L’essentiel

  • Le président russe Vladimir Poutine a annoncé, dans la nuit du 23 au 24 février, le début d’une «opération militaire spéciale» en Ukraine. Entre 150 000 et 200 000 hommes avaient été placés aux frontières du pays ces dernières semaines.
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé la rupture des liens diplomatiques avec Moscou. Jeudi soir, il a décrété la mobilisation générale.
  • La Russie dit avoir détruit 74 installations militaires ukrainiennes, dont 11 aérodromes et des défenses antiaériennes.
  • La centrale nucléaire de Tchernobyl et les entrepôts de déchets nucléaires sont désormais aux mains des forces russes.
  • La Slovaquie et la Pologne ouvrent leurs frontières aux réfugiés ukrainiens. Selon l’ONU, plus de 100 000 personnes auraient déjà quitté leur foyer.

L’Ukraine attaquée

■ Pour Antony Blinken, Poutine a des visées au-delà de l’Ukraine

Alors que des témoignages font état de premières explosions à Kiev, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, tient des propos qui font froid dans le dos. Il est «convaincu» que Moscou veut renverser le gouvernement ukrainien, mais estime également que Poutine pourrait avoir des visées au-delà de l’Ukraine. «Poutine a clairement fait savoir qu’il aimerait reconstituer l’empire soviétique, mais il aimerait aussi réaffirmer une sphère d’influence autour des pays voisins qui faisaient autrefois partie du bloc soviétique», a-t-il souligné lors d’une interview télévisée.

«Maintenant, quand il s’agit d’une menace au-delà des frontières de l’Ukraine, il y a quelque chose de très puissant qui se met en travers de son chemin. C’est l’article cinq de l’OTAN: une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous», a-t-il ajouté.

■ «Décapiter le gouvernement ukrainien»

Selon des sources militaires occidentales, l’armée russe qui a une «supériorité aérienne totale» en Ukraine, se rapproche de Kiev, où un couvre-feu a été imposé, avec l’intention de «décapiter le gouvernement» ukrainien et d’y installer à la place un gouvernement favorable à Moscou.

Dans une allocution vidéo, le président Zelensky a clairement affirmé être la cible numéro 1 des Russes. Il a fait déplacer sa famille, mais est lui-même resté à Kiev. Les forces militaires des Etats de l’Otan ont été placées en état d’alerte. Le but est désormais d’éviter une extension du conflit à d’«autres pays européens», selon le chancelier allemand Olaf Scholz. L’OTAN tiendra une vidéoconférence ce vendredi.

■ L’UE sanctionne plus sévèrement la Russie, mais sans l’exclure de Swift

Réunie en sommet à Bruxelles, l’UE a durci, dans la nuit de jeudi à vendredi, ses sanctions contre la Russie, sans toutefois aller jusqu’à exclure le pays du système d’échanges bancaires internationaux Swift. «Les dirigeants russes devront faire face à un isolement sans précédent», a promis la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a pour sa part évoqué le «plus sévère train de sanctions jamais mis en œuvre» par l’UE.

Selon un projet de texte consulté par l’AFP, le paquet inclurait notamment l’interdiction d’exporter vers la Russie des avions, pièces et équipements de l’industrie aéronautique et spatiale, ainsi que des technologies de raffinage pour l’industrie pétrolière. Les restrictions d’exportations toucheraient aussi les biens à double usage (civil et militaire). Les banques de l’UE auraient interdiction d’accepter des dépôts de citoyens russes de plus de 100 000 euros et plusieurs entreprises étatiques russes se verraient bloquer l’accès aux financements européens.

Quelques heures plus tôt, le président américain Joe Biden avait de son côté annoncé de nouvelles sanctions.

Lire notre article: Joe Biden: «Poutine va devenir un paria sur la scène internationale»

■ L’Ukraine fait appel au réseau de hackers pour se défendre contre la Russie

Selon l’agence Reuters, le gouvernement ukrainien demande à des volontaires de l’underground hacker du pays de l’aider à protéger les infrastructures critiques et à mener des missions de cyberespionnage contre les troupes russes. Ces demandes ont commencé à apparaître sur des forums de hackers.

«Cybercommunauté ukrainienne! Il est temps de s’impliquer dans la cyberdéfense de notre pays», souligne un post. Yegor Aushev, cofondateur d’une société de cybersécurité à Kiev, a déclaré à Reuters qu’il avait rédigé ce message à la demande d’un haut fonctionnaire du ministère de la défense qui l’avait contacté jeudi. La société d’Aushev, Cyber Unit Technologies, est connue pour sa collaboration avec le gouvernement ukrainien dans le domaine de la défense des infrastructures critiques.

Première réaction, d’Anonymous, qui s’en est pris à la chaîne de propagande RT News:

■ Sean Penn aux côtés du président ukrainien

L’acteur Sean Penn est actuellement à Kiev, déterminé à tourner un documentaire sur l’invasion russe. L’annonce a été faite par la présidence ukrainienne. Il a été photographié parmi les participants d’une conférence de presse du gouvernement à Kiev et on peut le voir rencontrer le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo publiée sur le compte Instagram du chef de l’Etat ukrainien.

■ Les dénonciations et appels à l’aide de Volodymyr Zelensky

L’Ukraine est «laissée seule» face à la Russie: le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne pèse pas ses mots, alors que l’armée russe se rapproche de Kiev. «Qui est prêt à combattre avec nous? Je ne vois personne. Qui est prêt à donner à l’Ukraine la garantie d’une adhésion à l’Otan? Tout le monde a peur», a-t-il dénoncé, dans une adresse vidéo publiée sur le compte de la présidence ukrainienne.

Il a également dressé le dernier bilan des pertes côté ukrainien, civiles et militaires: au moins 137 morts et 316 blessés. «Sur notre île de Zmeiny, tous nos gardes-frontières sont morts en héros, en se défendant jusqu’au bout. Mais ils ne se sont pas rendus», a-t-il salué. Volodymyr Zelensky a signalé la présence de «groupes de saboteurs» russes à Kiev et appelé les habitants à la vigilance et au respect du couvre-feu désormais en vigueur, des combats étant en cours au nord de la capitale.

«Je resterai dans la capitale. Ma famille est aussi en Ukraine. Selon des informations en notre possession, l’ennemi m’a identifié comme la cible N°1. Et ma famille comme la cible N°2», a-t-il affirmé.

■ A New York, un chef d’orchestre pro-Poutine écarté

Valery Gergiev, célèbre chef d’orchestre russe, paie le prix d’être un proche de Vladimir Poutine. Il vient d’être écarté d’une série de représentations prévues ce week-end au Carnegie Hall, annoncé la prestigieuse salle new-yorkaise. Son remplacement au pied levé par le directeur musical du Met Opera de New York, Yannick Nézet-Seguin, a été annoncé conjointement par le Carnegie Hall et l’Orchestre philharmonique de Vienne, que Gergiev devait diriger pour trois concerts à partir de vendredi.

■ Selon Volodymyr Zelensky, 137 Ukrainiens sont morts durant cette journée

Dans un discours, le président ukrainien a indiqué 137 personnes, dont 10 officiers militaires, étaient mortes durant ce premier jour de guerre dans tout le pays, et 316 auraient été blessées rapporte le média ukrainien The Kyiv Independent. Il a aussi annoncé qu’il ne quitterait pas Kiev bien que le pouvoir russe l’ait «désigné comme cible numéro 1».

■ Deux anciens présidents américains ont condamné l’attaque russe

Le démocrate Barack Obama évoque une «attaque éhontée contre le peuple ukrainien, en violation du droit international et des principes fondamentaux de la décence humaine». «Chaque Américain, quel que soit son parti, devrait soutenir les efforts du président Biden, en coordination avec nos alliés les plus proches, pour imposer des sanctions sévères à la Russie – des sanctions qui coûteront aux élites autocratiques de la Russie», précise-t-il.

De son côté, le républicain George W. Bush parle de «crise de sécurité la plus grave sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale». «Je me joins à la communauté internationale pour condamner l’invasion non provoquée et injustifiée de l’Ukraine par Vladimir Poutine. Nous ne pouvons tolérer l’intimidation autoritaire et le danger que représente Poutine», dénonce l’ex-président.

■ Face à l’invasion russe, le président ukrainien décrète la mobilisation générale

Volodymyr Zelensky a annoncé jeudi soir la mobilisation militaire générale pour contrer l’invasion russe du pays, lancée le matin même, selon un décret publié sur le site de la présidence ukrainienne. Selon le document, la mesure concernera ceux soumis «à la conscription militaire et les réservistes» et s’appliquera sous 90 jours dans toutes les régions ukrainiennes.

