Samedi matin, en plein cœur d’Alger, les 300 personnes munies de drapeaux algériens mais aussi tunisiens qui s’étaient retrouvées pour manifester «pour la démocratie», à l’initiative du Rassemblement pour la culture et la démocratie, un parti d’opposition, ont été bloquées par des centaines de représentants de l’ordre casqués, équipés de matraques, de boucliers et de gaz lacrymogène. La confrontation aurait fait 19 blessés selon la police, 42 selon le RCD, dont deux grièvement. Le Ministère de l’intérieur a annoncé neuf interpellations «pour voie de fait et pour port d’armes prohibées». Par ailleurs, on a appris dimanche qu’un Algérien de 35 ans qui s’était immolé par le feu le 18 janvier en plein centre-ville de Dellys, dans l’est de l’Algérie, était décédé samedi soir des suites de ses brûlures.

Abdallah II consulte

En Jordanie, le roi s’efforce d’apaiser la rue après deux semaines de grogne populaire contre l’inflation et le chômage. Abdallah II a entamé dimanche une série de consultations avec d’anciens dirigeants, des militants, des syndicalistes et des islamistes, «pour écouter les doléances des Jordaniens et se mettre au diapason de la rue», selon un membre de son entourage. L’opposition, notamment le puissant Front de l’action islamique (FAI), a pris le relais de la contestation, organisant des manifestations et des sit-in pour réclamer notamment la démission du gouvernement ainsi qu’un «amendement à la Constitution» pour limiter les pouvoirs du roi, qui a la prérogative exclusive de nommer le premier ministre de son choix. Une nouvelle mobilisation est prévue vendredi.

Colère étudiante à Sanaa

Au Yémen, enfin, des centaines d’étudiants ont manifesté samedi à l’Université de Sanaa, certains appelant au départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, d’autres réclamant au contraire son maintien à la tête de l’Etat. «Non à l’héritage du pouvoir, non à l’extension [du mandat du président], tirez la leçon de la Révolution du jasmin» en Tunisie, disaient des affiches. Au pouvoir depuis 32 ans, le président yéménite a été réélu en septembre 2006 pour un nouveau mandat de sept ans.