Conseil des droits de l’homme

Le Venezuela condamné pour ses graves violations des droits humains

Pour la première fois de son histoire, le Conseil des droits de l’homme (CDH) a adopté jeudi une résolution exhortant Caracas à coopérer avec le Haut-Commissariat de l’ONU et le CDH

Human Rights Watch, l’organisation de défense des droits de l’homme, est catégorique: «La résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme (CDH) est un tournant pour le peuple vénézuélien.» Alors que jusqu’ici le CDH n’avait jamais réussi à faire passer la moindre résolution sur la grave crise qui secoue le Venezuela, jeudi, 23 membres du CDH, dont la Suisse et l’Union européenne, ont approuvé une résolution qui exprime la profonde préoccupation du Conseil au sujet des graves violations des droits de l’homme commises au Venezuela et qui «demande à Cararas d’accepter l’aide humanitaire afin de remédier à la pénurie d’aliments, de médicaments et de fournitures médicales».

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La résolution refusée par sept Etats membres et ayant fait l’objet de 17 abstentions somme aussi le gouvernement du président Nicolas Maduro de coopérer avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme à Genève. Une chose que Caracas a jusqu’ici catégoriquement refusée.

Torture

La condamnation par le CDH du Venezuela ne manque pas de piquant. Parmi les arguments utilisés pour justifier le retrait des Etats-Unis du CDH, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU à New York, Nikki Haley, déclarait en juin dernier: «Quand le soi-disant Conseil des droits de l’homme est incapable d’aborder les graves violations des droits de l’homme par le Venezuela (et l’Iran) et qu’il accueille comme nouveau membre la République démocratique du Congo, le Conseil ne mérite plus de porter son nom.»

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Jeudi, sous l’impulsion du groupe dit de Lima et de plusieurs pays d’Amérique latine, le Conseil a démenti l’Américaine. Il a répondu au message du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme qui, dans un rapport publié récemment, dénonce les arrestations et détentions arbitraires perpétrées de façon croissante par les forces de sécurité et les renseignements vénézuéliens pour réprimer et intimider la société civile et les opposants politiques ainsi que toute critique du gouvernement. Depuis 2014, plus de 12 000 personnes ont été détenues arbitrairement, dont 35 enfants. L’ONU dénonce des pratiques de torture, chocs électriques, coups de bâton, asphyxie et viols.

Le représentant du Venezuela remonté

La représentante du Mexique au CDH a rappelé que la grave crise politique et humanitaire au Venezuela a créé une vague migratoire sans précédent, notamment vers la Colombie. Face aux rumeurs ayant circulé au sujet d’une possible tentative de coup d’Etat qu’auraient envisagé les Etats-Unis avec des responsables militaires vénézuéliens, la diplomate mexicaine a toutefois mis en garde contre toute intervention militaire pour résoudre la crise.

Le représentant du Venezuela, remonté, a relevé que son pays n’avait jamais subi une initiative aussi hostile, «une interférence dans les affaires intérieures» du pays. A ses yeux, la résolution a été inspirée par des pays comme les Etats-Unis et Israël. «Ils veulent renverser Nicolas Maduro», a-t-il ajouté. Caracas a eu le soutien prévisible de Cuba, mais aussi de la Chine qui refuse toute résolution pays au CDH, précisant qu’elle a pour principe la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.

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