Deux jours après les annonces du procureur général iranien Mohammad Jafar Montazeri sur une possible «abolition» de la police des mœurs, le ressentiment des Iraniens contre les médias occidentaux grandit. «Beaucoup sont déçus et essaient de comprendre pourquoi une telle fake news a été reprise dans le monde entier, décrypte Mahnaz Shirali, sociologue et politologue iranienne, enseignante à Science Po Paris. Car le procureur l’a dit lui-même face aux journalistes: la police des mœurs n’est pas placée sous la juridiction du pouvoir judiciaire.» En Iran, gasht-e ershad, comprenez la police des mœurs aussi appelée patrouille d’orientation, dépend en effet de l’exécutif et du Ministère de l’intérieur. Législatif, exécutif et judiciaire ont beau être, en Iran, des pouvoirs indépendants, ils sont tous trois placés sous la coupe d’un seul homme: Ali Khamenei, le guide suprême.