La cloche retentit dans une petite école de Propatria, un quartier très populaire de l’ouest de Caracas. Derrière la grille usée, en bas d’un escalier tortueux, de nombreuses personnes attendent, la plupart sont plutôt âgées. Emilio Vargas vient chercher sa petite-fille. «Sa mère est au Pérou depuis deux ans», explique-t-il simplement.

Infirmière de formation, la fille d’Emilio ne vivait que de petits boulots payés au salaire minimum, l’équivalent d’une dizaine de dollars mensuels. Incapable de nourrir sa famille, elle a décidé de fuir ce pays où l’inflation devrait atteindre 200 000% en 2019 selon les estimations du Fonds monétaire international.