Carrefours bloqués, convoi d’une vingtaine de voitures accompagnés de motos et de véhicules de police, d’une ambulance... La venue du premier ministre russe Vladimir Poutine à Genève n’est pas passée inaperçue. Il faut dire que le moment est quasi historique: c’est la première fois qu’un chef de gouvernement russe intervient à la Conférence internationale du travail. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte le facteur humain, même lorsqu’un pays traverse une crise économique. «Il y a des objectifs sociaux que l’on doit atteindre. Mais pour cela, il faut une croissance économique soutenue et des recettes fiscales dignes de ce nom. Dans ce sens, nous avons lancé de grands projets publics. Ceux-ci pourraient mettre au deuxième plan les objectifs sociaux. Il est pourtant indispensable de maintenir des conditions de travail dignes et une bonne rémunération.» Pour conjuguer croissance économique et respect des normes sociales, Vladimir Poutine reconnaît qu’il n’y a pas de recette miracle. Il appelle l’Organisation internationale du travail à ouvrir le débat.

Dans une grande tirade sur le facteur humain, le premier ministre russe a souligné tous les efforts que son gouvernement a entrepris en faveur des travailleurs. «La Russie a été le seul pays, au cœur de la crise économique, à avoir réformé son système de retraite», s’est enorgueilli Vladimir Poutine. De fait, toutes les allocations sociales ont été indexées de même que les retraites des employés d’Etat. L’homme fort du pouvoir russe a souligné que la Russie aura pleinement récupéré de la crise économique à la fin 2011 ou au début 2012. L’objectif de Vladimir Poutine est de doubler le revenu moyen par habitant, qui s’élève à 19700 dollars actuellement, pour le faire passer à 35 000 dollars. «Cela nécessitera de doubler la productivité. Dans certains secteurs, il faudra même la multiplier par trois ou quatre», a-t-il ajouté. Le premier ministre, qui pourrait annoncer prochainement sa candidature à la présidentielle qui se tient le printemps prochain, a admis qu’il faudrait moderniser un tiers des 70 millions d’emplois en Russie. «Mais il est hors de question d’augmenter les heures hebdomadaires de travail, qui resteront à 40 heures», a conclu Vladimir Poutine.