Europe

Violents heurts entre manifestants et police au col du Brenner

Des manifestants italiens hostiles au projet autrichien de fermer ses frontières avec l'Italie se sont violemment accrochés avec la police ce samedi

Des heurts ont opposé samedi après-midi à Brenner, petite localité à la frontière italo-autrichienne, les forces de l’ordre à plusieurs centaines de jeunes manifestants qui protestaient contre l'annonce de Vienne de préparer un dispositif anti-migrants, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants, de jeunes anarchistes, marchaient devant une banderole proclamant «abattons les frontières» et tentaient de rejoindre le territoire autrichien depuis celui de l'Italie, quand ils se sont heurtés à de nombreuses forces de l'ordre, policiers et carabiniers en tenue anti-émeutes.

Les manifestants, qui ont brièvement occupé la petite station ferroviaire dans le bourg de Brenner, sur le col du Brenner, ont lancé des pierres et des fumigènes vers les forces de l'ordre qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes.

La police a libéré la station mais plusieurs dizaines de manifestants se sont alors dirigés vers l'autoroute voisine, fermée à la circulation, où les forces de l'ordre ont alors utilisé des canons à eau.

Selon l'agence AGI,deux policiers ont été blessés, un véhicule de police incendié et plusieurs manifestants ont été arrêtés.

Vienne veut se barricader

L'Autriche a commencé l'installation d'un dispositif anti-migrants à sa frontière avec l'Italie, sur le col du Brenner, estimant que Rome n'en fait pas assez pour contrôler les migrants.

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Le gouvernement italien estime ces mesures inutiles et contraires à l'esprit de Schengen.

Quelque 2.500 camions et 15.000 voitures transitent en moyenne chaque jour par le tunnel du Brenner, axe économique crucial pour l'Italie et ses entreprises exportant vers le nord de l'Europe.

Un blocage par l'Autriche de sa frontière avec l'Italie au col du Brenner pour lutter contre l'afflux de migrants serait une «catastrophe politique» pour l'Europe, a prévenu samedi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

L'Autriche a déjà accueilli 50& de son quota pour 2016

Située au croisement des deux principales routes migratoires en Europe - via les Balkans et via l'Italie - l'Autriche a vu transiter plusieurs centaines de milliers de réfugiés en 2015 et en a accueillis 90.000, soit plus du 1% de sa population.

Pour 2016, Vienne s'est fixé un plafond de 37.500 demandeurs d'asile, et en a déjà enregistré près de la moitié.


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