Le pouvoir du président Nicolas Maduro, dont la réélection à la présidence du Venezuela en 2018 n'est pas reconnue par une partie de la communauté internationale, a remporté une victoire écrasante aux élections régionales de dimanche, selon l'annonce officielle du Conseil national électoral (CNE).

Quelque 21 des 30 millions de Vénézuéliens étaient appelés aux urnes pour élire 23 gouverneurs ainsi que les maires et conseillers de 335 communes de ce pays.

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Le pouvoir a remporté 20 des 23 postes de gouverneur et la mairie de Caracas face à une opposition divisée qui participait pour la première fois à un scrutin depuis 2017 après avoir boycotté la présidentielle et les législatives. L'Union européenne avait déployé une mission électorale, la première depuis 15 ans dans ce pays pétrolier de 30 millions d'habitants touché par une grave crise économique.

Une personne tuée par balle

«Nous allons avoir une très bonne participation», a affirmé à la mi-journée le président du CNE Pedro Calzadilla, sans toutefois donner de chiffres. Il a précisé que «tout fonctionne comme prévu» malgré des «petits incidents» (retard à l'ouverture notamment).

Tout se passe avec «tranquillité» a confirmé la chef de la mission électorale européenne l'euro-députée portugaise Isabel Santos, qui présentera un rapport préliminaire sur le scrutin mardi. Une personne a été tuée par balle près d'un centre de vote à San Francisco (Zulia, ouest). Le ministre de l'Intérieur a promis une enquête, assurant que ce n'était pas en relation avec l'élection.

Des négociations entreprises

Faisant face à des sanctions économiques, notamment de la part des Etats-Unis qui veulent évincer Nicolas Maduro du pouvoir, Caracas cherche à desserrer l'étau et à «faire lever au moins partiellement les sanctions, notamment celles sur le pétrole», estime Oswaldo Ramirez, consultant.

Le pouvoir a fait des concessions. Il a ouvert des négociations avec l'opposition et invité des missions d'observation de l'UE, de l'ONU ou de la fondation Carter.

L'opposition qui a boycotté la présidentielle de 2018 et les législatives de 2020 présenté des candidats mais malgré les discours vantant l'union, les différentes tendances n'ont pas réussi à fusionner leurs listes. Juan Guaido, sans pouvoir mais reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, estime qu'il faut «unifier la lutte». Il a indiqué qu'il n'irait pas voter. «Voter ou non (...) il n'y a pas de dilemme, il y a une certitude Maduro est et continuera à être illégitime.»