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Le haut-commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad al-Hussein arrive pour une conférence de presse à propos du Venezuela à l’Office des Nations unies à Genève, ce 30 août 2017.
© Denis Balibouse/Reuters

Nations unies

Au Venezuela, l’opposition emprisonnée est torturée par le régime de Maduro

L’ONU a publié mercredi un rapport accablant sur la répression perpétrée par le gouvernement du président Nicolas Maduro. Le peu de démocratie qui reste est en train d’être écrasé, dénonce le haut-commissaire aux droits de l’homme

Des pratiques dignes de régimes autoritaires. Mercredi, l’ONU a publié un rapport très critique du régime du président du Venezuela, Nicolas Maduro. Le document met en lumière les graves violations des droits de l’homme commises en premier lieu par l’Etat vénézuélien depuis le début des manifestations contre le pouvoir de Caracas en avril dernier jusqu’à la fin juillet 2017.

Retrouvez ici notre éditorial: Venezuela: l’insupportable déni de réalité de la gauche radicale

Le haut-commissaire aux droits de l’homme Zeid Ra’ad al-Hussein ne s’est pas voilé la face: les actions du gouvernement «donnent l’impression que ce qu’il reste de la vie démocratique au Venezuela est en train d’être écrasé».

Dans un pays où l’état d’urgence est toujours en vigueur depuis le 13 mai 2016, le pouvoir vénézuélien a sévèrement réprimé les manifestations qui ont éclaté peu après une décision de la Cour suprême autorisant cette dernière à se saisir des pouvoirs législatifs de l’Assemblée nationale et de limiter l’immunité parlementaire des élus. La répression a fait au moins 130 morts depuis avril dont six en août.

5341 citoyens détenus de façon arbitraire

Dans le cadre des manifestations, les forces de sécurité ont mené des raids violents dans des complexes d’habitations pour aller débusquer des protestataires. Ces raids, organisés par différents services étatiques, ont été menés avec un «recours excessif à la force» et ont engendré des «destructions intentionnelles de propriétés».

Des véhicules blindés ont été utilisés pour forcer le passage et les habitations ont été fouillées sans mandat d’arrêt. Des colectivos (groupes de civils armés), travaillant pour le gouvernement, ont également participé à ces opérations qui avaient notamment pour but d’instiller la peur au sein de la communauté et «d’intimider».

Depuis avril, plus de 5341 citoyens ont été détenus de façon arbitraire, dont plusieurs enfants. Certains ont été soumis à des mauvais traitements et à de la torture: coups de bâtons, de barres de métal, de battes de baseball, y compris sur les parties génitales, chocs électriques, positions de stress, suffocation, menaces de violence sexuelle et de mort.

Lire aussi: «Ils ont menacé de nous brûler vifs»

Ces méthodes avaient pour but, selon le rapport, de «punir, humilier et terroriser les détenus ainsi qu’extraire des aveux et des informations sur d’éventuelles activités contre le gouvernement». Des constats médicaux confirment les témoignages de torture.

Des détenus ont été pendus à des tuyaux, menottés, ne touchant le sol qu’avec la pointe des pieds. D’autres ont subi des brûlures à la cigarette. D’autres encore étaient contraints de rester agenouillés pendant de longues périodes et d’écouter des chants et slogans progouvernementaux.

Les forces de sécurité vénézuéliennes ont également recouru à des gaz lacrymogènes et d’autres produits chimiques (contenus dans des cebollitas, des récipients de papier) en les répandant dans des cellules, voire en les appliquant directement sur des détenus afin de provoquer une suffocation.

Tribunaux militaires pour juger des civils

L’ONU critique aussi sévèrement le recours à des tribunaux militaires pour traiter de cas de civils. De telles cours de justice militaire «ne devraient, en principe, pas être compétentes pour juger des civils», explique le rapport qui doute de l’indépendance des juges et procureurs militaires étant donné qu’ils sont incorporés dans les forces armées. Des civils sont ainsi accusés, en vertu du code militaire, de trahison ou de rébellion militaire.

Les journalistes ont été une cible privilégiée du pouvoir de Nicolas Maduro. Taxés d’«ennemis» voire de «terroristes», ils sont devenus une cible privilégiée en raison des incitations à la violence commises par le pouvoir. Le régime du président vénézuélien a sommé la fermeture de 24 chaînes de radio. Les citoyens ont un accès limité à l’information, en particulier tous ceux qui n’ont pas d’Internet.

Sont également épinglés par l’ONU les colectivos armés dont la mission première devrait être de soutenir les communautés locales et de mettre en œuvre les programmes gouvernementaux. En l’occurrence, ces colectivos ont également procédé à des menaces et intimidations envers des citoyens. On leur attribue la mort d’au moins 27 manifestants.

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Chercheuse sur les Amériques auprès de Human Rights Watch, Tamara Taraciuk Broner le souligne: «Au Venezuela aujourd’hui, il ne reste plus d’institutions indépendantes capables de faire contrepoids à l’exécutif.»

Face à une crise dont on ne voit pas le bout, Zeid Ra’ad al-Hussein exhorte le Conseil des droits de l’homme à Genève à mettre en place un mécanisme de surveillance voire à créer une commission d’enquête. Pour stopper «l’érosion de la vie démocratique».

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