■ Retour sur la journée de jeudi en vidéo

■ «C’est une guerre de choix», affirme Kamala Harris, vice-présidente des Etats-Unis

Tous les yeux de notre pays et du monde sont tournés vers l’Ukraine, et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Et soyons clairs: nous savons et nous croyons que c’est une guerre de choix. Elle n’a pas été provoquée, elle est injustifiée. Comme le président (Biden, ndlr) l’a dit clairement depuis le début: si la Russie devait prendre des mesures agressives contre l’Ukraine, notre réponse serait rapide et certaine. Et c’est, ce qui s’est passé […]

■ A Kiev et Kharkiv, les habitants se réfugient dans les voies de métro

Pour se protéger des bombardements, les habitants de la capitale ukrainienne, sous couvre-feu, et de la deuxième plus grande ville du pays se sont réfugiés dans les tunnels des métros.

■ Macron a appelé Poutine pour «exiger l’arrêt immédiat» de l’offensive

Nouvel échange entre le président français et Vladimir Poutine. Emmanuel Macron a appelé le président russe pour «exiger l’arrêt immédiat» de l’offensive menée par l’armée russe en Ukraine, indique la présidence française. «Après avoir parlé au président ukrainien, et en concertation avec lui, le président a appelé Vladimir Poutine pour exiger l’arrêt immédiat des opérations militaires russes, en rappelant que la Russie s’exposait à des sanctions massives», souligne l’Elysée. Lors de son allocution à Washington, le président américain Joe Biden a de son côté clairement déclaré «ne pas prévoir parler avec lui», en le qualifiant de futur «paria sur la scène internationale».

■ Des sanctions européennes «massives» contre Moscou et la Biélorussie

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont approuvé jeudi un nouveau train de sanctions contre la Russie. Ils ont ciblé les secteurs de la finance, de l’énergie et des transports et qui auront des «conséquences massives». Ces mesures couvriront aussi les biens à usage double (à la fois civil et militaire) et la délivrance de visas, précise la déclaration publiée à l’issue du sommet, sans détailler les sanctions. Les Européens prévoient par ailleurs d’élargir leur liste de personnes privées d’accès au territoire de l’UE et dont les avoirs seront gelés.

Les Vingt-Sept veulent également «préparer et adopter de façon urgente des sanctions économiques et individuelles supplémentaires» contre la Biélorussie, accusée d’être impliquée dans l’invasion de l’Ukraine. L’allié de Moscou accueille environ 30 000 soldats russes selon les Etats-Unis. Le pays est déjà sous le coup de sanctions européennes, à la suite de la répression d’un mouvement de contestation en 2020 et à un afflux de migrants que Minsk est accusé d’avoir orchestré aux frontières de l’UE en 2021.

■ Des dizaines de milliers de personnes sur les routes

«Nous pensons qu’environ 100 000 personnes ont dû déjà avoir quitté leur domicile et pourraient être déplacées à l’intérieur du pays, et que plusieurs milliers de personnes ont franchi les frontières internationales», a déclaré à l’AFP une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Shabia Mantoo.

Nous ne pouvons pas encore confirmer les chiffres exacts, mais il est clair qu’il y a eu d’importants déplacements à l’intérieur du pays et quelques mouvements à travers les frontières

■ Les Etats-Unis expulsent le numéro 2 de l’ambassade russe à Washington

Les Etats-Unis ont expulsé le numéro deux de l’ambassade russe à Washington, a indiqué un haut responsable du département d’Etat, en riposte à l’expulsion annoncée le 17 février d’un diplomate américain en Russie. Sergeï Trepelkov a été informé mercredi qu’il devait quitter les Etats-Unis, a fait savoir ce haut responsable.

■ Tchernobyl: «grande inquiétude» de l’Agence internationale de l’énergie atomique

Après l’annonce de l’occupation du site de l’ancienne centrale de Tchernobyl — Chornobyl en ukrainien —, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), s’est exprimée en fin de journée. Un responsable ukrainien avait expliqué, sur son compte Facebook en début d’après-midi, que les combats près de la centrale gravement accidentée en 1986 risquaient de «disséminer des poussières radioactives sur les territoires de l’Ukraine, de la Biélorussie et de l’Union européenne».

«L’AIEA suit la situation en Ukraine avec une grande inquiétude et appelle à la plus grande retenue afin d’éviter toute action susceptible de mettre en danger les installations nucléaires du pays», explique le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, dans un communiqué, ajoutant que «l’organisme de réglementation ukrainien a précédemment informé l’AIEA qu’il maintenait les communications avec les centrales nucléaires opérationnelles de l’Ukraine, qui, selon lui, fonctionnent de manière sûre et sécurisée.» Le pays exploite à ce jour quinze réacteurs nucléaires. Selon Rafael Mariano Grossi, l’Ukraine a informé l’AIEA qu’il n’y avait pas eu de victimes ni de destruction sur le site de Chornobyl.

«Il est d’une importance vitale que les opérations sûres et sécurisées des installations nucléaires dans cette zone ne soient pas affectées ou perturbées de quelque manière que ce soit», affirme le communiqué, rappelant que la Conférence générale de l’AIEA a adopté une décision en 2009 selon laquelle «toute attaque armée et toute menace contre des installations nucléaires consacrées à des fins pacifiques constituent une violation des principes de la Charte des Nations unies, du droit international et du statut de l’Agence». L’URSS était devenue membre de l’AIEA lors de sa création, en 1957. Un engagement jamais remis en cause après la formation de la Fédération de Russie.

■ Sanctions américaines contre la Biélorussie

Washington a annoncé des sanctions contre 24 personnes et organisations biélorusses accusées d’avoir soutenu et aidé l’invasion, a annoncé le département au Trésor, peu après que Joe Biden a annoncé des sanctions visant la Russie. Ces mesures visent des banques, des entreprises de défense et de sécurité, des responsables de la défense au sein du gouvernement du biélorusse et des proches du président Alexandre Loukachenko.

■ Pas de troupes au sol, mais des avions en vol

Lors de son allocution, Joe Biden a réaffirmé qu’il n’enverrait pas de troupes en Ukraine. En revanche, le président américain a assuré qu’il y aurait une réaction en cas d’attaque contre un pays membre de l’OTAN. Sur le site Flight Radar, qui permet de suivre les avions en vol, plusieurs avions ravitailleurs de l’US Air force peuvent être vus en vol au-dessus des pays membres de l’OTAN, notamment en Pologne ou en Roumanie. Ces avions permettent de ravitailler en vol des avions de combats, une manière assez claire de montrer que les forces occidentales sont en alerte.

Au-dessus de la Pologne jeudi soir, on pouvait également voir un Eurofighter Typhoon suivant un avion ravitailleur de l’armée de l’air britannique.

Au large de la Crimée, un drone de surveillance américain était également en vol.

■ Joe Biden veut faire de Vladimir Poutine «un paria» sur la scène internationale

«Poutine est l’agresseur, Poutine a choisi cette guerre» martèle Joe Biden, rappelant que les Etats-Unis ont largement partagé des informations déclassifiées ces dernières semaines pour que le monde soit bien conscient et au courant des actions russes et que ces actes «ne puissent pas être dissimulés».

«Le rouble n’a jamais été aussi faible dans son histoire et les marchés russes se sont effondrés aujourd’hui», pointe le président américain en annonçant des sanctions économiques dures contre la Russie et des restrictions visant les entreprises russes. «Je sors d’une réunion avec les autres dirigeants du G7 et nous sommes alignées. Les Etats-Unis ne sont pas seuls», rappelle Joe Biden. Quatre banques russes supplémentaires vont aussi être sanctionnées et plus de la moitié des importations technologiques de la Russie supprimées, a-t-il affirmé, mais le retrait de la Russie du système bancaire SWIFT ne fait pas partie des sanctions.

Lire à ce sujet: Crise ukrainienne: pourquoi il serait difficile d’écarter la Russie du réseau interbancaire Swift

Pour le président américain, l’ambition de Vladimir Poutine est «de rétablir l’URSS» et n’entend pas s’arrêter à l’Ukraine, même si Joe Biden a admis qu’il était difficile de savoir ce que pensait réellement le président russe.

