Les heurts ont éclaté quand environ 900 soldats et policiers ont stoppé la progression d’une manifestation de 2000 «chemises rouges», ces opposants qui exigent la démission du gouvernement. Les opposants avaient quitté le camp dans lequel ils sont retranchés dans le centre de Bangkok pour apporter leur «soutien» aux habitants de la banlieue.

Les forces de l’ordre ont évoqué des tirs de sommation et des médias locaux ont fait état de balles à caoutchouc. Mais le bilan laisse envisager des affrontements plus sérieux. Dix-huit civils ont été hospitalisés dans quatre établissements, selon un responsable du service général des urgences de Bangkok. Au moins trois se trouvaient dans la soirée dans un état grave. L’armée a indiqué qu’un soldat avait été touché à la tête par une balle.

«Nous avions envoyé un signal fort depuis longtemps que nous ne laisserions pas les manifestants sortir (du centre-ville) mais ils nous défient toujours», a indiqué le général Dithapron Sasasamit du Commandement interne des opérations de sécurité (ISOC) pour justifier l’intervention. Jatuporn Prompan, cadre de l’opposition, a pour sa part affirmé que le soldat s’était «fait tirer dessus par son propre camp». Cet incident porte à 27 morts et près de 1000 blessés le bilan des violences politiques dans le royaume depuis le 10 avril.

Les «rouges» exigent la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva et contrôlent une vaste zone du centre-ville. Ils ont érigé autour des barricades pour se prémunir d’un coup de force qu’ils jugent imminent. Environ 200 camions et 500 motos avaient quitté cette base mercredi matin en direction du nord de la capitale où les forces de l’ordre avaient dispersé un barrage sur la route et arrêté onze militants lundi.