ONU

Le vice-ministre iranien des affaires étrangères: «Les Américains nous privent des bénéfices de l'accord sur le nucléaire»

Golam Hossein Dehghani a tenu un discours très critique à l'égard de Washington à la Conférence du désarmement à l'ONU à Genève. Interview

Le Temps: Vous vous êtes montré très critique des Etats-Unis par rapport à l’accord sur le programme nucléaire iranien (JCPOA). Que leur reprochez-vous ?

Golam Hossein Dehghani: Le plan d’action conjoint sur le programme nucléaire iranien a été négocié de façon multilatérale. Il a été entériné par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais malheureusement aujourd’hui, depuis qu’il est en vigueur, l’administration américaine recourt à toutes sortes d’arguments rhétoriques pour décourager les Etats membres de l’ONU à coopérer avec nous sur la base de ce qui a été approuvé dans le cadre du plan d’action conjoint, le JCPOA. Les Américains veulent nous priver des bénéfices de l’accord. Cela nous place dans une situation très difficile. Pour nous c’est une évidence. L’accord sur le nucléaire iranien doit être mis en œuvre complètement et par tous les Etats signataires.

La République islamique d’Iran se conforme-t-elle à l’accord de Vienne de juillet 2015 ?

Oui, et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’a déjà confirmé une dixième fois la semaine dernière. Mais cela ne suffit pas à l’administration Trump qui fait obstacle.

Les Etats-Unis sont-ils un interlocuteur fiable ?

D’un point de vue légal, toute administration américaine doit respecter les engagements de l’administration précédente. Sinon, inutile de négocier quoi que ce soit quel que soit le gouvernement. Ce qui est très dommageable dans cette attitude, c’est que des gens peuvent être amenés à penser que l’Iran n’est pas un partenaire fiable dans le cadre de l’accord de Vienne. Ce n’est pas le cas. L’AIEA l’a encore une fois prouvé.

Si Washington décide de se retirer de l’accord en mai prochain, l’Iran continuera-t-il à respecter l’accord avec les Européens, la Russie et la Chine ?

Il faudra voir comment évoluent les choses. A ce stade, je ne peux pas vous donner de réponse. Mais nous avons négocié un accord, nous le mettons en œuvre. Nous ferons tout notre possible pour le maintenir en vie. Mais il faut qu’il nous offre toujours les bénéfices prévus. Sinon, s’il n’apporte rien, il sera difficile de convaincre les Iraniens qu’il faut s’y tenir. Le gros problème avec l’attitude américaine, c’est que les grandes banques ne veulent toujours pas travailler avec nous. Cela handicape fortement notre capacité à commercer avec le reste du monde.


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