Des dizaines d'opposants au président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, ont été blessés jeudi à Caracas lors de heurts entre manifestants et policiers. Au moins trente personnes ont été interpellées, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un jeune homme de 19 ans a été mortellement blessé après avoir été atteint d'une balle en pleine poitrine. Jairo Ortiz est décédé «des suites d'une blessure par balle au thorax» quand des militaires sont arrivés pour disperser un barrage monté par les manifestants dans la localité de Montaña Alta, dans la banlieue de la capitale vénézuélienne, a confirmé à l'AFP Miguel Mederico, directeur de la communication de la police de l'Etat de Miranda.

En fin de journée, des affrontements de moindre intensité persistaient entre manifestants et policiers dans l'est de la capitale, près de neuf heures après le début de la mobilisation.

A la télévision, Nicolas Maduro a toutefois assuré que «le Venezuela est en paix, en train de produire, de travailler, et de petits foyers violents (...) ont été neutralisés sans avoir atteint leur objectif: remplir Caracas de violence».

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«Nous avons évacué deux personnes avec des blessures à la tête, un avec un bras cassé et une journaliste avec des problèmes pour respirer», a confié le député d'opposition Miguel Pizarro, présent dans la manifestation.

Des chavistes rassemblés pour dénoncer l'ingérence étrangère

Les échauffourées ont débuté quand le cortège d'environ 10 000 personnes, rassemblé sur l'autoroute principale de la ville, a tenté de se diriger vers le centre de Caracas, avant d'être bloqué par une barrière installée par l'armée.

«Nous voulons virer Maduro. Nous sommes lassés de cette dictature. Nous n'avons pas peur», a confié une manifestante de 22 ans.

Dans la capitale, aux abords du Parlement, ce sont les chavistes (du nom de l'ancien président Hugo Chávez, 1999-2013) qui ont manifesté par milliers. Ils ont dénoncé l'ingérence étrangère dans la crise que traverse le Venezuela.

Très impopulaire et soumis à une importante pression internationale, le chef de l'Etat de 54 ans refuse d'organiser des élections anticipées comme l'exige l'opposition et entend rester au pouvoir jusqu'au prochain scrutin, prévu en décembre 2018.

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Le pays sud-américain, qui s'est effondré économiquement avec la chute des cours du pétrole, sa principale richesse, est déchiré par une profonde crise politique depuis la victoire de l'opposition de centre droit aux législatives de fin 2015.