■ «Non à la guerre!» L’appel du prix Nobel de la paix Dmitri Mouratov

Nous nous sommes réunis tous très tôt aujourd’hui à la rédaction. Nous sommes en deuil. Notre pays, sur ordre du président Poutine, a déclenché une guerre avec l’Ukraine. Et il n’y a personne pour arrêter la guerre. Donc, en plus du chagrin, nous nous sentons honteux. De ses mains, le commandant en chef, comme s’il s’agissait du trousseau de clés d’une voiture de luxe, a tourné le «bouton nucléaire». La prochaine étape est-elle une salve nucléaire? Comment interpréter autrement les propos de Vladimir Poutine sur les armes de représailles? Cependant, nous publierons ce numéro de «Novaya Gazeta» en deux langues – ukrainien et russe. Parce que nous ne reconnaissons pas l’Ukraine comme un ennemi et l’ukrainien comme la langue d’un ennemi. Nous ne les reconnaîtrons jamais comme tels. Une dernière chose. Seul le mouvement anti-guerre des Russes peut sauver la vie sur cette planète.

Dmitri Mouratov,
Rédacteur en chef de Novaya Gazeta, et lauréat du prix Nobel de la paix

■ Selon Olaf Scholz, l’Ukraine pourrait être «rayée de la carte»

Le chancelier allemand Olaf Scholz a mis en garde jeudi contre une tentative de Vladimir Poutine de «rayer» l’Ukraine «de la carte» en attaquant militairement le pays. «C’est une tentative de déplacer par la violence les frontières en Europe, voire peut-être de rayer un pays entier de la carte mondiale», a déclaré le chancelier dans une allocution télévisée.

«Nous vivons le début d’une guerre comme il n’y en a pas eu depuis plus de 75 ans en Europe», a-t-il ajouté. «Nous devons veiller à ce que le conflit ne s’étende pas à d’autres pays européens», a-t-il aussi mis en garde. «Je suis d’accord avec le président américain et nos amis européens pour empêcher cela par tous les moyens dont nous disposons», a déclaré le chancelier. Et d’appeler Vladimir Poutine à «ne pas sous-estimer la détermination de l’OTAN à défendre tous ses membres» ainsi que l’Ukraine.

■ La Russie a pris le contrôle de la centrale de Tchernobyl

La centrale accidentée en 1986 et les entrepôts de déchets nucléaires sont désormais aux mains des forces russes a annoncé la présidence ukrainienne. «Après des combats acharnés, nous avons perdu le contrôle sur le site de Tchernobyl», a déclaré Mikhaïlo Podoliak, un conseiller de la présidence. Kiev avait fait état plus tôt de combats près du dépôt des déchets nucléaires du site.

■ Pressions sur la Suisse pour des sanctions

«Il y a une bonne nouvelle dans cette affaire», a confié à notre journaliste Richard Werly un diplomate américain à Bruxelles. «Les Britanniques, désormais hors de l’UE, ne peuvent plus défendre la City. Nous allons faire en sorte qu’ils appliquent à la lettre nos sanctions. Les Suisses feraient bien de s’en inspirer. Il n’y a pas de place pour une non-application.»

■ Des manifestations de soutien et contre la guerre

Une manifestation de soutien à l’Ukraine a lieu dans le centre-ville de Prague, alors que la République tchèque a annoncé qu’elle cessait de délivrer des visas aux citoyens russes. Le gouvernement a aussi retiré son agrément au fonctionnement des consulats russes dans deux villes tchèques, Karlovy Vary et Brno. A Berlin, Paris ou encore Varsovie et Istanbul, des manifestants ont également protesté jeudi contre l’invasion russe de l’Ukraine

Une centaine de personnes manifestent aussi à Berne:

A Moscou, des personnes tentent de faire entendre leur opposition à la guerre initiée par leur pays. Face à l’interdiction de brandir des pancartes, les manifestants ont écrit des messages sur leurs vestes. Plusieurs interpellations ont eu lieu selon Andrew Roth, correspondant du Guardian sur place.

Malgré les promesses de sanction et de répression de toute manifestation «non autorisée» organisée dans le pays contre la guerre agitées par les autorités russes, le nombre de personnes rassemblées à proximité de la station de métro Pouchkinskaïa augmentait dans la soirée. Plus de 1 700 personnes ont été interpellées par la police dans plusieurs villes du pays, dont plus de la moitié rien que dans la capitale, selon l’ONG spécialisée OVD-Info.

■ Les premiers réfugiés arrivent en Pologne

Plusieurs voitures ukrainiennes ont déjà traversé en trombe la frontière polono-ukrainienne de Dorohusk à 270 km au sud-est de Varsovie, pour trouver refuge, témoigne notre correspondante sur place, Sarah Bakaloglou. Mais ce jeudi après-midi, d’autres ont eu moins de chance et leurs familles côté polonais les attendent, inquiètes. «Je suis choqué», dit Yury, le regard fixé sur le poste-frontière et qui ne sait pas si ses proches vont réussir à arriver jusque-là. «Les bus et les trains ont été pris d’assaut», explique t-il, ajoutant que sa famille, habitant dans le centre de l’Ukraine, lui a confié avoir très peur.

Lire le récit de cette journée dans la capitale ukrainienne: Le jour où la guerre s’est abattue sur Kiev

■ La présidence ukrainienne confirme la conquête de l’aéroport militaire de Gostomel

Les Russes ont conquis un aéroport militaire situé à une quarantaine de kilomètres de Kiev, la capitale de l’Ukraine, a reconnu jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky en promettant de le reprendre.

Selon le président ukrainien, qui s’exprimait dans un discours vidéo, l’aéroport de Gostomel a été pris par les forces russes mais le débarquement de parachutistes qui devait y avoir lieu, a été «bloqué» et les forces ukrainiennes ont «reçu l’ordre de les détruire». Mais selon la chaîne américaine CNN, des troupes aéroportées russes étaient présentes au sol à proximité de l’aéroport.

■ Joe Biden doit exposer la réponse des Etats-Unis dans la soirée

A 18h30 en Suisse (12h30 heure locale), le président américain doit s’adresser à la Nation pour exposer la riposte des Etats-Unis face à l’attaque russe contre l’Ukraine. L’intervention de Joe Biden doit avoir lieu après une réunion des dirigeants du G7.

■ Des combats auraient lieu à proximité de Tchernobyl

Selon Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre de l’Intérieur ukrainien, cité par plusieurs médias dont le titre national The Kyiv Independant, des combats auraient lieu dans la zone d’exclusion du site de l’accident nucléaire de Tchernobyl. Ces affrontements pourraient menacer des dépôts de déchets nucléaires. Mais cette zone d’exclusion est vaste (2600 km2), donc les combats ne se déroulent pas forcément à proximité immédiate de la centrale accidentée et des sites de stockage.

L’information a également été donnée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui déclare sur Twitter: «Les forces d’occupation russes tentent de s’emparer du site de Tchernobyl. Nos défenseurs donnent leur vie pour que le drame de 1986 ne se reproduise pas. Je l’ai signalé à la première ministre suédoise. C’est une déclaration de guerre contre toute l’Europe.»

■ Ignazio Cassis s’exprime sur la situation en Ukraine

«Aujourd’hui est un jour triste, un jour comme nous n’en avons pas connu depuis très longtemps», a affirmé président de la Confédération en commençant sa déclaration. «La crise actuelle ne concerne pas uniquement la Russie, ni l’Ukraine, mais toute l’Europe», a-t-il ajouté. Ignazio Cassis a rappelé que la Confédération condamnait l’agression militaire russe: «La neutralité ne veut pas dire l’indifférence».

Berne a indiqué que la Confédération ne prendrait pas de sanctions «en nom propre», mais s’assurerait que, contrairement à la situation en 2014, des mesures seraient prises pour «éviter le contournement des sanctions internationales contre la Russie» par le biais de la Suisse. Comme dans l’Union européenne, les membres de la Douma seront blacklistés en Suisse. Le gel des avoirs russes est «envisagé». Les détails de la position de Berne restent flous.

«Au nom de la neutralité, nous ne devons pas soutenir militairement une partie ou l’autre au conflit», souligne une spécialiste du Département fédéral des affaires étrangères. La Confédération se dit aussi prêt à se «montrer solidaire» pour l’accueil des réfugiés, en précisant que les pays frontaliers seront les premiers concernés. À l’issue de son intervention, Ignazio Cassis est rapidement parti pour participer à la réunion d’urgence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) sur l’Ukraine. Celle-ci a été convoquée pour jeudi après-midi par la présidence polonaise de l’institution.

■ L’OTAN ne prévoit pas déployer des troupes en Ukraine

L’Otan n’a pas de troupes en Ukraine et n’a pas prévu d’en déployer, selon Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Alliance atlantique.

