Les codes de bonne conduite n’engagent que ceux qui y croient. Ce n’est pas le cas de Viviane Reding, ancienne vice-présidente de la Commission et commissaire pendant quinze ans et responsable de l’Education & Médias, puis de la Justice.

Afin d’éviter tout conflit d’intérêt, les codes de bonne conduite qui portent sur les activités professionnelles des commissaires sortants prévoient une transition de 18 mois entre la fin du mandat public et une nouvelle occupation dans le privé. La Luxembourgeoise vient de passer la porte tournante et siégera désormais au conseil d’administration de Nyrstar. Cette multinationale belge, spécialisée dans le zinc et cotée à Euronext Belgium, est active en Europe, au Canada, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Chine et en Australie.

Pendant la période de transition, les commissaires sortants ont droit à entre 40 et 70% de leurs anciens salaires qui tournent, avec les allocations, autour de 25 000 euros par mois.

Viviane Reding n’y voit «pas de problème du tout, sinon je ne l’aurais pas accepté.» Elle a assuré qu’elle ne participerait pas, en tant que députée européenne, aux débats ou votes concernant le secteur minier. En effet, elle a été élue députée européenne aux élections de mai sous la bannière du Parti populaire européen (centre-droit).

A Bruxelles où les relations entre la Commission et les lobbies et autres groupes de pression ne sont pas toujours nettes, l’engagement de Viviane Reding fait jaser.

Les organisations non-gouvernementales Corporate EU Observatory, Friends of the Earth et Lobby Control dénoncent cet opportunisme. D’autant plus que la Commission veut se montrer très stricte à l’encontre des activités des lobbyistes. Jean-Claude Juncker, le président de la nouvelle Commission a imposé que les commissaires et les membres de leur cabinet publient sur leur site Internet toute rencontre avec des lobbyistes.

Mais là, Viviane Reding, ex-commissaire, n’est plus concernée.