Election

La victoire d’Emmanuel Macron vue de Lausanne: «Une chance pour la France et pour l’Europe»

Les «macronistes» de Lausanne s’étaient donné rendez-vous à l’hôtel de la Paix pour la proclamation des résultats du second tour de la présidentielle française. Ambiance triomphale mais prudente

Une trentaine de partisans d’Emmanuel Macron. L’un sirotant son vin. L’autre son Coca-Cola. Tous, traversés d’une excitation contenue, se sont réunis dès 19h, à l’Hotel de la Paix, à Lausanne. Il est 19h45. La conversation va bon train. L’on déballe une pile d’affiches flanquées de la photo du candidat: Macron président, la France doit être une chance pour tous. A quelques minutes des résultats, une seule des photos sera apposée.

Compte à rebours

Trois… deux… un… «Voici le nouveau président de la République, et c’est Emmanuel Macron», déclare David Pujadas, sa voix posée transperçant l’écran. Salve d’applaudissements dans la salle. On s’embrasse. Les clappements perdurent. Hip hip hip hourra! Impossible d’entendre David Pujadas.

«On est très heureux» lance Angela, entre deux gorgées de rouge. «C’est une chance pour la France et pour l’Europe que d’avoir Macron.» «C’est magnifique, c’est extraordinaire» renchérit Gilles, sur sa sixième année en Suisse. Cependant, il tempère: «On était quand même avec une certaine tension toute la semaine.» A deux pas, sa voisine reste lucide. «C’est pas le score de Jacques Chirac, mais pour un président qui a trois ans de politique, c’est inespéré.» Et comment voit-elle l’avenir? «Avec l’Europe», répond-elle, déterminée.

Lire aussi:

«Nos parents ont souffert de l’extrême droite»

Dans cette salle du «Bistro Benjamin», dans l’hôtel, il n’y pas que des Français. Alain vient de Belgique. Pour lui, «le voisinage est extrêmement important». Et son avis, c’est dans l’histoire qu’il le trempe: «Nos parents ont souffert dans leur chair de cette extrême droite violente il n’y a pas très longtemps. Je ne pourrais pas concevoir que mes voisins élisent un président de la République d’extrême droite. Ça m’était inimaginable.»

Président avec plus de 65% des suffrages, Emmanuel Macron devra ratisser large, gouverner pour le pays, et tendre la main à ceux qui ne l’ont pas choisi. Tout dépend explique Jérôme Berthier, animateur du mouvement En Marche! pour Lausanne. «Notre volonté a toujours été d’accueillir tous ceux qui veulent travailler pour notre pays et qui partagent nos valeurs mais, ce sera sans nous renier.» Chez Marine Le Pen, continue-t-il, il y a «deux types d’électeurs». Ceux qui sont «déçus par la politique et sont dans des situations très précaires». Demain, ils auront des actes et conséquemment, «le Front national baissera dans les voix».

Cependant, dans les rangs «bleu marine», on dénombre aussi «des nationalistes, extrémistes et fascistes». «Et ces gens-là, je ne vois pas comment on peut satisfaire», conclut le responsable de l’innovation et du Big data dans une entreprise informatique suisse.

Dossier
La France en campagne

Publicité