Le Conseil de surveillance et de coordination conjointe (JCMB), qui regroupe des représentants du gouvernement afghan et de la communauté internationale, a rendu public, dimanche 12 novembre, un rapport sur l'Afghanistan qui dresse un tableau alarmant du pays.

Plus de 1000 civils tués

Le JCMB fait le constat d'une intensification des violences en 2006. Plus de 3700 insurgés et civils ont été tués depuis le début de l'année lors d'attaques ou d'attentats en Afghanistan, soit quatre fois plus qu'en 2005. Les violences liées à l'insurrection sont passées «de moins de 300 par mois à la fin de mars 2006 à plus de 600 à la fin septembre, alors qu'elles étaient d'environ 130 par mois en 2005». Selon des organisations internationales, plus d'un millier de civils ont péri.

«Le manque de progrès dans le domaine sécuritaire pourrait aussi avoir des conséquences sur le plan international», indique le JCMB, qui relève dans le détail les conséquences directes des violences sur la reconstruction du pays. Leur intensification, notamment dans le sud et l'est du pays, a eu un impact sur «le développement économique du pays, beaucoup plus lent et géographiquement limité que nous l'espérions».

«Même si le taux de croissance doit être cette année d'environ 9%, cela n'est pas suffisant pour créer à brève échéance les emplois nécessaires afin de réduire la pauvreté et de surmonter le vaste mécontentement de la population», poursuit le rapport.

Carences de l'Etat

«La réalité est que seuls des progrès limités ont été réalisés pour rendre accessible l'électricité, relancer l'agriculture et l'économie rurale», ajoute-t-il. Environ 10% des Afghans vivant dans les grands centres urbains ont l'électricité, un taux qui tombe à 5% pour les ruraux. Autre signe inquiétant, la production d'opium a augmenté de 59% en 2006, avec 165000 hectares cultivés contre 104000 ha en 2005, dans 28 des 34 provinces afghanes, principalement dans celle d'Helmand, dans le sud du pays.

Le rapport souligne aussi les carences de l'Etat afghan. Il estime que les «progrès limités pour instaurer un système de bonne gouvernance» sont notamment responsables «de la corruption et de l'inefficacité à tous les échelons du secteur public».

Les conclusions du JCMB ont été présentées à une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU. A la tête de la mission de l'ONU arrivée samedi à Kaboul pour évaluer les «besoins» du pays, l'ambassadeur du Japon, Kenzo Oshima, a reconnu que l'Afghanistan faisait face à «des défis alarmants», dont le «plus important» était «celui de l'insurrection des talibans».