Lire notre article sur les plans de l’OTAN: Jens Stoltenberg: «La paix ne peut plus être tenue pour acquise en Europe»

■ La Russie affirme avoir détruit 74 installations militaires, dont 11 aérodromes

L’armée russe a affirmé jeudi avoir détruit 74 installations militaires, dont 11 aérodromes, en Ukraine, où Moscou a lancé dans la matinée une opération militaire d’envergure. «À la suite des frappes des forces armées russes, 74 installations terrestres de l’infrastructure militaire ukrainienne ont été mises hors service. Cela comprend 11 aérodromes de l’armée de l’air»,

A la télévision le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère de la Défense russe, a annoncé la destruction de «trois postes de commandement, une base navale ukrainienne et 18 stations radar des systèmes de défense antimissile S-300 et Buk-M1» ukrainiens, ainsi qu’un «hélicoptère d’attaque» et «quatre drones Bayraktar TB-2» de fabrication turque. Selon lui, les séparatistes prorusses à l’offensive contre l’armée ukrainienne dans l’Est et sous le couvert de bombardements russes ont «progressé de 7 kilomètres» dans leur attaque.

L’armée russe affirme ne viser que des installations militaires, mais des civils ont aussi été touchés par les bombardements à Tchouhouïv, à proximité de Kharkiv

■ Les autorités russes promettent des sanctions en cas de manifestations anti-guerre

Les autorités russes ont promis de réprimer toute manifestation «non autorisée» organisée dans le pays contre la guerre en Ukraine, où Moscou a lancé une opération militaire d’ampleur dans la matinée.

Le ministère de l’Intérieur, le Parquet et le Comité d’enquête russes ont tous mis en garde les Russes contre toute action de protestation. Le Comité d’enquête a souligné que les participants à des rassemblements au sujet de «la situation tendue en matière de politique étrangère» ou à des heurts s’exposaient à des poursuites.

■ La Slovaquie et la Pologne ouvrent leurs frontières aux réfugiés

La police slovaque annonce que les postes-frontières entre l’Ukraine et la Slovaquie sont ouverts et que chaque Ukrainien qui fuit la guerre sera autorisé à entrer dans le pays, même sans passeport, en attendant un examen individuel.

De son côté, la Pologne annonce l’ouverture de neuf premiers «centres d’accueil» pour les réfugiés ukrainiens, dans la perspective d’une possible vague fuyant l’agression russe, a annoncé jeudi le ministre polonais de l’Intérieur. «Il y aura certainement une vague de réfugiés», a déclaré aux journalistes Mariusz Kaminski. Il a assuré que la Pologne en accepterait «autant qu’il y en aura à nos frontières», mais sans vouloir estimer leur nombre.

■ Distribution d’armes aux civils

Il y a foule au centre d’inscription pour les volontaires, le commissariat militaire de l’arrondissement de Golossiyevo, dans le sud de Kiev. Mais les journalistes ne sont pas les bienvenus, témoigne notre envoyé spécial Boris Mabillard. Réservistes ou volontaires comme Konstantin viennent chercher une arme et s’inscrire. Depuis l’aube, il y a eu un défilé de patriotes de tous âges. Des femmes, des vétérans et même des personnes âgées.

Andrei, un réserviste, sait qu’il va se retrouver face aux Russes très vite:

J’ai été mobilisé hier. Les combats sont à 20 km de Kiev.

En effet une quarantaine d’hélicoptères russes sont engagés dans des combats pour l’aéroport militaire de Hostomel. Les combats sont acharnés et trois ou quatre hélicoptères russes ont été abattus.

■ La queue à Kiev pour donner son sang

Une file se forme à Kiev. Les personnes présentes font la queue pour donner leur sang, observe sur Twitter le journaliste du Monde, Benoît Vitkine.

■ D’intenses combats sont en cours à proximité de Kiev

Un vaste assaut aérien avec des hélicoptères Mi-8 se déroule sur l’aéroport international de Hostomel, installation réservée au fret. Le ministère de l’Intérieur ukrainien indique que la Russie a pris le contrôle des lieux, selon Christopher Miller, correspondant du média américain BuzzFeed. «Très dangereux, c’est juste à 15 minutes à l’ouest du périphérique de la capitale», précise le journaliste sur Twitter.

■ Les sanctions seront «à la hauteur de l’agression, nous serons sans faiblesse», déclare Emmanuel Macron

Le président français a promis jeudi que la France et ses alliés décideront de sanctions contre la Russie «à la hauteur de l’agression dont elle se rend coupable» et qui porteront sur «le plan militaire et économique autant que dans le domaine de l’énergie», lors d’une allocution enregistrée à l’Elysée.

«Nous serons sans faiblesse» lors des décisions qui seront prises lors du G7 et du Conseil européen jeudi soir, a ajouté le président, avertissant les Français que cet «acte de guerre» aura «des conséquences profondes, durables sur nos vies et la géopolitique de notre continent». Vladimir Poutine «a décidé de porter l’atteinte la plus grave à la paix, à la stabilité dans notre Europe depuis des décennies», a ajouté le chef de l’Etat qui s’exprimait avec le drapeau ukrainien en arrière-plan, aux côtés des drapeaux français et européen.

■ Un avion militaire ukrainien s’écrase au sud de Kiev

Un avion militaire ukrainien s’est écrasé jeudi près de Kiev avec 14 personnes à bord, a annoncé le service d’Etat pour les situations d’urgence. L’appareil est tombé près du village de Trypillia, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale ukrainienne, selon la même source.

■ Percée des forces russes dans les abords de la capitale ukrainienne

Des forces russes ont pénétré dans la région de Kiev depuis la Biélorussie, selon les gardes-frontières ukrainiens. Elles souhaitent mener une attaque avec des missiles Grad sur des cibles militaires, ont-ils affirmé jeudi. Une journaliste de l’AFP a également constaté la présence de plusieurs hélicoptères non identifiés volant en groupe à basse altitude dans la banlieue de Kiev.

■ Réunion extraordinaire de l’UEFA vendredi

L’UEFA a convoqué une réunion extraordinaire vendredi pour «évaluer la situation» concernant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, lancée jeudi. La finale de la Ligue des champions, prévue à Saint-Pétersbourg, pourrait être déplacée.

L’instance européenne du football réunira son comité exécutif vendredi à 10h00 pour «prendre toutes les décisions nécessaires», a-t-elle annoncé. La finale de la Ligue des champions, principale compétition de clubs en Europe, est programmée le 28 mai à Saint-Pétersbourg, en Russie. Différentes voix ont déjà demandé que le match soit déplacé.

■ Panique à la gare de Kiev

Tous ceux qui n’ont pu prendre une voiture ou dont le vol a été annulé se replient sur la gare centrale de Kiev, témoigne notre envoyé spécial Boris Mabillard. Mais nombre de trains ont du retard ou sont supprimés. Irina, prof d’économie, attend depuis deux heures. Et la file n’a pas bougé. Irina sourit mais retient ses larmes: «Ma sœur m’a appelée pour me dire que la guerre avait commencé. Elle m’a réveillée, je n’avais rien entendu. J’ai peur, je ne veux pas mourir sous une bombe à Kiev. Je rejoins ma sœur dans l’ouest et j’essaierai de passer en Pologne pour y rejoindre ma fille. » Elle traîne trois grosses valises. «Je les ai bouclées dans l’urgence, en deux heures. Je n’ai pris que ce que j’ai de plus précieux. Pour une femme, ce sont les robes.»

Oleksandr, un sous-sergent attend aussi dans la file pour acheter un billet. Il doit rejoindre son unité, mais c’est le chaos: «Je n’ai pas d’informations, je ne sais rien. Tout ce que je sais c’est que notre armée est forte et qu’elle va résister.»

■ Les bourses et le rouble en chute

Jeudi noir sur les marchés financiers. Les bourses chutent et le rouble s’enflamme, tandis que l’or se rapprochait dans la matinée des 2000 dollars l’once. A la mi-journée, la bourse de Paris perdait 4,5%, Francfort 5%, Londres 3% et Zurich près de 3%. L’indice européen de référence Eurostoxx 50 chutait de 4,7%. La Bourse de Moscou s’effondrait même de plus de 25% et la monnaie russe, le rouble, a atteint un plus bas historique face au dollar avant l’intervention de la banque centrale du pays.

