Soulever pour de bon le couvercle du silence. Présenté lundi par Edouard Philippe, le plan du gouvernement français pour lutter contre les violences faites aux femmes ambitionne d’abord de changer les mentalités. Ces annonces avaient été précédées, samedi, par une importante marche parisienne #NousToutes, qui a rassemblé 50 000 personnes. «Nous payons le prix de dysfonctionnements dont nous n’avons pas, jusqu’à aujourd’hui, voulu prendre conscience», a d’emblée justifié le premier ministre, en répétant le chiffre qui dit l’ampleur du problème: 220 000 femmes majeures sont chaque année victimes de violences conjugales en France, et 138 femmes ont encore été tuées par leur époux depuis le début de 2019. Ces statistiques, et la mobilisation des organisations et des associations spécialisées, sont à l’origine des négociations conduites depuis septembre par la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, figure de proue de la majorité présidentielle sur les questions de société. Un projet de loi reprenant la plupart de ces mesures sera déposé devant l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines et son examen pourrait commencer fin janvier 2020.

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