Les luttes continuent à la tête du régime chinois, après la chute de l’ancien dirigeant de la ville de Chongqing, Bo Xilai. Seize membres du Parti communiste de la province du Yunnan ont demandé, dans une lettre ouverte aux dirigeants du PCC, le limogeage de Zhou Yongkang, l’un des neuf membres du puissant comité permanent du Bureau politique du Parti communiste.

La lettre ouverte (document en chinois) représente un geste très audacieux en Chine où toute critique du régime est généralement sévèrement sanctionnée.

Cet appel en faveur d’un limogeage de Zhou de son poste à la tête de la Commission de la politique et des lois du PCC, qui a la haute main sur la police et la justice en Chine, intervient alors que, selon des rumeurs insistantes, Zhou aurait déjà été démis de ses fonctions.

Des sources citées par le Financial Times affirment que la supervision de l’appareil de sécurité chinois est à présent entre les mains de l’actuel ministre de la Sécurité publique Meng Jianzhu. Officiellement, Zhou devrait garder sa place au sein du politburo jusqu’au congrès de l’automne prochain, qui verra le renouvellement des élites du pays.

L’appel des 16 vétérans du PCC au limogeage de Zhou est étroitement lié à la disgrâce en mars de Bo Xilai, ancien numéro un du parti à Chongqing aujourd’hui sous enquête, apparemment pour corruption.

Bo Xilai, qui espérait entrer au Comité permanent du Bureau politique à la faveur du Congrès du PCC à l’automne, a été suspendu le mois dernier du Politburo et du Comité central. Son épouse Gu Kalai est suspectée du meurtre d’un Britannique avec lequel elle et Bo avaient des relations d’affaires. Zhou Yongkang, allié de Bo Xilai, aurait été le seul parmi les grands leaders du PCC à soutenir Bo Xilai jusqu’à ce qu’il soit définitivement écarté du parti.

Ce scandale a provoqué le plus fort séisme politique en Chine depuis des décennies. Et la disgrâce de Bo, ancienne étoile montante du PCC, avait été interprétée par les analystes comme l’illustration des luttes féroces au sommet à quelques mois du congrès qui verra arriver, pour dix ans, une nouvelle génération de dirigeants.

Zhou Yongkang a été accusé par des militants des droits de l’homme d’avoir mis ses pouvoirs et ses moyens au service de la répression féroce exercée par le néo-conservateur Bo Xilai contre le crime organisé à Chongqing.

Zhao a ajouté que les 16 signataires avaient reçu beaucoup de soutien après la publication de la lettre en début de semaine sur des sites internet étrangers – mais également des menaces.

Dans un effort apparemment destiné à faire taire les spéculations sur un limogeage de Zhou, la presse officielle avait publié mardi un discours dans lequel il vantait, le 9 mai, les vertus de l’état de droit en Chine.