C’était le 9 mai 2014 et le traditionnel Jour de la Victoire s’annonçait – déjà – très particulier. Vladimir Poutine était en route pour la Crimée, afin d’y saluer «la fidélité à la vérité historique et à la mémoire de nos ancêtres», rétablies dans une péninsule qui venait d’être arrachée à l’Ukraine et annexée par la Russie. Pas loin, dans le Donbass ukrainien, l’heure était aussi à la célébration: des séparatistes pro-russes, guidés par des vétérans au torse médaillé, avaient pris la rue pour se féliciter du rapprochement avec la mère patrie. Deux jours plus tard, un référendum allait déboucher sur «l’indépendance» autoproclamée des régions séparatistes. La guerre russe contre l’Ukraine n’en était alors qu’à ses débuts.