■ Erdogan dénonce «un coup dur porté à la paix»

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi «un coup dur porté à la paix et à la stabilité régionale» après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, dans une allocution au siège de la présidence retransmise à la télévision. La Turquie, membre de l’OTAN, est une proche alliée de l’Ukraine, mais également liée à Moscou par de nombreux accords commerciaux. Recep Tayyip Erdogan a «réitéré son appel à régler les problèmes par le dialogue, dans le cadre des accords de Minsk» signés en 2014 et 2015.

La Turquie avait appelé un peu plus tôt, dans un double communiqué de la présidence et du ministère des Affaires étrangères, la Russie à cesser «au plus vite» son intervention «injuste et illégale» en Ukraine, jugeant qu’elle constitue «une menace contre la sécurité mondiale et régionale». Le gouvernement turc a également rappelé qu’il s’opposait à «toute modification de frontières par les armes» et «réitéré son soutien à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine».

■ Boris Johnson promet des sanctions «massives» contre l’économie russe

Le premier ministre britannique Boris Johnson a averti jeudi que les Occidentaux imposeraient des sanctions «massives» visant l’économie russe en réaction à l’invasion de l’Ukraine, qualifiant Vladimir Poutine de «dictateur».

«Diplomatiquement, politiquement, économiquement, et en fin de compte militairement, cette entreprise atroce et barbare de Vladimir Poutine doit se solder par un échec», a déclaré le chef du gouvernement britannique dans une adresse télévisée aux Britanniques.

■ La Finlande et la Suède prévoient de rester hors de l’OTAN

La Suède et la Finlande prévoient de rester en dehors de l’Otan malgré le «choc» de l’invasion russe en Ukraine et l’inquiétude de voir Moscou s’en prendre à un pays riverain, ont fait savoir les deux pays jeudi. Malgré un débat relancé dans le pays nordique sur une adhésion à l’Otan, la première ministre suédoise Magdalena Andersson a défendu le maintien de la Suède hors de l’alliance atlantique. «Dans une telle situation, il est crucial que la ligne de la Suède dans sa politique de sécurité reste inchangée», a-t-elle plaidé. «La Suède est hors des alliances depuis extrêmement longtemps. Cela a bien servi les intérêts de la Suède.»

Un peu plus tôt en Finlande, l’exécutif avait également exclu pour l’heure une adhésion à l’Otan. Mais contrairement à la Suède, la Finlande a adopté une disposition dite d’«option OTAN», qui signifie que «si la sécurité du pays l’exige, la Finlande a l’opportunité de demander l’adhésion», a rappelé la Première ministre Sanna Marin. Helsinki a également dit préparer un plan d’accueil de réfugiés du fait de l’invasion russe en Ukraine, face au risque d’«un grand nombre de réfugiés» en Europe.

■ Zelensky compare l’invasion russe aux agissements de «l’Allemagne nazie»

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a comparé jeudi l’invasion russe de l’Ukraine aux agissements de «l’Allemagne nazie» pendant la Deuxième guerre mondiale. «La Russie a attaqué l’Ukraine de façon lâche et suicidaire comme le faisait l’Allemagne nazie pendant la Deuxième guerre mondiale», a déclaré Volodymyr Zelensky au cours d’un briefing retransmis sur Facebook. Il a également appelé les Russes à «sortir» dans la rue pour «protester contre cette guerre».

Le président ukrainien a en outre exhorté les Ukrainiens à rejoindre les unités de défense territoriale. «Ceux qui ont une expérience de combat et sont aptes à rejoindre la défense de l’Ukraine doivent se présenter aux centres de recrutement du ministère de l’Intérieur», a-t-il poursuivi.

■ La Chine dit à la Russie qu’elle comprend «ses préoccupations»

La Chine «comprend les préoccupations raisonnables de la Russie en matière de sécurité», a déclaré jeudi le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, à son homologue russe Sergueï Lavrov, alors que Moscou a attaqué l’Ukraine.

«La Chine a toujours respecté la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays», a déclaré Wang Yi, selon un compte rendu de l’entretien téléphonique diffusé par son ministère. «En même temps, nous avons aussi constaté que la question ukrainienne relevait d’une histoire particulière et compliquée. Nous comprenons les préoccupations raisonnables de la Russie en matière de sécurité», a-t-il dit.

■ «Un tel usage de la force et de la coercition n’a pas sa place au XXIe siècle», déclarent les Vingt-Sept

Dans une déclaration jeudi, les membres du Conseil européen ont condamné dans les termes les plus forts l’agression militaire sans précédent de la Russie contre l’Ukraine. «Par ses actions militaires non provoquées et injustifiées, la Russie viole grossièrement le droit international et sape la sécurité et la stabilité européennes et mondiales», déclarent les 27 Etats dans un communiqué. Ils condamnent aussi «l’implication de la Biélorussie dans cette agression contre l’Ukraine».

La déclaration conjointe des 27 Etats de l’UE exige «que la Russie cesse immédiatement ses actions militaires, qu’elle retire sans condition toutes ses forces et tous ses équipements militaires de l’ensemble du territoire ukrainien et qu’elle respecte pleinement l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine». «Un tel usage de la force et de la coercition n’a pas sa place au XXIe siècle», soulignent-ils. Ils précisent coordonner leur réponse avec leurs voisins et leurs partenaires internationaux, notamment l’OTAN et le G7, dont les dirigeants se réuniront prochainement.

■ L’opération militaire russe durera le temps nécessaire, affirme le Kremlin

Le Kremlin a indiqué jeudi que l’opération militaire contre l’Ukraine durerait le temps nécessaire, en fonction de ses «résultats» et sa «pertinence», estimant que les Russes soutiendraient une telle offensive.

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a aussi affirmé aux journalistes que Moscou avait pour objectif l’imposition d’un «statut neutre» à l’Ukraine, sa démilitarisation et l’élimination des «nazis» qui selon lui se trouvent dans le pays.

■ A Lausanne, une professeure de russe «pleure de désespoir»

Une professeure de russe à l’Université de Lausanne, qui préfère garder l’anonymat car elle a de la famille à Moscou, éclate en sanglots derrière ses lunettes à écailles. «Comment rester tranquille quand votre pays fait la guerre? Je ne pleure pas de peur mais de désespoir: on a l’impression que personne ne peut arrêter Poutine».

■ Proche de Poutine, le président de la République tchèque affirme son soutien à l’Ukraine

Milos Zeman, président de la République tchèque s’est adressé à son pays jeudi matin. Proche de Vladimir Poutine, il a toutefois désavoué l’offensive en Ukraine: «Je soutiens l’Ukraine, ses dirigeants et sa population», a-t-il commencé. Il indique se joindre à la réunion des chefs d’Etat de l’OTAN. «J’espère que la situation se calmera, non dans un lâche compromis mais dans une réaction décisive contre un agresseur…». «Les erreurs commises, qu’elles soient supposées ou réelles, comme le bombardement de la Yougoslavie ou l’entrée en Irak, ne peuvent justifier les erreurs des autres», a-t-il poursuivi.

■ Au milieu de la nuit, Volodymyr Zelensky joue le rôle de sa vie

«Aujourd’hui, j’ai commencé une conversation avec le président de la Fédération de Russie. Le résultat a été le silence», a déclaré Volodymyr Zelensky.

Retour sur la prestation de dix minutes du président ukrainien, qui s’est adressé directement aux Russes.

■ Témoignage d’une Suissesse dans les hordes de voitures qui fuient Kiev

«Nous avons été réveillées vers 4h30 par ce que je pense être des bombardements», raconte Patricia Shmorhun-Hawrylyshyn, une Suissesse qui vit en Ukraine avec son mari depuis 40 ans, à Kharkiv d’abord avant de s’installer à Kiev. Elle se porte alors volontaire pour évacuer de la capitale une amie accompagnée de ses deux jumelles de 10 ans. Toutes quatre ont pris leurs sacs et documents et ont sauté dans la voiture à 6 heures (7 heures à Genève). «Mon mari est parti pour affaires il y a quelques jours et se trouve déjà à l’ouest, dit-elle, jointe par téléphone par Le Temps. J’espère le rejoindre. Il y a des problèmes sur les réseaux téléphoniques, donc tout le monde communique via WhatsApp ou utilise des réseaux étrangers comme Swisscom ou Orange».

«La priorité, c’est de sortir de cet embouteillage, dit-elle redoutant un raid aérien. Nous n’avançons pas, dépensons énormément d’essence et si nous venons à en manquer, les queues d’attente devant les stations sont impressionnantes.»

