La Transnistrie, région sécessionniste de Moldavie, organise ce dimanche son scrutin présidentiel. Jusqu’à maintenant, les élections n’avaient aucun intérêt dans ce pays qui n’est reconnu que par la Russie. Depuis la guerre qui lui a permis de sortir du giron moldave grâce au soutien des chars russes, il y a vingt ans, la Transnistrie n’a connu qu’un président qui se succédait à lui-même, le dictateur nostalgique de l’URSS, Igor Smirnov.

Smirnov lâché par Moscou

Pour la première fois de son histoire, le pays connaîtra un scrutin disputé, six candidats sont en lice et les jeux ne sont pas faits. De quoi susciter un regain d’intérêt: les calicots ont même apparu sur les murs de la capitale Tiraspol. Le président sortant a perdu le soutien du grand frère russe qui a changé son fusil d’épaule et mise désormais sur Anatol Kaminski, le président du Soviet suprême, le parlement. Moscou fait la pluie et le beau temps en Transnistrie, car ses roubles payent les salaires des fonctionnaires, assurent les pensions des retraités. En échange d’une présence militaire.

Igor Smirnov a fini par agacer Moscou. D’une part, en raison de sa gestion lamentable, le territoire se trouve plus dépendant de Moscou qu’il ne l’était il y a vingt ans. D’autre part, les pratiques mafieuses du président, la mise en coupe réglée de l’économie, ses méthodes autoritaires sont venues à bout de la patience des Russes qui voudraient établir un gouvernement plus fréquentable. En partie pour satisfaire les demandes européennes.

Dimanche, les électeurs pourraient bien renvoyer aux oubliettes le président Smirnov. Restera son clan et la société Sheriff qui contrôle le commerce et la contrebande de l’alcool et des cigarettes.