Le paysage politique allemand n'a pas encaissé de secousses sismiques dimanche. Dans les deux Länder du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat, la réélection du parlement a renforcé les partis dominants. La CDU consolide ses positions à Stuttgart tandis que le SPD accroît sa marge de manœuvre à Mayence. Dernier test avant les élections nationales de 2002, cette double élection a révélé un mouvement de fond: l'affaiblissement des Verts. Les spéculations sont relancées sur leur capacité à rester le partenaire des sociaux-démocrates (SPD) dans la coalition gouvernementale nationale.

A l'heure de mettre sous presse, les résultats partiels donnaient 44,8% des suffrages (+3,5%) à la CDU dans le Bade-Wurtemberg. Un résultat confortable pour le gouverneur Erwin Teufel, candidat à un troisième mandat. La CDU profite de l'effondrement des Républicains (extrême droite – 4,8) qui n'atteignent pas le quorum de 5%. La socialiste Ute Vogt a parfaitement tiré la liste du SPD (33,3%, +8,2 points), même si le rapport de force historiquement à l'avantage des conservateurs n'est pas modifié. Les Verts sont victimes de la polarisation du débat entre Teufel et Vogt; ils perdent 4,2 points et sont désormais à égalité (7,9%) avec les libéraux du FDP, qui restent le partenaire de coalition, sans poids réel, de la CDU.

En Rhénanie-Palatinat, le très populaire ministre-président socialiste Kurt Beck obtient son deuxième mandat. Son parti récolte 44,7% des suffrages (+4,9). Le SPD gouvernera le Land avec les libéraux du FDP (7,8%, -1,1) comme ces cinq dernières années. La CDU perd 3,4 points (35,3%). Les Verts pourraient ne pas atteindre le quorum (5,2%, –1,7).

La responsabilité du ministre national de l'Environnement, le Vert Jürgen Trittin, dans la débâcle des écolos est sur la table. En traitant un dirigeant de la CDU de skinhead, il a offert sur un plateau de la munition contre son parti. L'opposition a pu réclamer sa démission par voie de pétition.