardi un porte-parole du laboratoire, tout en précisant que le groupe se tient prêt à travailler avec les autorités de santé françaises «pour confirmer ces résultats».


■ Inquiétude chez les salariés qui vont physiquement travailler

Entre les transporteurs routiers qui se demandent où ils pourront manger sur leur trajet, les caissiers des supermarchés inquiets des distances avec leurs clients ou les employés de banque qui veulent des masques FFP2, c’est l’inquiétude tous azimuts dans les secteurs encore en activité, en pleine crise du coronavirus.

Dimanche, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a promis «un guide de bonnes pratiques» pour certains secteurs et a déjà évoqué l’installation «de vitres en plexi», la mise à disposition de «gel hydroalcoolique», voire le recrutement de «vigiles» à l’entrée des magasins.

Commerces alimentaires, bureaux de tabac, animaleries, stations-service, parapharmacies… Une série de commerces et d’activités restent ouverts. Outre les mesures de distance de sécurité avec les clients, la CGT commerce et services veut que les salariés disposent de «gants et masques de protection» mais aussi qu’ils puissent faire des «pauses régulières afin de se laver les mains». Dans les transports, la direction de la SNCF et les syndicats passent en revue tous les métiers pour affiner les mesures à prendre: espace dans les guichets, suppression des «accueils embarquement» pour fluidifier la circulation sur les quais, par exemple.