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Le ministre des affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu s’exprime lors d’une conférence de presse à Ankara, le 4 mai 2016.
© Burhan Ozbilici

Union européenne

Visas: Ankara salue la «réparation d’une injustice»

La Commission européenne a proposé d’exempter de visas les Turcs voyageant pour de courts séjours dans l’espace Schengen, sous certaines conditions. Vue d’Ankara, cette annonce a un goût de victoire. La presse salue une «étape historique»

Célébrer une nouvelle qu’on aurait jugée impossible il y a quelques mois, tout en la présentant comme parfaitement normale, tel un dû dont l’Europe se serait enfin acquittée: c’est l’exercice de style auquel se sont livrés les responsables turcs, après que la Commission européenne a proposé la levée des visas dans l’espace Schengen.

Lire aussi: Le président Erdogan pousse son premier ministre vers la sortie

«C’est un tournant […] Nos citoyens n’ont jamais été aussi proches d’une Europe sans visas», s’est félicité le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, ajoutant aussitôt: «Nos citoyens le méritent, il s’agit de réparer une injustice.» Interrogé sur les cinq critères qu’Ankara doit encore respecter, selon la Commission, pour rendre la mesure possible, le ministre des Affaires européennes, Volkan Bozkir, a semblé s’étonner: «Nous considérons que nous avons rempli toutes les obligations.»

Pour obtenir ce premier feu vert, les ministres et les députés ont dû travailler jour et nuit, jusqu’au dernier moment. Qu’on en juge plutôt: mardi vers 22 heures, le parlement adoptait une loi créant une commission de contrôle des sanctions infligées aux forces de l’ordre, juste après la publication au Journal officiel d’une décision supprimant les visas en Turquie pour les ressortissants de tous les Etats membres de l’UE, et juste avant que le président Recep Tayyip Erdogan ne promulgue une loi de protection des données personnelles. «Des réformes qui auraient pris deux ou trois ans ont été adoptées en deux ou trois mois», constate Cigdem Nas, spécialiste des relations Turquie-UE.

S’il reste à obtenir l’aval des Etats membres et du Parlement européen, le principal crédit de cette victoire d’étape revient – côté turc – au premier ministre Ahmet Davutoglu. Un chef de gouvernement sur le départ face un président Erdogan omniprésent, qui n’a soutenu que du bout des lèvres l’accord de Bruxelles et qui n’a pas eu un seul mot, depuis mercredi, pour la décision de la Commission concernant les visas.

La nouvelle était pourtant attendue avec impatience. «Dans l’accord UE-Turquie, la levée des visas est le seul élément qui motive le gouvernement, le seul qui ait un impact direct sur l’électorat», souligne l’ancien diplomate Sinan Ülgen. Les 6 milliards d’euros promis d’ici à 2018? Ils seront consacrés aux réfugiés et n’intéressent donc guère les citoyens turcs. L’ouverture d’un nouveau chapitre des négociations d’adhésion? Une satisfaction essentiellement bureaucratique, dans un processus long et incertain.

En revanche, voyager dans l’espace Schengen avec son seul passeport, ne plus subir l’attente, le coût et l’humiliation, parfois, d’un refus de visa, voilà une perspective autrement plus réjouissante. Jeudi, la presse turque saluait quasi unanimement une «étape historique».

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