«La cible était un immeuble utilisé par une unité spéciale de la police et servait notamment pour l’interrogatoire des suspects de terrorisme», a déclaré le chef de la police de la ville. «Un véhicule bourré d’explosifs a touché le bâtiment», a-t-il confirmé.

Une foule d’hommes épaulaient lundi les secouristes en fouillant à mains nues les décombres de l’immeuble de deux étages réduit à un amas de béton et de tôles, sur fond de ballet d’ambulances.

Policiers et secouristes redoutaient un bilan plus lourd, de nombreuses personnes étant coincées sous les décombres et la rue étant très fréquentée à cette heure de pointe en début de matinée.

«Je pense qu’il y avait entre 30 et 40 personnes dans l’immeuble au moment de l’explosion, qui a creusé un cratère de trois mètres de profondeur et de quatre à six mètres de diamètre», a ajouté le chef de la police.

Une femme et sa fille figurent parmi les victimes, a rapporté un médecin.

Vague d’attentats

Les militaires ont récemment lancé plusieurs offensives dans les fiefs du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP). Ce groupe a fait allégeance à Al-Qaïda et décrété, à l’été 2007, le jihad contre le pouvoir. Il dénonce le soutien du gouvernement aux Etats-Unis dans leur «guerre contre le terrorisme».

Le TTP est considéré comme le principal responsable des attentats qui ensanglantent le pays depuis l’été 2007 et qui ont fait près de 3100 morts.

«Dans presque toutes les attaques, le TTP est impliqué», a déclaré à la presse le ministre de l’intérieur, Rehman Malik, qui y voit la main des talibans, «des tueurs à gage qui veulent déstabiliser le Pakistan».

A Lahore, plus de 110 personnes ont été tuées dans six attaques suicide depuis un an. Le 7 décembre, un double attentat au coeur d’un marché bondé avait tué 49 personnes.

Les zones tribales du nord-ouest, territoires montagneux inexpugnables, sont considérées comme le nouveau sanctuaire d’Al-Qaïda et une base arrière des talibans afghans.