Religion

Vents contraires pour les Eglises en Allemagne

A quelques mois d’écart, deux jugements ont désavoué Eglises catholique et protestante pour leur politique de gestion du personnel. Second employeur du pays, les Eglises allemandes conservent en la matière d’importants avantages par rapport au secteur privé

Romuald Adamek est catholique et chef de clinique à l’hôpital St. Vinzenz de Düsseldorf. D’après ce qu’on connaît de sa carrière, ce médecin s’acquitte parfaitement de ses fonctions. Il est pourtant licencié en 2009 par son employeur, pour rupture de son contrat de travail. Son contrat prévoyait un licenciement «en cas de mariage non valable aux yeux de l’Eglise». Romuald Adamek, divorcé, s’était remarié en 2008. Au cours des dix dernières années, le cas de ce chef de clinique aura occupé tous les échelons de la justice allemande. Fin février, le Tribunal fédéral du travail annulait le licenciement, s’alignant sur les recommandations énoncées par la Cour européenne de justice en septembre 2018, au nom de la lutte contre les discriminations.

A l’automne déjà, la justice allemande avait donné raison à Vera Egenberger, une travailleuse sociale dont l’Eglise évangélique n’avait pas retenu la candidature en 2012, au motif qu’elle était athée. La description du poste à durée déterminée qu’elle briguait précisait que les candidats devaient être membres d’une Eglise protestante.