Enfants portant des masques dans les écoles, visiteurs prenant la même précaution dans les aéroports… La psychose du coronavirus MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) a saisi la Corée du Sud. Depuis le mois de mai, l’épidémie a fait sept victimes sur 95 cas confirmés. La Corée du Sud est désormais le second foyer de la maladie après l’Arabie saoudite, où le virus a été identifié pour la première fois en 2012. Le coronavirus MERS est moins contagieux mais plus dangereux que son cousin du SRAS (le syndrome respiratoire aigu – près de 800 morts en 2003). Pour l’instant, il n’existe ni traitement, ni vaccin. Les essais cliniques les plus avancés concernent les chameaux, qui ont transmis le virus aux humains mais qui n’en ressentent pas les effets.

Comment le virus est-il arrivé jusqu’en Corée du Sud?

L’épidémie a commencé lorsqu’un Sud-Coréen contaminé est revenu dans son pays le 4 mai après un séjour au Qatar et à Bahreïn. «On ne sait pas exactement comment il a été infecté, puisqu’il n’a apparemment pas eu de contact avec des chameaux, ni été dans des hôpitaux, les premiers lieux de contamination», explique Peter Embarek, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a envoyé la semaine dernière une équipe en Corée du Sud pour conseiller les autorités. Lorsqu’il est rentré au pays, le Sud-Coréen ne présentait d’abord aucun symptôme. Quand il a commencé à avoir de la fièvre et à tousser, il s’est rendu dans plusieurs cliniques et hôpitaux, avant d’être enfin diagnostiqué et isolé le 20 mai.

L’épidémie est-elle sous contrôle?

L’OMS se veut rassurante. Les cas ont beau augmenter, ils restent limités aux hôpitaux du pays. Près de 30 établissements sont touchés et le gouvernement a finalement rendu leur liste publique. «Ce nombre élevé s’explique par le fait que les Sud-coréens sollicitent souvent plusieurs avis médicaux, avance Peter Embarek. Pour l’instant, il n’y a pas eu de contamination en dehors des hôpitaux et nous n’avons connaissance que d’une seule chaîne de transmission qui remonte au Sud-Coréen revenu du Moyen-Orient». Près de 3000 personnes, qui ont eu des contacts avec les personnes infectées, sont toutefois suivies par les autorités et sont tenues d’annoncer toute dégradation de leur santé.

Quel est le risque de contagion dans d’autres pays?

Frappé par le SRAS en 2003, Hongkong vient de déconseiller tout voyage en Corée du Sud, sauf cas de nécessité. D’autres pays ont émis des mises en garde similaires. L’OMS ne recommande pas de restrictions de voyage ou de commerce mais appelle à davantage de vigilance. «La région du Golfe est prisée par les touristes et l’Arabie Saoudite accueillera en septembre des millions de pèlerins à la Mecque», prévient Peter Embarek. En février dernier, un touriste allemand de retour des Emirats arabes unis avait été diagnostiqué avec le MERS et 200 personnes en contact avec lui avaient dû être suivies. Depuis le début de l’épidémie, 1290 personnes ont été infectées et 444 sont mortes. Pas moins de 25 pays ont enregistré des cas.