Les dirigeants européens n’ont pas encore décidé de réunir l’Eurogroupe, a déclaré mercredi un responsable allemand, qui s’est montré très prudent sur la possibilité d’un compromis rapide sur une aide à la Grèce. Il n’y a pas eu de décision de réunir les chefs d’Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro, ni d’invitation, donc pas non plus «de décision sur une participation de la chancelière Angela Merkel à une telle réunion», a déclaré ce responsable qui a requis l’anonymat. «Elle pourrait ne pas participer comme elle pourrait participer», a-t-il ajouté.

Selon une source diplomatique européenne, le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy travaille à l’organisation d’une telle rencontre, pour éviter que les dirigeants des 27 ne se déchirent sur la question de l’aide à la Grèce pendant un sommet européen jeudi et vendredi à Bruxelles.

Mais l’Allemagne ne voit pas «la nécessité de prendre de décision sur quoi que ce soit», et à ce stade «nous ne voyons pas ce que pourrait apporter une telle rencontre», selon ce responsable.

Il a en outre refusé de confirmer le fait que la France et l’Allemagne aient trouvé un compromis sur l’aide à la Grèce. Celui-ci, qui servirait de base à un accord de tous les pays de la zone euro, combinerait un prêt du FMI et des prêts bilatéraux des pays européens, a indiqué un diplomate européen à Bruxelles. «Je ne peux pas confirmer qu’il y ait un accord entre la France et l’Allemagne sur le FMI ou quoi que ce soit d’autre», a dit le responsable allemand, «mais il y a clairement plus de soutien qu’il y a trois semaines pour une participation du FMI».

Toutefois on est encore loin d’un accord, selon Berlin. Il faudrait que celui-ci soit «une déclaration des 16, concertée, et un tel processus n’a pas commencé».

Ce qui n’empêche pas l’Allemagne de spéculer elle-aussi sur la forme que prendrait l’aide à Athènes. Si le volet européen d’une éventuelle aide consistait en prêts bilatéraux, «je pars du principe que tous les Etats membres (de la zone euro) apporteraient une contribution», a-t-il ajouté. Une possible clé de répartition pourrait être la participation au capital de la Banque centrale européenne (BCE), «mais il y en a d’autres», a-t-il dit.

Les dirigeants européens ne parlent toujours pas d’une seule voix à ce sujet.

Bruxelles défend une solution européenne

De son côté la Commission européenne a insisté mercredi sur la nécessité d’avoir un mécanisme d’aide pour la Grèce qui soit clairement «dirigé par l’Europe», même si elle n’écarte pas l’idée d’une intervention du FMI, à qui Berlin semble vouloir au contraire donner un rôle central.

«La position de la Commission est que nous préférons une facilité (de paiement) de la zone euro pour un problème européen», qui doit être «dirigée par l’Europe», a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, lors d’une conférence de presse.

«Ceci étant dit, nous ne voulons pas entrer dans un débat théologique sur le FMI», a-t-il ajouté, en précisant qu’il voyait le Fonds monétaire international «comme un partenaire», avec lequel l’Union européenne «collabore déjà très bien».

«Nous avons un sentiment d’urgence, et nous recherchons une solution qui, comme je l’ai dit, devrait être fondée sur un rôle de moteur clair joué par l’Union européenne», a-t-il insisté.