nations unies

Le Venezuela prend le rôle du gêneur au Conseil des droits de l’homme

En l’absence des poids lourds de la contestation, les Etats ont multiplié les résolutions au Palais des Nations de Genève

Jamais une session du Conseil des droits de l’homme n’a adopté autant de sanctions et de résolutions contre des gouvernements: Sri Lanka, Mali, Syrie, Corée du Nord, Iran, Birmanie, Haïti. Alors que le nouvel organe remplaçait en 2006 la Commission, les défenseurs des libertés s’inquiétaient que les experts indépendants de l’ONU ne deviennent une espèce en voie de disparition.

A l’issue de cette session, ces craintes semblent infirmées. Raison non négligeable de ce renversement: l’absence – momentanée – des grosses pointures du Sud hostiles à un renforcement des mécanismes de l’ONU, tels Cuba, la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Algérie. Conformément aux règles établies, après deux mandats continus (de trois ans chacun), un Etat doit se retirer du Conseil pour au moins une année avant de poser à nouveau sa candidature. Eclipsés, ces pays continuent néanmoins de s’activer en coulisses. Un de leurs principaux relais, le Venezuela, nouveau membre du Conseil, endosse ainsi le rôle du grand méchant.

Rapporteur pour le Mali

Dans le même temps, les pays africains réfractaires aux thèses ­islamistes réactionnaires, dont le Bénin, le Gabon, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Botswana et le Kenya, sont devenus majoritaires au sein de leur groupe. Car la plupart des Etats membres de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), qui pesaient de tout leur poids sur le Conseil, doivent passer leur tour cette année. Cette nouvelle configuration a facilité le consensus pour la nomination d’un rapporteur spécial pour le Mali.

Dans le cas du Sri Lanka, une résolution a été adoptée par 25 voix contre 13 et 8 abstentions. Elle réitère la demande au gouvernement de faire toute la lumière sur les responsables des crimes massifs perpétrés contre les civils au printemps 2009, lors de l’offensive finale de Colombo contre les rebelles tamouls. En tête des oppositions, le Pakistan et le Venezuela.

Le Venezuela est également le seul membre du Conseil à avoir refusé le renouvellement du mandat de la commission d’enquête en Syrie dont le but est d’identifier les responsabilités des atrocités perpétrées dans le pays. Sans succès. Des rapports devront être présentés, dont le prochain en juin 2013. De son côté, la Suisse a réussi à glisser dans la résolution une référence implicite à la Cour pénale internationale.

Caracas s’est aussi dissocié de la décision, adoptée pourtant à l’unanimité par les autres Etats membres, de mettre sur pied une commission d’enquête sur les crimes contre l’humanité commis en Corée du Nord.

Et quand le Conseil a prolongé le mandat de l’expert indépendant sur l’Iran, où les abus montent en flèche à l’approche des élections prévues pour juin 2013, les seules oppositions sont venues du Pakistan et, encore lui, du Venezuela.

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