Des combats ont eu lieu jeudi dans l’ouest du pays. Ils font suite à des affrontements à l’arme lourde mercredi en fin de journée dans la capitale

Un responsable des Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales à M. Gbagbo, a indiqué à l’AFP que les combats avaient eu lieu à Zouan-Hounien, près de la frontière libérienne, à la suite d’une «attaque» d’un poste FDS par les Forces nouvelles (FN).

Les FDS doivent dans les heures qui viennent recevoir un «important renfort» de Duékoué, au sud-est de cette localité, a-t-il ajouté, sans faire état d’un bilan.

Un responsable des FN dans leur fief de Bouaké (centre) a confirmé des combats dans le secteur, mais en a attribué l’origine à une attaque des FDS. Selon lui, «80 FDS» ont été tués, un chiffre qui ne pouvait être confirmé dans l’immédiat.

Cet accrochage est l’un des plus sérieux entre les deux forces dans la région depuis le début de la crise née de la présidentielle de novembre.

Il survient dans la «zone de confiance» qui sépare les ex-belligérants depuis les affrontements de 2002-2003 ayant suivi le putsch manqué des FN de septembre 2002, désormais alliées à Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale.

Affrontements à l’arme lourde

Ces tensions font suite à des affrontements mercredi en fin de journée à l’arme lourde entre forces fidèles au président sortant Laurent Gbagbo et des combattants non identifiés dans un quartier d’Abidjan favorable à Alassane Ouattara.

Les Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales à M. Gbagbo, mènent une «opération d’envergure» pour «sécuriser» le quartier d’Abobo (nord), a déclaré à l’AFP un haut responsable militaire sous couvert d’anonymat.

Des «échanges à l’arme lourde» se déroulent dans ce quartier où les affrontements, sporadiques depuis janvier, entre les FDS et ces hommes armés ont redoublé ces derniers jours, a-t-il confirmé dans l’après-midi.

Selon plusieurs habitants contactés par l’AFP, les combats dans le secteur nord d’Abobo ont commencé vers 16h00 (locales et GMT), pour s’achever autour de 20h30.

«Ca tire sans arrêt», avait déclaré un habitant, ajoutant que «tout le monde est enfermé chez lui». Un chauffeur de taxi a indiqué que les FDS avaient effectué auparavant des tirs de sommation pour que les habitants rentrent chez eux.

Une dizaine d’éléments du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), une unité d’élite des FDS, avaient été tués mardi soir à Abobo dans des combats après une embuscade tendue par des «assaillants», selon une source sécuritaire.

Des témoins ont fait état d’un bilan encore plus lourd côté FDS, et de plusieurs victimes civiles. Le corps d’un civil tué par balles gisait dans une mare de sang dans la matinée près d’une station-service.

Un haut responsable du Cecos a cependant assuré mercredi que cette unité avait perdu seulement trois hommes, déploré «sept blessés par balles» en son sein et tué «sept assaillants».

Dans la matinée, les FDS étaient déployées à Abobo, barrant l’accès à certaines zones, tandis que de nombreuses rues étaient désertes et des commerces fermés, a constaté l’AFP.

Les habitants fuient

Plusieurs centaines d’habitants, dont beaucoup de femmes et d’enfants, fuyaient le quartier à pied, les transports en commun étant suspendus dans ce quartier nord.

Ces habitants longeaient la grande voie vers le quartier de Yopougon, au sud-ouest, fief de M. Gbagbo. Ils emportaient leurs affaires dans des sacs et des baluchons, et des femmes portaient sur la tête des cuvettes en plastique remplies d’ustensiles de cuisine.

Un pasteur a expliqué que lui et une dizaine de membres de sa famille fuyaient les combats engagés depuis mardi. «Les enfants sont traumatisés, au moindre bruit ils commencent à pleurer. On n’en peut plus», a-t-il confié à l’AFP.

Le secteur baptisé «PK18», au cœur de la zone des affrontements, «est en train de se vider», a-t-il raconté.

Plusieurs personnes du quartier ont indiqué à l’AFP que les Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à M. Gbagbo étaient venues depuis mercredi demander aux habitants de quitter la zone, laissant présager une proche reprise des combats.

Vers un grand carrefour, une école aux murs transpercés de trous énormes témoignait des combats récents, au lance-roquettes notamment.

Dans le même secteur, deux véhicules de la police avaient été incendiés dans la matinée, leur carcasse fumant encore. Une voiture avec deux corps à l’intérieur avait chuté au fond d’un ravin à proximité.