Ce déplacement constitue la première visite officielle en Afghanistan d’un membre de l’administration Obama depuis l’annonce par Washington, il y a une semaine, de la rapide augmentation du contingent américain à 100.000 hommes, en vue de combattre une insurrection islamiste en plein essor.

«Nous voulons parler avec le président Karzaï et le ministre afghan de la Défense, Abdul Rahim Wardak de la décision du président, de sa mise en œuvre, et de la manière dont seront utilisés ces renforts en partenariat avec les forces afghanes», a expliqué M. Gates à des journalistes à bord de son avion.

Le chef du Pentagone, qui devait rencontrer mardi matin M. Karzaï, prévoit d’évoquer avec lui la formation de l’armée et de la police afghanes, pierre angulaire de la stratégie du président Obama, qui doit permettre à terme aux troupes étrangères de quitter le pays.

Interviewé dimanche par CNN, le président Karzaï a déclaré que les Afghans voulaient reprendre les responsabilités de la sécurité de leur pays «le plus tôt possible», mais il a indiqué que deux ans seraient nécessaires pour entraîner les forces afghanes.

M. Gates compte aussi assurer le gouvernement afghan de l’engagement à long terme des Etats-Unis dans le pays, alors que l’évocation par le président Obama d’une date de début de retrait des soldats américains, en juillet 2011, a provoqué des réactions inquiètes de Kaboul et d’Islamabad. «Nous comptons être leur partenaire pour longtemps», a-t-il affirmé.

M. Gates a promis d’évoquer «l’importance pour les Américains d’avoir des ministres compétents et honnêtes dans les secteurs-clés de la Défense ou de l’Intérieur» alors que le parlement afghan a annoncé le report à la semaine prochaine de la présentation du nouveau gouvernement.

Lundi, un porte-parole de la présidence avait affirmé qu’une partie des ministres serait présentée ce mardi.

M. Gates s’entretiendra par ailleurs avec des membres de l’état-major à la tête des troupes américaines et de l’Otan sur place, en l’absence toutefois du numéro un des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, qui devait témoigner le même jour devant le Congrès à Washington.

Le secrétaire américain à la Défense parlera notamment avec eux du défi logistique que représente l’arrivée d’importants renforts en Afghanistan, alors qu’il a signé vendredi l’ordre de déploiement d’une première vague de 17.000 soldats américains, attendus sur le terrain «d’ici à mars ou avril».

«Cela va demander beaucoup d’efforts», a-t-il reconnu. Il rencontrera aussi des GI’s. «Nous sommes là pour gagner», veut-il leur dire.

L’arrivée du chef du Pentagone à Kaboul coïncide avec la lancée depuis vendredi d’une importante offensive vendredi par 900 militaires des forces américaines et britanniques de l’Otan et 150 soldats de l’armée afghane dans la province du Helmand, d’où provient l’essentiel de la production afghane d’opium. Les nouveaux renforts américains seront en priorité envoyés vers le Helmand, Kandahar (sud), fief historique des talibans et théâtre des plus violents combats.

L’année 2009 est la plus meurtrière depuis la chute du régime taliban en 2001, aussi bien parmi les civils que les militaires afghans et étrangers.