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Autour de l’Arc de triomphe à Paris, dans la nuit du 10 au 11 juillet 2017.
© Thibault Camus

International

Vingt ans après, le retour d’une France en «bleu» et en liesse

Pas question, pour les supporters déchaînés durant la nuit, de revivre l’échec de la finale perdue de l’Euro à Paris voici deux ans. Au pays des Bleus, l’objectif est de gagner une seconde Coupe du monde, après celle de 1998

Il brandit le quotidien sportif L’Equipe au petit matin, sur les Champs-Elysées. Thierry est comptable, tout juste débarqué du train qui l’amène de Bondy, la cité de banlieue où a grandi l’attaquant des Bleus Kylian Mbappé. Et lui aussi a, comme le titre L’Equipe: «La tête dans les étoiles». Toute la nuit, le jeune homme d’origine camerounaise et ses proches, souvent issus de l’immigration, ont fait la fête autour du lieu où, voilà deux ans, tout s’écroula: le Stade de France qui vit, à Saint-Denis, le onze tricolore échouer en finale de l’Eurofoot face au Portugal (0-1) lors des prolongations.

Lire aussi: La France en finale, une deuxième étoile à l’horizon

Pas question, pour le jeune homme, de revivre ces moments douloureux: «Notre seule référence, c’est 1998. J’avais 10 ans ce jour-là», se souvient-il, montrant des images d’archives sur son téléphone portable. 12 juillet 1998: la fameuse soirée phénoménale. 3-0 contre le Brésil. L’actuel entraîneur Didier Deschamps en capitaine: «On ne dit plus black-blanc-beur. Ces histoires de mixité sur le terrain, on s’en fout complètement, au sortir de la gare Charles de Gaulle-Etoile. Ils sont les Bleus. Ils sont Français. Ils ont gagné. C’est ça qui compte.»

Hymne à la joie

Les Champs-Elysées sont tout juste revenus à la normale. De part et d’autre de l’avenue, les camions bennes de la ville de Paris s’activent pour ramasser détritus et bouteilles. A l’aube, une patrouille de la Garde républicaine à cheval, venue répéter la cérémonie du 14 Juillet – à laquelle participera le président du Conseil national Dominique de Buman (PDC/FR) –, a dû rebrousser chemin à hauteur des Invalides. Impossible de s’aventurer sur le boulevard encore rempli de fêtards.

C’est bien plus important que l’élection de Macron. Les Bleus, c’est le peuple. C’est nous tous

Isabelle, fan de l’équipe de France

Toute la nuit, klaxons et cris ont résonné autour d’un seul refrain: «On est en finale.» Pas de violences, sauf à Nice, où une trentaine de personnes ont été blessées lors d’un malheureux mouvement de foule. Pas de voitures brûlées et de dégradations. Juste la joie d’avoir prouvé au monde que la France est de retour.

«C’est bien plus important que l’élection de Macron», rigole Isabelle, au volant de son Austin Mini, du côté de la place de la Concorde. «Les Bleus, c’est le peuple. C’est nous tous.» Le président français était dans les travées du stade de Saint-Pétersbourg. Il sera de nouveau au stade Loujniki de Moscou, dimanche à 15 heures. De fait, la France de ce mercredi est «en marche» pour un autre trophée: la Coupe du monde baptisée du nom de Jules Rimet, le Français qui présida le Red Star à l’orée du XXe siècle et fit naître l’idée d’une compétition mondiale.

«Ceux-là forment une équipe»

Sur la radio France Info, un ancien entraîneur de Ngolo Kanté, le milieu de terrain de Chelsea qui a grandi à Suresnes, à l'ouest de Paris, dit tout son plaisir: «Ceux-là forment une équipe. Il n’y a pas de fatalité. Le fiasco de 2010 a définitivement disparu.» L’Eurofoot perdu de 2016 est un nuage. Le cauchemar est celui de Knysna, en Afrique du Sud, lorsque l’équipe de France s’enferra dans une grève aussi stupide que révoltante contre son entraîneur de l’époque, Raymond Domenech. Cette descente aux enfers, lorsque le buteur Nicolas Anelka insulta dans les vestiaires le coach, est passée hier aux oubliettes de l’histoire. Presque personne n’en parle. Idem, bizarrement, pour la finale de 2006, perdue en Allemagne contre l’Italie aux penalties (1-1) après les prolongations. Une nouvelle génération de Bleus est née avec ce Mondial russe.

Oubliés, dans cette liesse, Platini et les siens, héroïques demi-finalistes de 1986 au Mexique. Zappé, même, le grand Zinédine Zidane, en attente du poste de sélectionneur national depuis sa démission récente du Real de Madrid, lorsque Didier Deschamps sera revenu de Moscou. Jusqu’au petit matin, le vieux port de Marseille s’est embrasé. Une marée humaine s’est précipitée sur… le quai des Belges, là où des brassées de touristes bruxellois se sont soudain faits tout petits.

Les nouveaux héros des Français sont ces «23 mômes» retournés, après leur victoire, dans leur camp de base d’Istra, à 60 kilomètres de Moscou. La liesse est tricolore. Les drapeaux sont aux fenêtres. Sur la place Bellecour, à Lyon, un étendard filmé par la télévision flotte sur le balcon d’un appartement. Avec ce slogan griffonné au feutre noir: «Aux armes citoyens…» En contrebas, un bistrot fait donner, entre deux cafés croissants, Y a de la joie, la chanson populaire de Charles Trenet. Oui, la France est «en finale»!

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