Relayées par Facebook et Twitter, hébergées sur d’autres blogs, accompagnées de conseils pour contourner la censure, des expressions diverses expriment colère et questionnements. Ici, quelques extraits pris sur la Toile.

Vers la Révolution…

«Cependant une Révolution CONTRE un système, doit nécessairement exprimer une volonté POUR un autre système. Il ne faut pas oublier que les mauves [le parti présidentiel, NDLR] sans Ben Ali, enfanteront rapidement d’un nouveau gourou qui leur permettra d’entretenir leurs petits privilèges. Même débarrassée de sa tête, cette machine pourra très vite se régénérer. Ainsi donc, ce système POUR lequel devra se lever cette Révolution devra exclure d’emblée tous ceux qui ont œuvré de près ou de loin au sein de ce parti qui est en train de mener le pays à la dérive. Même si cela n’est pas très démocratique, il en va de la salubrité de la scène politique ultérieure. Cette nouvelle scène que j’imagine naïvement ce soir devant mon poste d’ordinateur ne peut être qu’une scène démocratique où sera enfin possible le débat entre les différentes franges de la société.

Mais voilà que je me heurte à la question: QUI saura récupérer politiquement cet appel d’air populaire? Malheureusement aucun leader, aucun mouvement ne répond encore à l’appel.» (_z_, 12 janvier, le blog de _z_ est avant tout celui d’un caricaturiste en verve)

Quel rôle?

«Ça bouillonne dans ma tête… tout se rassemble et se confond… le cœur lui… il s’effrite au rythme des balles tirés… je marche dans mes larmes… la tête baissée… pour éviter de croiser le regard d’un ou deux martyrs… sont-ils morts pour rien? ce pays qui fait partie de chacun de nous: avance-t-il? ou bien vivons-nous sa chute? chacun a un rôle à jouer… mais quel rôle pour moi? quel rôle pour toi?» (petitprince, MaxulaPrates Blog, 13 janvier)

Et ce premier commentaire:

«Un seul rôle, exiger le depart du tyran. Ne nous dispersons pas.» (Sufia)

Où sont nos médias BORDEL!

«J’ai vécu la chute de l’URSS en direct et pourtant c’était un sacré pays côté sécurité! J’ai assisté au jugement et à l’exécution des époux Ceausescu. Idem pour la chute du mur de Berlin, de l’envahissement du Koweït, de la guerre contre l’Irak,

Bref à chaque fois les médias locaux et étrangers étaient présents!

Ce soir comme depuis presque un mois, mon pays, la Tunisie est sens dessus dessous mais rien, absolument rien! Nos média Tunis7, Canal21, HannibalTV, NessmaTV, ERTT, RTCI, Radio Mosaïque FM, Radio Shems FM, Radio Jeune, Radio Zitouna, Les journaux,… Sont muets!

Du coup on ne sait pas ce qui se passe, ni ce qu’il faut faire! Qui appeler en cas de problèmes!!!

Seules sources d’informations et de désinformations: Facebook et Twitter!

Le pire et le plus merveilleux étant Twitter! Un conseil ne suivez que les gens que vous connaissez. Trop de mensonges, de bobards,

Je suis fatigué, je vais dormir et Mouléha Rabbi.» (Kiffe Grave, 12 janvier)

Pourquoi je ne crois pas Ben Ali

«Ben Ali, son gouvernement et son parti historique n’ont pas saisi la colère accumulée de la rue tunisienne. Les vieux et vieillards du régime qui ne savent pas utiliser un clavier n’ont pas perçu la formidable transformation de la jeunesse tunisienne, cette jeunesse qui s’intègre dans son siècle et qui ne comprend pas que le régime tunisien ne puisse pas l’être.

Le régime a vite sous-estimé avec son arrogance policière ignare habituelle la mobilisation sans précédent de cette jeunesse contre la tentative de la cyber-police de censurer l’accès à Facebook. La mobilisation relayée sur le réseau mondial fut telle que le régime fut obligé de reculer et de rétablir l’accès à Facebook. Ce sont ces mêmes jeunes maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies qui font subir au régime de Ben Ali une cuisante et espérons le ultime défaite.

Le mouvement qui a commencé par les chômeurs du sud, a pris de l’ampleur pour englober des franges entières de la population tunisienne, jeunes et moins jeunes, femmes, hommes, chômeurs et travailleurs, syndicats, avocats, ouvriers et cadres..

Le mouvement est devenu une vraie révolte populaire. le mouvement a même ses hymnes et ses artistes engagés.» (Anonyme malv, sur nawaat.org, 13 janvier)

La leçon de la Tunisie. Post dédié à la mémoire de Hatem Bettahar, Maître de conférence à la faculté de sciences de Gabes. Mort sous les balles de la police tunisienne le 12-01-2011 à Douz

«Lisez et traduisez simultanément dans vos langues parce qu’ils continuent à tuer avec cruauté

Il semble qu’ils aient fixé le nombre de Tunisiens qu’il convient de tuer, sinon comment comprendre le fait que leurs valises soient faites et qu’ils traînent encore à partir.

Depuis l’indépendance ils se jouent de la constitution comme des élèves au talent médiocre et à l’écriture exécrable. […]

Hier Ils ont frappé des avocats, des artistes des écrivains et des gens de théâtre et voila qu’ils les sollicitent en conseillers dans leurs médias insignifiants sur la manière de sortir du goulot de la crise.

Comment nous les aurions aidés pour trouver l’issue et leur gâcher l’ivresse de nous asservir, nous qui n’avions pas lu un poète moins consistant que Moutanabbi ou un écrivain moins révolutionnaire que Frederick Nietzche?

Adieu INQUIÉTUDE tant que ton IN a fini par être suspendu à la toile d’araignée.

Adieu AVENIR s’il leur est permis de le vivre parmi nous.

Bienvenu PRÉSENT maître de tous les temps.

Vive le peuple tunisien qui est en train d’arracher sa dignité est sa liberté.

Vive la TUNISIE qui est NOUS.»

(Med Sgaier Awlad Ahmad, 12 janvier, traduction libre par Azwaw )

Jeunes chômeurs, commerçants, électriciens, enseignants universitaires, le régime de «Zinochet» tire sur tous ce qui bouge!

«L’universitaire Hatem Bettahar tué par balles aujourd’hui

Deux civils Hatem Bettaher, un enseignant universitaire et Riad Ben Oun, un électricien, ont été tués par des tirs de la police à Douz, dans le sud de la Tunisie, lors d’une manifestation ayant dégénéré. C’est la première fois depuis le début des émeutes il y a un mois en Tunisie que cette ville de 30.000 habitants, située à 550 km au sud de Tunis, connaît de telles violences.

Hatem Benttaher, maître de conférence à l’université de Gabes, aurait été assassiné par un tireur d’élite de la police tunisienne, pendant des manifestations à Douz.

Le ministère tunisien de l’Intérieur a décrété ce soir mercredi un couvre-feu nocturne dans la capitale et sa banlieue à la suite de troubles dans «certains quartiers», dans un communiqué officiel. L’armée a été déployée autour de Tunis.» (misanthrope repenti, 12 janvier, blogueur de l’Algérie voisine)