Cela lui laisse le temps de commenter la situation. «Le monde entier n’a pas suffisamment prêté attention à l’Ukraine. Il faut maintenant des sanctions, massives, pour affaiblir le soutien oligarchique de Vladimir Poutine, fournir de l’armement, envoyer des aides humanitaires et se positionner aux frontières. La Suisse a aussi un rôle à jouer: geler tous les fonds russes présents dans les banques du pays. Nous avons besoin de cette solidarité, insiste Patricia Shmorhun-Hawrylyshyn le répète. C’est une guerre contre l’Ukraine, mais c’est aussi une guerre contre l’Europe et la démocratie».

Aux dernières nouvelles, à court d’essence, elle a été contrainte de faire demi-tour et tente désormais de rentrer à Kiev.

■ Evacuation en cours à l’est

Notre correspondant en Ukraine Stéphane Siohan a passé la nuit à Kramatorsk. Il a dû se mettre en route aux premiers tirs, à l’aube, dans la région. En milieu de matinée, il entrait dans l’oblast (district) de Dnipro. Pas de combats en vue mais énormément de voitures sur les routes en direction de l’ouest et des files immenses aux rares stations-service. A l’approche de Pavlohrad, des camions et des pelleteuses s’activaient pour construire des checkpoints et des postes fortifiés.

■ A la frontière ukraino-slovaque, les embouteillages du désespoir

Des Ukrainiens ont pris leur voiture pour tenter de quitter le pays en urgence. Des embouteillages se forment à Oujhorod, à la frontière ukraino-slovaque. A Kiev, on observe également de longues files de véhicules.

■ L’Ukraine rompt ses liens diplomatiques avec la Russie et compte ses premiers morts

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé, dans une adresse à la nation, la rupture des liens diplomatiques avec Moscou, au premier jour de l’invasion de son pays par les forces armées russes. Plus de 40 soldats et une dizaine de civils ont été tués. «Nous avons rompu les liens diplomatiques avec la Russie», a-t-il déclaré alors que ces relations avaient été maintenues même après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Le chef d’Etat, devenu chef de guerre, appelle également la population à prendre les armes. «Nous donnerons des armes à tous ceux qui veulent défendre le pays. Soyez prêts à soutenir l’Ukraine sur les places de nos villes», a-t-il tweeté.

■ Ursula von der Leyen: «Nous demanderons au président Poutine de rendre des comptes»

Après avoir condamné l’offensive russe sur Twitter, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen publie une déclaration (version complète et en anglais) sur la situation en Ukraine. Dans ce texte, elle dénonce une «attaque barbare et les arguments cyniques invoqués pour la justifier». «La cible de la Russie n’est pas seulement le Donbass, pas seulement l’Ukraine, sa cible est la stabilité en Europe et l’ensemble de l’ordre de paix international. Et nous demanderons au président Poutine de rendre des comptes pour cela», affirme-t-elle. Elle annonce qu’un paquet de sanctions «massives et ciblées» sera soumis à l’approbation des dirigeants européens.

Nous n’autoriserons pas le président Poutine à remplacer l’état de droit par la loi du plus fort et par la brutalité.

■ Le Conseil fédéral tiendra une session extraordinaire à 11 heures

Le Conseil fédéral tiendra une session extraordinaire à 11 heures ce matin. L’exécutif a annulé la conférence de presse prévue sur l’Europe à la même heure pour statuer sur la réaction suisse à l’agression russe. La question principale est la suivante: continuer sur la ligne adoptée en 2014 suite à l’invasion de l’Ukraine qui consiste à prendre des mesures évitant que la Russie puisse contourner les sanctions européennes en passant par la Suisse – mais sans reprendre les sanctions de l’UE. Ou suivre Bruxelles.

Au niveau politique, les Verts, les Vert’libéraux et le parti socialiste ont appelé le gouvernement à s’aligner sur cette deuxième option. Hier soir, l’UDC appelait au contraire à ne pas suivre «aveuglément les mesures européennes». Joints par message, Thierry Burkart, le président du PLR et Gerhard Pfister, le président du Centre, ont annoncé qu’ils prendraient position cette après-midi suite à la conférence de presse du Conseil fédéral.

■ L’attaque russe frappe plusieurs régions en Ukraine

Notre correspondant Stéphane Siohan indique que les forces russes «bombardent systématiquement le moindre objectif militaire ukrainien».

■ A Kiev règne la tristesse de l’exode

Atmosphère de plomb à Kiev: les écoles et toutes les administrations gardent portes closes, constate notre envoyé spécial Boris Mabillard. Les magasins aussi, sauf ceux de première nécessité: pharmacies et supermarchés. Peu de voitures circulent sur les routes du centre ville, mais il y règne la tristesse de l’exode. Partout, des gens partent à pied avec leur valise comme Serhiy, 23 ans: «Oui, j’ai peur. Surtout, je ne veux pas rester seul ici si les Russes entrent dans la ville. Je vais retrouver ma famille à Dniepropetrovsk.»

Les stations du métro de Kiev sont les plus profondes au monde. Elles font aussi office d’abris. Pour cette raison dès aujourd’hui le métro est gratuit.

■ «Les Européens nous ont trahis», lâche un étudiant à Kiev, valise à la main

Oleksander, un étudiant en droit de 21 ans croisé par notre envoyé spécial Boris Mabillard, file dans la rue avec une grosse valise:

Les Européens nous ont trahis. Nous avons été abandonnés. J’insiste les Européens doivent nous aider. Autrement c’est une trahison. Cela me fait penser à la première guerre mondiale.

■ Le président ukrainien ordonne «d’infliger un maximum de pertes»

Le président ukrainien a donné l’ordre à ses troupes d’infliger le maximum de pertes aux militaires russes qui envahissent son pays, a indiqué sur Facebook le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Valery Zaloujni.

«Le commandant suprême des forces armées (le président Volodymyr Zelensky) a donné l’ordre qu’un maximum de pertes soient infligées à l’agresseur», a indiqué le général, assurant que l’armée «contrait avec dignité» les attaques ennemies.

■ Les forces terrestres russes entrent en Ukraine

Des forces terrestres russes sont entrées sur le territoire ukrainien, notamment depuis la Crimée annexée, ont indiqué jeudi les garde-frontières ukrainiens alors que Moscou a lancé une opération militaire dans le pays. Ils annoncent un premier mort dans l’invasion.

«Des véhicules militaires russes, y compris des blindés, ont violé la frontière dans les régions de Tcherniguiv (nord, frontière biélorusse), Soumy (nord-est, frontière russe), Lougansk et Kharkiv (est, frontière russe)» par le point de passage entre la péninsule et la partie continentale de l’Ukraine, ont indiqué les garde-frontières en publiant une vidéo sur laquelle on voit des véhiculés marqués de la lettre Z.

Une vidéo, postée sur Twitter, montre des véhicules de l’armée russe passant la frontière ukrainienne. Il s’agirait de TOS-1, des lance-roquettes.

Moscou a par ailleurs fermé la navigation dans la mer d’Azov, qui baigne l’Ukraine et la Russie.

■ La Suisse «condamne fermement l’invasion» russe de l’Ukraine

La Suisse «condamne dans les termes les plus forts l’invasion russe de l’Ukraine». Elle appelle Moscou à cesser «immédiatement l’agression militaire» et à retirer ses troupes du territoire ukrainien, écrit jeudi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Sur Twitter, les services d’Ignazio Cassis dénoncent «une violation flagrante du droit international». Ils exhortent au respect du droit international humanitaire et expriment leur inquiétude quant aux dangers que courent des civils innocents.

■ Serhiy, un habitant de Kiev, se dit prêt à prendre les armes: «S’il faut, je me battrai»

Serhiy, sur son téléphone comme la plupart des passants, a une petite entreprise de conseil. «J’ai dit à mes employés de ne pas venir travailler. Mais moi j’y vais quand même. Je n’ai pas peur pour moi mais pour mes parents, ma famille mes amis. Je ne partirai pas, c’est ma patrie ici, pourquoi devrais-je la quitter? S’il faut, je me battrai. J’ai une arme en tant que réserviste.»

Il hésite, n’a pas l’air convaincu:

Les Russes vont venir, mais ils repartiront. Nous les Ukrainiens resterons.

■ Le baril de Brent franchit les 100 dollars

Les prix du pétrole s’inscrivaient jeudi matin en vive hausse, après l’annonce par le président russe Vladimir Poutine du lancement d’une «opération militaire» en Ukraine. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a franchi pour la première fois en plus de sept ans la barre des 100 dollars. Vers 6h25, les 150 litres de Brent se négociaient ainsi à 101,39 dollars, soit un bond de plus de 4,7%, alors qu’il s’était maintenu à l’équilibre la veille en soirée à 96,84 dollars. La Bourse de Moscou et celle de Saint-Pétersbourg ont annoncé jeudi suspendre les échanges sur leurs plateformes.

