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Vladimir Poutine en tournée promotionnelle au Moyen-Orient.
© MICHAEL KLIMENTYEV / SPUTNIK / K

Moyen-Orient

Vladimir Poutine, en tournée promotionnelle

Le président russe s'affiche en «leader global» et s'emploie à récolter les fruits de l'intervention russe en Syrie

Même le vol d’approche semblait faire partie du tour promotionnel. Encadrant de près l’avion présidentiel, les avions de chasse russes ouvraient l’espace, au-dessus des territoires lointains du chef du Kremlin: lundi, au Moyen-Orient, du nord syrien à la Turquie en passant par l’Egypte, le président Vladimir Poutine a consacré la journée à récolter les fruits de deux ans d’intervention militaire russe en Syrie.

Abondamment retransmises, traduites et commentées par les médias russes, les images laissaient peu de marge à l’interprétation. La voie dégagée par les jets militaires, première escale surprise en Syrie. Non pas à Damas, dans le palais présidentiel de Bachar el-Assad, mais dans la base militaire de Khmeymim, que Moscou a bâtie en pays alaouite, près de Lattaquié, et dans laquelle Poutine a reçu comme chez lui le président syrien.

Une caméra s’est attardée sur un membre du protocole russe: prenant par le bras Bachar el-Assad, il l’a empêché d’avancer dans les pas de son amphitryon russe. Nulle interférence donc, lorsque Vladimir Poutine s’adressera aux troupes russes réunies dans la base pour les féliciter d’avoir asséné un «coup dévastateur à ceux qui menaçaient la Russie».

Occident incohérent

«Nos forces armées et nos fournisseurs (militaires) ont démontré la puissance croissante de l’armée russe et les capacités de combat de nos unités militaires», poursuivait le président. Selon une étude que vient de publier le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute), les firmes d’armement russes ont augmenté de 3,6% leurs ventes l’année dernière, sans doute grâce à leur implacable efficacité démontrée en Syrie. «C’est la preuve que nos armes répondent aux exigences les plus hautes du marché», confirmait au même moment un expert militaire russe cité par le média pro-Kremlin Sputnik News.

«La clé pour comprendre ce qui se passe actuellement, c’est l’absence ou le manque de pertinence de l’Occident dans la région», note de son côté Joshua Krasna, un expert au Foreign Policy Research Institute à Philadelphie. Poutine en profite pour s’afficher en leader global auprès de l’opinion publique russe avant les prochaines élections de mars 2018.

A Khmeymim, Vladimir Poutine a annoncé le retrait prochain d’une «partie significative» des forces russes en Syrie. Une annonce qu’il a néanmoins accompagnée de la garantie que Moscou maintiendrait ouvertes ses deux bases dans le pays et qu’il continuerait à participer aux opérations de «désescalade» censées ramener progressivement la paix en Syrie.

Reprise des vols commerciaux

Mais cette escale n’était que le prélude pour un chef du Kremlin qui est ensuite allé rencontrer au Caire le président Abdel Fattah al-Sissi, l’un des principaux alliés des Etats-Unis dans la région. Washington accorde chaque année à l’Egypte 1,3 milliard de dollars d’aide. Vladimir Poutine, lui, a promis un prêt de 25 milliards de dollars, afin de construire la première centrale nucléaire égyptienne (pour un coût total de 30 milliards).

A la suite de l’accident de Tchernobyl, en 1986, l’Egypte avait écarté une offre similaire. Mais Moscou, cette fois, a également mis dans la balance la reprise prochaine des vols commerciaux vers l’Egypte, interrompus à la suite des lacunes de sécurité qu’avait révélées un attentat contre un avion russe dans le Sinaï, en 2015. Cette décision russe avait représenté un coup énorme pour une économie égyptienne déjà au bord de la banqueroute.

Alors que la décision de Donald Trump, la semaine dernière, de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël a jeté un froid glacial entre Washington et ses alliés arabes, le maréchal-président égyptien cherche aussi un moyen d’éradiquer le terrorisme, particulièrement dans le Sinaï, qui met à mal son image «d’homme fort» régnant sur tout le pays. Officiellement, il n’a pas été question de mettre à la disposition de la Russie des bases militaires dans le pays, comme le prétendait auparavant la presse russe.

Menace russe

«Les Etats-Unis doivent trouver le moyen de renforcer leurs positions militaires dans la région face à la menace croissante, et délibérée, déployée par la Russie dans tout le Moyen-Orient», assurait The Institute for the Study of War (ISW) en marge de cette visite du chef du Kremlin. Il ne croyait pas si bien dire: troisième et dernière étape de cette tournée promotionnelle russe, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, un «pilier de l’OTAN» où la réaction a été également très dure face à la décision de Donald Trump sur Jérusalem.

La Russie a besoin de la Turquie pour finir d’asseoir sa place en Syrie. Mais aussi pour faire pièce à l’Iran, cet autre allié du «leader global» Vladimir Poutine qui, lui, s’est promis de débarrasser la Syrie de toute présence américaine une fois éloignée la menace que représentait l’Etat islamique.

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