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Le président russe, Vladimir Poutine, avec son homologue autrichien Alexander Van Der Bellen, Vienne, juin 2018.
© Thomas Kronsteiner/Getty Images ©

Est-Ouest

A Vienne, Poutine fait patte de velours avec les Européens

L’Autriche et l’Italie se disent prêtes à assouplir les sanctions de l’Union européenne contre Moscou

Pour sa première visite à l’étranger depuis sa réélection à la présidence russe en mars, Vladimir Poutine a choisi l’Union européenne (UE). Une manière pour lui d’insister sur les convergences possibles entre son pays et les Vingt-Huit, face au vide laissé par les décisions radicales de Donald Trump, sur la taxation des exportations européennes ou le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien.

Mardi 5 juin, à Vienne, au côté du président autrichien, Alexander Van der Bellen, considéré comme peu favorable à Moscou, Vladimir Poutine a tenu à afficher la bonne tenue des relations entre la Russie et l’Autriche, notamment économiques, et tenté d’en faire un exemple pour l’Europe entière. «Nous sommes ouverts à la coopération et prêts à travailler ensemble, a insisté le président russe. Ce travail redémarre petit à petit, nous poursuivons nos consultations avec les représentants de Bruxelles.»

Ce choix de l’Autriche, «un partenaire traditionnel et fiable» comme l’a vanté le président russe lundi dans un entretien à la télévision autrichienne ORF, ne devait, lui non plus, rien au hasard. Après la crise provoquée par l’annexion de la Crimée, en mars  2014, le pays, qui n’appartient pas à l’OTAN, avait été le premier en Europe à recevoir Vladimir Poutine, devenu un pestiféré sur la scène diplomatique. Vienne a aussi été, en mars, l’une des très rares capitales en Europe à ne pas expulser de diplomates dans la foulée de l’affaire Skripal – l’empoisonnement sur le sol britannique de cet ancien espion et de sa fille.

La coopération au rendez-vous

Surtout, cette visite était placée sous le signe de la coopération énergétique, un sujet par lequel Moscou espère pouvoir sortir de son isolement. Cinquante ans après la conclusion du premier contrat gazier liant l’Union soviétique à un pays européen – l’Autriche –, Vienne reste le principal centre de distribution d’Europe centrale pour le gaz arrivant de Russie. L’accord gazier qui lie les deux pays a été prolongé jusqu’à 2040. Moscou apprécie aussi le travail mené par Vienne en faveur du projet de gazoduc Nord Stream 2, dont la construction prévue dans la Baltique inquiète nombre de pays d’Europe orientale, qui craignent une dépendance accrue à l’égard de Moscou et un abandon de l’Ukraine. «Nous n’avons pas pour but de diviser l’Europe, a cherché à rassurer Vladimir Poutine dans l’entretien qu’il a accordé à l’ORF. Nous avons plutôt intérêt à ce que l’Union européenne soit florissante, puisque c’est notre premier partenaire économique.»

La visite du président russe était aussi la première depuis la mise en place à Vienne du nouveau gouvernement autrichien de coalition entre les conservateurs et l’extrême droite. Le chef du gouvernement, Sebastian Kurz, qui a tenu dans la soirée une conférence de presse commune avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se dit très favorable à un rapprochement avec Moscou, et prêt à évoquer une levée «progressive» des sanctions européennes. Son partenaire de coalition, le FPÖ, qui fut l’un des tout premiers partis d’extrême droite en Europe à effectuer un virage idéologique en faveur de la Russie, milite, quant à lui, pour une annulation pure et simple de ces sanctions. Son chef, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache, l’avait encore réclamé à la veille de l’arrivée de Vladimir Poutine.

Le vent tourne

C’est donc en terrain favorable que le chef du Kremlin a une nouvelle fois plaidé, mardi, contre «toutes les restrictions politiquement motivées»: «Elles sont nuisibles à tous, à ceux qui les mettent en place comme à ceux qu’elles visent», a-t-il fait valoir.

Ces questionnements internes à l’Autriche, qui occupera à partir du 1er juillet la présidence tournante de l’UE, trouvent un écho dans d’autres pays européens. Devant le parlement italien, où il présentait la politique générale de son gouvernement, Giuseppe Conte, nouvellement investi président du Conseil, a répété mardi son intention de «promouvoir une révision du système de sanctions» visant Moscou, conformément au programme de ses deux parrains, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles. Lui aussi a assuré que sa volonté n’était en rien de «déstabiliser» ou de «diviser» l’UE…

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