■ Emmanuel Macron «condamne fermement la décision de la Russie de faire la guerre à l’Ukraine»

«La France condamne fermement la décision de la Russie de faire la guerre à l’Ukraine», a déclaré jeudi Emmanuel Macron, en appelant Moscou à «mettre immédiatement fin à ses opérations militaires». «La France est solidaire de l’Ukraine. Elle se tient aux côtés des Ukrainiens et agit avec ses partenaires et alliés pour que cesse la guerre», a ajouté le chef de l’Etat.

■ L’UE prépare de nouvelles sanctions contre la Russie

Le Kremlin va devoir «rendre des comptes», ont averti jeudi les dirigeants de l’UE, Charles Michel et Ursula von der Leyen. Ils condamnent «fermement l’attaque injustifiée de la Russie contre l’Ukraine». Un nouveau paquet de sanctions est «en train d’être finalisé par la Commission et le Service européen pour l’action extérieure, en coordination étroite avec des partenaires», indiquent le président du Conseil européen et la présidente de Commission européenne dans une déclaration transmise à la presse. Le Conseil européen, qui réunit les Etats membres, «les adoptera rapidement», précisent-ils. Ce paquet sera présenté jeudi soir aux chefs d’Etat et de gouvernement qui doivent se retrouver à Bruxelles à partir de 20h00.

■ Antonio Guterres: «C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies»

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé mercredi soir un fervent appel au président russe Vladimir Poutine, l’adjurant de rappeler ses troupes et de «cesser» immédiatement l’attaque lancée contre l’Ukraine. «Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie!», a lancé le chef des Nations unies, visiblement éprouvé par l’annonce d’une opération militaire russe en Ukraine au beau milieu de la session d’urgence tenue par le Conseil de sécurité.

«C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies», a-t-il ajouté. «Au nom de l’humanité, ne permettons pas le déclenchement en Europe de ce qui pourrait être la pire guerre depuis le début du siècle», a insisté Antonio Guterres.

■ Volodymyr Zelensky souhaite une «coalition anti-Poutine» mondiale

Le monde doit créer «une coalition anti-Poutine» pour «contraindre la Russie à la paix», a déclaré jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont le pays est la cible d’une opération militaire de Moscou. Le dirigeant a eu des entretiens notamment avec les dirigeants américain, britannique et allemand.

■ Première préoccupation à Kiev: mettre sa famille à l’abri

Scotché à son téléphone portable, Stan fait le tour de sa famille, ses parents vivent à Odessa et il doit les rassurer:

Je suis le grand frère. Ils me demandent quoi faire, et je ne sais pas moi. Mais je leur dis de préparer une valise. Je crois que le mieux serait de partir en Pologne. Mais je ne sais pas comment faire venir mes parents d’Odessa à Kiev, on dit que les trains ne circulent plus. En fait, on ne sait pas quoi faire: fuir ou rester?

Il n’y a plus de taxi, car même les chauffeurs sont accaparés par cette urgence: il faut rassurer ses proches et prendre la décision difficile: Fuir ou rester? La question est au centre de toutes les discussions, raconte notre envoyé spécial Boris Mabillard.

■ L’ambassadeur ukrainien à l’ONU: «Il n’y a pas de purgatoire pour les criminels de guerre»

Au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Ambassadeur ukrainien Sergiy Kyslytsya s’est adressé directement à son homologue russe. «Il n’y a pas de purgatoire pour les criminels de guerre. Ils vont directement en enfer, Ambassadeur», a-t-il lancé comme un avertissement. La réunion a commencé peu après que le président russe Vladimir Poutine a annoncé une opération militaire en Ukraine.

■ Vladimir Poutine a appelé son allié biélorusse avant l’offensive

Le président russe a appelé au téléphone dans la nuit de mercredi à jeudi son homologue biélorusse et allié Alexandre Loukachenko, l’informant qu’il allait lancer une opération militaire en Ukraine, a indiqué la présidence biélorusse.

Le Kremlin n’a publié aucune information sur cet appel téléphonique.

■ Un appareil vient de survoler Kramatorsk, capitale du Donbass

Notre correspondant Stéphane Siohan indique qu’un jet a survolé le centre de Kramatorsk, capitale du Donbass. Sur place, un photographe capture la présence d’une femme de ménage dans le sous-sol d’un hôtel utilisé par des journalistes pour s’abriter après avoir entendu plusieurs explosions.

■ Une passante à Kiev: «Je veux fuir avant l’arrivée des Russes»

La rue est calme, presque déserte. Quelques passants se hâtent, mais la plupart des habitants de Kiev sont restés chez eux car ils attendent sur leur portable ou devant la télé les consignes officielles, raconte l’envoyé spécial du Temps en Ukraine, Boris Mabillard.

Les bouches de métro font les abris en cas de bombardement, mais personne ne s’y réfugie encore, car seules des centres de commandement de l’armée, situés dans la banlieue de Kiev, ont été pris pour cible.

Helena, une passante:

Je dois trouver une voiture très vite. Car je veux fuir avant l’arrivée des Russes dans la ville. Et tout peut se passer très vite. Un ami a une camionnette, je vais prendre toutes mes économies et filer vers la frontière polonaise. J’ai peur de l’arrivée des Russes, le comble c’est que je suis Russe moi aussi.

■ L’Ukraine attaquée le long des frontières russe et biélorusse

L’Ukraine a été attaquée jeudi par la Russie le long des frontières russe et biélorusse, ont déclaré dans un communiqué les garde-frontières ukrainiens. Les attaques ont notamment été réalisées à l’aide d «artillerie».

■ L’Ukraine réclame des sanctions «dévastatrices» et immédiates contre la Russie

Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kouleba, appelle le monde à «agir immédiatement» face à l’opération militaire russe qui frappe son pays. «L’avenir de l’Europe et du monde est en jeu», écrit-il sur Twitter, accompagnant son appel à la communauté internationale de cinq demandes, dont des sanctions «dévastatrices» et immédiates contre la Russie.

1. Des sanctions dévastatrices contre la Russie MAINTENANT, y compris contre SWIFT.
2. Isoler complètement la Russie par tous les moyens, dans tous les formats.
3. Armes, équipements pour l’Ukraine
4. Assistance financière
5. Assistance humanitaire

Lire aussi: Crise ukrainienne: pourquoi il serait difficile d’écarter la Russie du réseau interbancaire Swift

■ Le chancelier allemand Olaf Scholz dénonce «une violation éclatante» du droit international

Le chancelier allemand Olaf Scholz a qualifié jeudi matin l’opération militaire russe lancée en Ukraine de «violation éclatante» du droit international, parlant d’une «journée sombre» pour l’Europe toute entière.

«L’Allemagne condamne de la manière la plus ferme cet acte sans scrupule du président (Vladimir) Poutine, notre solidarité va à l’Ukraine et à ses habitants», a-t-il ajouté dans un communiqué.

■ Le ministère russe de la Défense nie avoir attaqué des villes ukrainiennes

L’armée russe a assuré jeudi viser avec des «armes de haute précision» les sites militaires en Ukraine, où Moscou a lancé une opération militaire, ont rapporté les agences de presse russes.

«Les infrastructures militaires, les installations de défense aérienne, les aérodromes militaires et l’aviation des forces armées ukrainiennes sont mis hors d’état de nuire avec des armes de haute précision», a indiqué le ministère russe de la Défense, cité par TASS.

■ Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’adresse à la population: «Nous allons vaincre»

Le président ukrainien a appelé jeudi ses concitoyens à ne pas paniquer face à l’offensive russe qui frappe leur pays, annonçant par ailleurs l’introduction de la loi martiale.

«Pas de panique, nous sommes prêts pour tout, nous allons vaincre», a dit Volodymyr Zelensky dans un message vidéo sur Facebook, ajoutant que la Russie avait effectué des frappes contre des infrastructures militaires et des garde-frontières.

Lire aussi: Volodymyr Zelensky, ancien comédien sans expérience propulsé chef de guerre

■ Moscou a lancé une «invasion de grande ampleur» de l’Ukraine

Mercredi, la Russie avait commencé à évacuer son personnel diplomatique de l’Ukraine et le drapeau russe ne flotte plus sur son ambassade à Kiev. Les Etats-Unis avaient eux déjà fermé la leur. Au plan international, un sommet d’urgence des dirigeants des 27 pays de l’UE sur la crise Russie Ukraine se déroulera jeudi soir à Bruxelles.

