Des heurts ont éclaté lundi en Haïti entre casques bleus et manifestants en colère contre les soldats de l’ONU et la gestion du choléra par les autorités. L’armée népalaise est accusée par une partie de la population haïtienne d’avoir propagé l’épidémie de choléra dans ce pays.

Deux jeunes haïtiens ont été tués par balles, dont un atteint par un soldat de la mission, et 14 blessés, au Cap-haïtien, deuxième ville du pays, lors de heurts entre des milliers de manifestants et des soldats de l’ONU, ont confirmé des sources policière et judiciaire.

«La façon dont les événements se sont déroulés porte à croire que ces incidents ont une motivation politique, visant à créer un climat d’insécurité à la veille des élections», commente l’ONU dans le communiqué. Des élections présidentielles et législatives sont prévues en Haïti le 28 novembre prochain.

La mission des Nations unies «appelle la population à rester vigilante et à ne pas se laisser manipuler par des ennemis de la stabilité et de la démocratie dans le pays», poursuit le communiqué. Elle réitère son ferme engagement à appuyer la police nationale d’Haïti dans le maintien de l’ordre et de la sécurité du pays afin d’assurer la poursuite du processus électoral et de reconstruction», conclut le communiqué.

La situation était toujours tendue dans la nuit de lundi à mardi à Cap-haïtien. «Des tirs sporadiques ont été entendus dans la ville selon des témoins tandis que des groupes de pillards avaient commencé à saccager un entrepôt de nourriture d’une organisation internationale», a indiqué une source policière.

L’ambassade de France à Port-au-Prince avait lancé lundi des consignes aux ressortissants français résidant au Cap-haïtien leur demandant de prendre des précautions pour éviter les manifestations violentes.

Une dizaine de volontaires français du service civique déployés dans le nord pourraient être reconduits à Port-au-Prince si la situation dégénérait, a indiqué l’ambassadeur de France à Haïti.