La violence contre les anciens combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), contre des responsables dans le domaine social et contre des défenseurs des droits humains représente «la plus grande menace pour la construction de la paix en Colombie» depuis l'accord conclu il y a quatre ans, ont affirmé jeudi les Nations unies (ONU).

«Bien que de multiples mesures aient été prises pour tenter de faire face à cette violence, chaque assassinat est un coup tragique porté à la paix», a déclaré au Conseil de sécurité Carlos Ruiz Massieu, chef de la mission des Nations unies en Colombie, qui supervise la réintégration de quelque 7000 ex-guérilleros à la vie civile.

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Depuis la signature de l'accord de paix en novembre 2016 entre le gouvernement et la guérilla, 252 anciens combattants ont été assassinés, a-t-il rappelé lors d'une visioconférence consacrée à la Colombie.

Des victimes souvent privées de justice

«Les groupes armés illégaux qui persistent dans diverses zones du territoire et d'autres qui ont émergé à la faveur du trafic de drogue et d'autres économies illégales, constituent une menace pour la sécurité», a confirmé la ministre colombienne des Affaires étrangères, Claudia Blum. Selon elle, ce sont «les principaux auteurs des attaques contre d'anciens combattants».

La ministre a assuré que le gouvernement avait renforcé en 2020 la protection des ex-combattants, mais le responsable de l'ONU a indiqué qu'il y avait encore 550 postes vacants de gardes du corps pour les ex-guérilleros. Il a aussi insisté sur la nécessité de traduire en justice les responsables des violences et renforcer les capacités du système judiciaire local.

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Jusqu'au début janvier, le parquet avait obtenu 34 condamnations dans le cadre d'enquêtes, sur 289 attaques contre des rebelles ayant déposé les armes. En 2020, le pays a connu l'une des pires vagues de violences depuis la signature de l'accord de paix, avec 90 événements meurtriers recensés par l'Observatoire indépendant Indepaz.