Durant deux jours, les télévisions indiennes ont alterné des images du nord-est de la capitale ensanglanté par des émeutes, avec celles, 15 kilomètres plus au sud, des tapis rouges déroulés au passage du président américain Donald Trump et de son épouse, Melania. Le contraste simultané entre la magnificence de la visite d’Etat et le chaos des quartiers populaires à majorité musulmane, théâtres des violences, ne pouvait être plus saisissant. Avec un bilan provisoire de 13 morts et 150 blessés, New Delhi n’avait pas connu de tels affrontements depuis plus de trois décennies.

La situation est alarmante

Les heurts ont initialement opposé partisans et adversaires d’une loi sur la citoyenneté, perçue comme discriminatoire envers la minorité musulmane et objet de protestations massives depuis plusieurs mois en Inde. Ces heurts ont ensuite engendré, dans certains quartiers, de violents affrontements entre hindous et musulmans. Mardi soir, au départ du couple présidentiel, la situation restait alarmante. Cette flambée de violences survient alors que les tensions religieuses sont attisées sous le gouvernement nationaliste hindou du premier ministre Narendra Modi. Dans ce contexte extrêmement tendu, ce dernier a été publiquement encensé durant deux jours par le dirigeant américain qui, pour sa part, a reçu un accueil grandiose et triomphal.