«Nous savons tous que le dossier n’est pas défendable», a indiqué cette source haut placée dans l’enquête, citée par le tabloïd new-yorkais pas toujours bien informé, qui n’a pas épargné DSK jusqu’ici («The pig») mais qui cette fois commence son article avec cette petite provocation – «Ouvrez le champagne!». Selon cette source, l’abandon des poursuites est «une certitude» et cela aura probablement lieu lors de la prochaine comparution de l’ancien patron du Fonds monétaire international le 18 juillet, voire avant.

«Sa crédibilité est tellement mise à mal maintenant, nous savons que nous ne pouvons pas défendre l’affaire avec elle», a expliqué cette source, en référence à la femme de chambre guinéenne de 32 ans qui a accusé M. Strauss-Kahn d’avoir tenté de la violer le 14 mai dans un hôtel de luxe de New York. «Rien de ce qui sort de sa bouche n’est crédible -- ce qui est dommage car maintenant on ne saura peut-être jamais ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel», a ajouté la même source qui a requis l’anonymat selon le journal.

Le «Wall Street Journal» citait également mardi des sources proches du dossier affirmant que l’accusation serait sur le point d’abandonner les charges pesant contre «DSK», en raison des doutes grandissants sur la crédibilité de la femme de chambre en tant que témoin.

L’affaire a conduit M. Strauss-Kahn, 62 ans, à démissionner du FMI et l’a mis au moins provisoirement hors course pour la présidentielle française de 2012.

Par un rebondissement spectaculaire vendredi, l’ancien ministre français a été libéré sur parole après que le procureur a découvert que son accusatrice de 32 ans avait menti aux enquêteurs dans son récit des faits présumés.

M. Strauss-Kahn plaide depuis le début non coupable des sept chefs d’accusation pesant contre lui, passibles de 15 à 74 ans de prison.

Le rapport médical

Le «New York Times» a de son côté publié un rapport préparé par un conseiller psychologique du centre hospitalier St. Luke’s-Roosevelt, où la femme de chambre a été auscultée quelques heures après les faits présumés.

Celle-ci a raconté être entrée dans la chambre 2806 de l’hôtel Sofitel de New York où Dominique Strauss-Kahn, nu à ce moment-là, aurait fermé la porte à clé avant de la pousser sur le lit et de l’agresser sexuellement. Elle se serait alors libérée mais il l’aurait rattrapée et poussée vers la salle de bain, toujours selon le rapport.

Après être tombée sur le sol, la femme de chambre affirme que DSK l’aurait saisie par les cheveux pour la forcer à lui pratiquer une fellation. Elle aurait ensuite craché sur le sol puis regardé son agresseur présumé se rhabiller et quitter la chambre.

La jeune femme se serait juste après rincé la bouche avec de l’eau, poursuit le rapport. Selon l’avocat de la victime présumée, Kenneth Thompson, celle-ci souffrirait de contusions au vagin.