Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le Conseil de sécurité a privilégié l'unanimité aux sanctions, lundi. /Kim Haughton /The United Nations via AP
© Kim Haughton

Birmanie

Violences envers les Rohingyas: l'ONU accentue la pression sur la Birmanie

Découragé par la Chine, le Conseil de sécurité a renoncé à une résolution. Mais il a adopté une déclaration conjointe qui condamne la violence ayant poussé les Rohingyas à fuir

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé lundi la Birmanie à mettre un frein à sa campagne militaire dans l’Etat de Rakhine. Il lui demande aussi de permettre aux centaines de milliers de réfugiés musulmans rohingyas exilés au Bangladesh de revenir chez eux. Renonçant à une résolution sous la pression de la Chine, proche soutien de la Birmanie, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration conjointe qui condamne la violence ayant poussé les Rohingyas à fuir en masse la Birmanie depuis fin août. Quelque 900 000 musulmans rohingyas de Birmanie sont entassés aujourd’hui dans des conditions insalubres dans des camps dans le sud du Bangladesh.

Dans leur déclaration, les 15 membres du Conseil de sécurité, dont Pékin, expriment leur «grave préoccupation» devant les violations des droits de l’homme, «incluant celles commises par les forces de sécurité de la Birmanie» et réclament la traduction en justice de leurs auteurs. Ces violations sont notamment des meurtres, des abus sexuels et la mise à feu des maisons et des biens des Rohingyas dans l’ouest birman.

Lire aussi: L’ONU dénonce un «nettoyage ethnique» en Birmanie

Le texte appelle les autorités birmanes «à s’assurer qu’il n’y a plus d’usage excessif de la force dans l’Etat de Rakhine, à restaurer l’administration civile et à appliquer l’Etat de droit». L’ambassadeur birman à l’ONU, Hau Do Suan, a dénoncé devant le Conseil ces nouvelles pressions et estimé qu’elles pourraient «exacerber les tensions religieuses» dans son pays.

Des éléments similaires au projet de résolution présenté en octobre

Le document de l’ONU reprend trois demandes principales de l’ONU formulées depuis plus de deux mois et restées sans grand effet: arrêt des violences, accès sans entraves pour l’aide humanitaire dans l’Etat de Rakhine et retour des réfugiés dans leurs zones d’origine.

La déclaration réclame aussi au secrétaire général des Nations unies un rapport dans un mois, et souligne la nécessité de mettre en œuvre les conclusions d’une mission de l’ex-patron de l’ONU Kofi Annan en faveur d’une meilleure reconnaissance des droits des Rohingyas apatrides.

Lire aussi: Emplâtre humanitaire pour les Rohingyas

Selon des diplomates, la déclaration reprend la plupart des éléments qui étaient contenus dans un projet de résolution présenté le mois dernier par le Royaume-Uni et la France. La Chine aurait menacé d’utiliser son veto si une résolution était soumise au vote mais a accepté, après négociations, d’approuver une déclaration unanime du Conseil de sécurité, selon ces sources.

L’unanimité prime les sanctions

La déclaration du Conseil de sécurité n’évoque pas l’éventualité de sanctions si aucune réponse n’est donnée à ses demandes. Une absence de menaces critiquée par plusieurs ONG. La politique du Conseil de sécurité devrait être «dictée par les besoins des victimes et la réalité du terrain» et non «par des objections chinoises», a souligné Akshaya Kumar de l’ONG Human Rights Watch.

«L’important, c’est le contenu» et l’unanimité du Conseil, a fait valoir le représentant adjoint britannique à l’ONU, Jonathan Allen, en minimisant la décision de faire adopter une déclaration plutôt qu’une résolution. «Nous jugerons la Birmanie sur ses actes, elle a trente jours avant le rapport demandé au secrétaire général», a-t-il précisé.

«Cela fait près de dix ans que le Conseil de sécurité n’avait pas adopté un texte sur la Birmanie», a renchéri l’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre. Le diplomate s’est félicité d’un «message fort et unanime pour mettre un terme au nettoyage ethnique» des Rohingyas et «résoudre l’une des pires crises humanitaires» actuelles. Selon lui, une déclaration à l’unanimité a plus de poids qu’une résolution adoptée avec une abstention chinoise.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a