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En vingt ans, la faim dans le monde a fait un recul spectaculaire

Alors que la population mondiale a augmenté de 2 milliards d’individus ces vingt dernières années, la malnutrition a reculé. Un succès, même si près de 800 millions d’individus souffrent toujours d’insécurité alimentaire

En vingt ans, la faim dans le monde a reculé de façon spectaculaire

Alimentation 72 pays ont réduit de moitié la sous-alimentation

La Chine et le Brésil se distinguent. Le Proche-Orient recule

Malgré une démographie galopante, l’être humain souffre de moins en moins de la faim. Ces vingt dernières années, alors que la population mondiale gon­flait de 2 milliards d’individus (7,3 milliards), le nombre de personnes sous-alimentées diminuait de plus de 200 millions. Un résultat que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) salue dans un rapport destiné à montrer que les recettes pour lutter contre la faim sont éprouvées même si elles ne sont pas universelles.

«Ce rapport est important car 2015 était la date butoir pour deux engagements majeurs de la communauté internationale», explique Piero Conforti, économiste et statisticien à la FAO. En 1996, le Sommet mondial pour l’alimentation s’engageait à diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim. En 2001, l’ONU fixait les Objectifs du millénaire pour le développement (ODM) dont la première mesure était une diminution de 50% de la pauvreté et de la sous-alimentation. Résultat? 72 des 129 pays en voie de développement y sont parvenus. N’est-ce pas l’histoire du verre à moitié plein? «C’est un succès considérable, insiste Piero Conforti. Cela démontre que l’on peut vaincre la faim.» Il reste toutefois du travail. Pour 795 millions d’êtres humains, la faim constitue toujours un problème quotidien, constate la FAO, dont 780 millions vivent dans les pays en voie de développement.

Deux pays se sont illustrés dans ce combat: la Chine et le Brésil. En Chine, on est passé de 289 millions de personnes sous-alimentées au début des années 1990 à 134 millions. Au Brésil, de 22 millions à moins de 5% de la population. C’est l’éradication la plus spectaculaire. «Le facteur le plus important, note Piero Conforti, c’est la croissance économique. Mais elle ne suffit pas. Il faut également une volonté politique pour agir, de la part des autorités comme de la société civile et du secteur privé. Il n’y a pas de formule secrète.» Parmi les régions à la traîne, il y a l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne. Avec des exceptions, par exemple le Bangladesh ou l’Ethiopie.

On trouve également des régions qui stagnent ou reculent comme au Proche-Orient. Les conflits, la mauvaise gouvernance et les désastres naturels restent les causes premières de la faim.

La FAO évalue également l’impact des politiques de libéralisation du commerce sur la sécurité alimentaire. Avec ses effets positifs et négatifs. «La priorité donnée aux exportations de produits de base peut détourner les terres et autres ressources nécessaires à la production des aliments autochtones traditionnels, souvent supérieurs d’un point de vue nutritionnel», note l’organisation internationale. Mais globalement, l’ouverture au commerce international s’avère un facteur d’amélioration de la sécurité alimentaire. «Le commerce est positif, évidemment, commente Piero Conforti. Mais il faut une politique sociale, inclusive, pour l’accompagner. Il faut examiner ses effets au cas par cas, particulièrement pour les paysans pauvres.»

Dans les régions en voie de développement, les deux indicateurs de la réduction de la faim sont la prévalence de la sous-alimentation et la proportion d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale. Les critères pour évaluer la diminution de la pauvreté sont tout autres. Et si l’on constate de manière générale une courbe parallèle dans l’évolution de ces deux maux, il existe là aussi des exceptions avec des pays qui voient diminuer la pauvreté mais pas l’insécurité alimentaire.

Les résultats de cette étude seront importants pour déterminer les prochains objectifs de développement qui seront discutés lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU en septembre prochain.

Les conflits, la mauvaise gouvernance et les désastres naturels restent les causes premières de la faim

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