Le chef de l’Etat vénézuélien, en butte à des manifestations quasi quotidiennes depuis début avril, a indiqué qui le salaire minimum se monterait désormais à 97,351 bolivars 37 dollars au taux officiel, soit environ 35 francs. Nicolás Maduro a également annoncé l’augmentation du bon alimentaire qui accompagne le salaire minimum, pour le porter à 153 000 bolivars (environ 56 francs).

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Le salaire minimum avait déjà été augmenté de 50% le 8 février et de 60% le 30 avril. Ces hausses ne permettent cependant pas de compenser l’inflation, qui devrait être de 720% cette année selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI).

Pour Asdrubal Oliveros, économiste, cette nouvelle augmentation du salaire minimum pourrait même alimenter encore l’inflation, réduire le pouvoir d’achat effectif des Vénézuéliens et faire augmenter encore le chômage, alors que la colère gronde dans les rues.

Manifestations et interpellations

Trente-et-un étudiants arrêtés jeudi lors d’une manifestation contre le président ont par ailleurs été libérés dimanche, a annoncé le directeur de l’ONG Foro Pénal, Alfredo Romero.

«Liberté totale pour les étudiants. Le juge a frappé d’une nullité totale leur arrestation», a indiqué Me Romero sur Twitter, depuis le palais de justice à Caracas.

Ces étudiants avaient été arrêtés jeudi dans une banque où ils s’étaient réfugiés après que leur manifestation avait été dispersée par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogènes et de chevrotines.

Depuis le début des manifestations contre le régime du président Maduro, début avril, 89 personnes ont été tuées et plus de mille ont été blessées, selon le Parquet, et plus de 3500 ont été interpellées selon Foro Penal.

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Dans une déclaration à la fin de la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre à Rome, le pape a appelé dimanche à mettre un terme aux violences au Venezuela et dit penser aux familles des victimes de la vague de protestation qui touche le pays depuis trois mois.

«J’appelle à la fin de la violence et à une solution pacifique et démocratique de la crise», a déclaré le pape: «J’assure de mes prières ce pays bien-aimé et j’exprime ma proximité aux familles qui ont perdu leurs enfants dans les rues.»