Difficile de tenir des sommets européens thématiques! Officiellement, les vingt-sept chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles pour parler énergie et innovation. Impossible, toutefois, de s’en tenir à cet agenda à moyen terme, tant la crise de l’euro et le séisme démocratique dans le monde arabe occupent le terrain et les esprits. C’est donc sur ces deux dossiers «chauds» que le sommet européen de ce vendredi est le plus attendu. Les premières déclarations, dès leur arrivée, du premier ministre britannique et de la chancelière allemande ont d’ailleurs focalisé sur l’Egypte. «Les premiers pas vers la transition sont insuffisants» a jugé David Cameron, tandis qu’Angela Merkel a demandé aux autorités égyptiennes de garantir des «manifestations libres et pacifiques».

Sur l’euro, un accord est attendu dans l’après midi sur le renforcement des moyens du Fonds de secours financier, basé à Luxembourg (EFSF). Le projet de déclaration dont la presse a pu prendre connaissance prévoit que les chefs d’Etat et de gouvernement des 17 pays de l’Union monétaire, finaliseront fin mars une «réponse globale» pour mieux faire face à l’avenir aux crises de la dette qui ont failli emporter l’an dernier la Grèce et l’Irlande.

L’idée d’un sommet exceptionnel de l’Eurozone au début du mois prochain pour boucler le dispositif circule. Les ministres des Finances des 17, qui se retrouveront le 15 février à Bruxelles, devront s’entendre sur des «propositions concrètes sur le renforcement du FESF (ndlr: Fonds européen de stabilisation financière) de manière à garantir la flexibilité nécessaire et la capacité financière pour fournir un soutien approprié» aux Etats qui en auraient besoin. La formule envisagée est que les pays actionnaires de l’EFSF (ceux de l’Eurozone, plus la Suède et la Pologne) augmentent leurs garanties pour que cet instrument puisse réellement, si besoin, emprunter jusqu’à 440 milliards d’euros sur les marchés.

En parallèle, l’Allemagne et la France comptent présenter, lors du déjeuner, un projet de «pacte de compétitivité» destiné à s’assurer de la convergence future des économies de l’Union européenne.

Il prévoit que les capitales suivent des objectifs communs en matière de retraite, avec un recul de l’âge de départ en retraite si nécessaire, de fiscalité (harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les sociétés, voire taux minimal), de politique salariale (avec la suppression de l’indexation sur les prix dans les pays qui la pratiquent) et de dette publique, avec des plafonds contraignants.

La discussion s’annonce toutefois compliquée. Plusieurs pays du Sud, dont le Portugal, sont très réticents à accepter ce qu’ils considèrent comme un carcan, selon des diplomates. Aucune décision concrète n’est toutefois attendue sur ce plan, que le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et celui de la Commission européenne José Manuel Barroso devraient être chargés d’étudier.