En l’espace de quelques mois, sur fond de désorganisation scolaire française due à la pandémie et de ras-le-bol conjoint des enseignants et des parents d’élèves, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, semble pour de bon tombé de son piédestal, à la veille d’une seconde journée de mobilisation générale des enseignants ce jeudi. Avec son profil d’expert jamais élu, ce juriste de formation – ancien recteur d’académie, ancien directeur de l’école de commerce Essec et spécialiste de l’Amérique latine – avait su, depuis le début de la présidence Macron, incarner à la fois les valeurs traditionnelles de l’école républicaine, comme la laïcité, et les réformes, telle la transformation du baccalauréat en examen basé sur un contrôle continu tout au long de l’année. Problème: la polarisation du débat sur l’école, qui lui valait déjà beaucoup d’inimitiés, a accouché d’une bombe politique sous l’effet de la pandémie. Sur fond d’alliance entre les enseignants en colère et les parents d’élèves excédés…