Freddy Guevara, une des figures de l'opposition et proche du leader de celle-ci Juan Guaido, a été arrêté lundi à Caracas par les services vénézuéliens de renseignement, ont annoncé l'opposition et le procureur général.

«Freddy Guevara a été arrêté par le SEBIN (Renseignement) en raison de ses liens avec des groupes extrémistes et paramilitaires associés au gouvernement colombien», a écrit sur Twitter le Procureur général de la République, Tarek William Saab. «Ce citoyen qui a déjà participé à des actions violentes par le passé, sera inculpé de terrorisme, attentat contre l'ordre constitutionnel, trahison.»

L'opposition avait dénoncé l'arrestation de Freddy Guevara quelques heures auparavant. «Des groupes armés, - je ne peux les qualifier de (groupes issus de) l'Etat - sans identification et armés ont intercepté notre véhicule, quelques minutes après avoir fait de même avec Freddy Guevara, qui est porté disparu», avait affirmé Juan Guaido, qui dénonce aussi un «harcèlement» à son encontre.

Député de l'ancienne Assemblée nationale toujours reconnue par une partie de la communauté internationale, Freddy Guevara avait lancé en direct depuis sa voiture sur les réseaux sociaux: «En avant! Force et santé à ma famille. Désolé pour la souffrance qu'ils vont endurer. J'espère que ce sera court.»

Accusé d'incitation à la violence lors de grandes manifestations

Les autorités ont accusé l'opposition et notamment Freddy Guevara ainsi que la Colombie et les Etats-Unis d'être impliqués dans les affrontements entre policiers et gangs criminels, qui ont fait 26 morts la semaine dernière.

Ancien leader étudiant, Freddy Guevara, 35 ans, avait déjà été accusé par le pouvoir d'incitation à la violence lors de grandes manifestations de l'opposition en 2017. Quelque 125 personnes avaient perdu la vie entre avril et juin 2017. Il s'était enfui au Chili avant d'être gracié par le président vénézuélien Nicolas Maduro.

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Cette arrestation survient alors que pouvoir et opposition cherchent à reprendre les négociations avant les élections régionales de novembre. Guevara faisait notamment partie des opposants qui ont rencontré la semaine dernière une mission exploratoire de l'Union européenne sur ce scrutin.

Une annonce condamnée par Washington et Bogota

Le pays est dans une impasse politique, avec un président Nicolas Maduro, non reconnu par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis qui cherchent à l'évincer du pouvoir, et un leader de l'opposition Juan Guaido, considéré comme président intérimaire par les Etats-Unis, mais qui n'a aucun pouvoir.

Washington et Bogota ont condamné les derniers développements: «Nous condamnons fermement l'arrestation (...) Nous demandons à la communauté internationale de s'unir avec nous pour condamner ces actes et exiger la libération de tous les détenus politiques», a notamment écrit sur Twitter Julie Chung, secrétaire d'Etat adjointe des Etats-Unis pour les Amériques.

Malgré 2200 kilomètres de frontière commune, le Venezuela et la Colombie n'ont plus de relations diplomatiques depuis que Bogota a reconnu l'opposant Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela en 2019. Les relations entre les deux voisins, opposés idéologiquement, sont très tendues.

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