■ L’Ukraine ferme son espace aérien pour l’aviation civile

En réaction à l’annonce du président russe, le ministère ukrainien de l’Infrastructure a annoncé la fermeture de l’espace aérien pour l’aviation civile, invoquant «un haut risque pour la sécurité» dans un communiqué sur son site.

■ Condamnations de l’opération au Conseil de sécurité de l’ONU

A l’ONU, l’ambassadeur de l’Ukraine Sergiy Kyslytsya a demandé à la Russie «de mettre un terme à la guerre». «Appelez Poutine, appelez (le ministre des Affaires étrangères) Lavrov pour stopper cette agression», a exhorté Sergiy Kyslytsya en s’adressant à son homologue russe, Vassily Nebenzia.

«Ce n’est pas une guerre, c’est une opération militaire», a rétorqué Vassily Nebenzia, lors d’un vif échange entre les deux hommes. «Nous ne sommes pas agressifs envers le peuple ukrainien, mais envers la junte au pouvoir à Kiev», a-t-il ajouté en conclusion de son discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Le conflit déclenché par la Russie en Ukraine «doit s’arrêter maintenant», a imploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. «Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie!», a lancé le chef de l’ONU. «C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies.»

Les Etats-Unis déposeront, jeudi, un projet de résolution sur la table du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Russie pour sa «guerre» en Ukraine, a annoncé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield. «Poutine a livré un message de guerre dans un mépris total pour la responsabilité de ce Conseil. C’est une grave urgence. Le Conseil devra agir et nous mettrons une résolution sur la table demain», a-t-elle dit.

La France a, elle, dénoncé «le mépris» de la Russie à l’égard des Nations unies. «La Russie a fait le choix de la guerre. La France condamne dans les termes les plus forts le déclenchement de ces opérations», a déclaré Nicolas de Rivière.

■ Le secrétaire général de l’OTAN: «Nous sommes aux côtés du peuple ukrainien en ce moment terrible»

«Je condamne fermement l’attaque irréfléchie et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, qui met en danger d’innombrables vies civiles. Une fois encore, malgré nos avertissements répétés et nos efforts inlassables pour engager la diplomatie, la Russie a choisi la voie de l’agression contre un pays souverain et indépendant», a réagi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans un communiqué.

«Il s’agit d’une grave violation du droit international et d’une menace sérieuse pour la sécurité euro-atlantique. J’appelle la Russie à cesser immédiatement son action militaire et à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Les Alliés de l’OTAN se réuniront pour examiner les conséquences des actions agressives de la Russie.»

«Le monde exigera des comptes de la Russie», promet Joe Biden

Très vite après l’annonce de Vladimir Poutine d’une «opération militaire» en Ukraine, le président américain Joe Biden a promis que «le monde exigerait des comptes de la Russie» et parlé d'«attaque injustifiée». Depuis lundi, les Etats-Unis ont déjà annoncé plusieurs vagues de sanctions. Le communiqué de la Maison-Blanche évoque une «guerre préméditée qui entraînera des souffrances et pertes humaines catastrophiques». Le président s’exprimera dans la matinée, après un sommet avec ses homologues du G7.

■ Explosions entendues à Kiev

Peu après l’annonce de Poutine, de puissantes explosions étaient entendues à Kiev, Odessa (sud), Kharkiv et dans l’est de l’Ukraine, selon des journalistes de l’AFP.

Dans la capitale, au moins deux explosions ont été entendues dans le centre-ville tôt le matin, suivies de sons de sirènes d’ambulances. Dans la ville portuaire de Marioupol, plus grande ville ukrainienne proche de la zone de front, plusieurs personnes ont indiqué à l’AFP entendre des bombardements d’artillerie depuis le quartier situé dans l’est de la ville.

Plus près du front du conflit de l’est opposant depuis huit ans séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, à Kramatorsk, ville qui sert aussi de quartier général à l’armée ukrainienne, au moins quatre explosions puissantes ont également été entendues par des journalistes de l’AFP. A 600 km de là, au sud de l’Ukraine, dans la ville portuaire d’Odessa sur la mer Noire, des explosions ont aussi retenti. Kharkiv, deuxième ville du pays située près de la frontière russe, était aussi frappée.

■ Une «opération militaire» annoncée par le chef du Kremlin

Dans un discours surprise à la télévision russe peu avant 4h00 (en Suisse), Vladimir Poutine a annoncé, tôt jeudi matin, une «opération militaire» en Ukraine pour défendre les séparatistes prorusses. Il a appelé les soldats ukrainiens «à déposer les armes».

Il a dénoncé une fois encore un «génocide» orchestré par l’Ukraine dans l’est du pays, arguant de l’appel à l’aide des séparatistes annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi, et de la politique agressive de l’OTAN à l’égard de la Russie, dont l’Ukraine serait l’outil.

Il a assuré ne pas vouloir «d’occupation» de l’Ukraine, mais sa «démilitarisation». Puis, il s’est adressé à ceux «qui tenteraient d’interférer avec nous […] ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n’avez encore jamais connues».

Il n’a pas donné de précision quant à l’ampleur de l’opération militaire, si elle allait se limiter à l’est de l’Ukraine où si elle serait plus large.

■ Le chef de l’ONU exhorte Vladimir Poutine à ne pas attaquer l’Ukraine

Après les sanctions, les supplications. Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu, mercredi soir, à New York une nouvelle réunion d’urgence sur la crise opposant la Russie à l’Ukraine, réclamée par Kiev, «en raison de l’évolution militaire» sur le terrain. C’est la deuxième en trois jours. Estimant que le monde faisait face «à un moment de péril», le secrétaire général Antonio Guterres s’est adressé directement à Vladimir Poutine pour l’adjurer d’«empêcher (ses) troupes d’attaquer l’Ukraine» s’il est confirmé «qu’une opération est en cours de préparation» en ce sens.

Son adjointe pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a précisé que des informations faisaient état d’une «fermeture de l’espace aérien» aux vols civils par la Russie près de la frontière avec l’Ukraine et que des «colonnes militaires se dirigeaient vers l’Ukraine», des informations, a-t-elle précisé, qui ne peuvent être vérifiées par l’ONU.

Intervenant dans la foulée, lors de cette deuxième réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU en trois jours, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a lancé un appel similaire au président russe. «Envoyez vos troupes, vos chars d’assaut, vos avions en Russie!», a lancé la diplomate.

■ Les sanctions de l’UE contre la Russie et les entités séparatistes entrent en vigueur

Adoptées mardi par les ministres des Affaires étrangères de l’UE, les sanctions de l’UE sont entrées en vigueur, mercredi soir, avec la publication des identités et des fonctions au journal officiel de l’UE. Elles visent 23 «personnalités de premier plan», trois banques, une société et 351 membres de la Douma, dont le ministre de la Défense et les chefs militaires russes, le chef de l’administration du Kremlin, la patronne de la télévision Russia Today et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères pour leur implication dans la reconnaissance des régions séparatistes d’Ukraine.

Les personnes sanctionnées sont privées d’accès au territoire de l’UE, leurs avoirs y sont gelés et il est interdit de les financer.

L’UE a également instauré une «restriction» des capacités de financement de l’Etat russe, de son gouvernement ainsi que de la Banque centrale. En limitant «l’accès aux marchés financiers et de capitaux» européens, cette mesure pénalisera le refinancement de la dette russe.

■ Macron promet un soutien économique et des équipements défensifs à l’Ukraine

Le président français s’est entretenu, mercredi, par téléphone avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, et lui a réitéré le soutien de la France «en matière économique et financière et en matière d’équipements défensifs», a indiqué l’Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron «a également salué le sang-froid du président ukrainien dans la situation présente».

■ Twitter suspend «par erreur» des comptes sur la crise en Ukraine

Twitter a reconnu avoir suspendu quelques comptes relayant des informations sur la crise en Ukraine avant de les réinstaurer, en assurant que cela n’était pas lié à une campagne massive de signalements. Le réseau social surveille de près «les récits émergents qui enfreignent notre politique» et a, dans ce cas précis, «pris des mesures par erreur», a indiqué un porte-parole à l’AFP.

■ Le président ukrainien dit avoir demandé sans succès un entretien avec Poutine

Les efforts diplomatiques se poursuivent de la part de l’Ukraine, en vain. «J’ai pris l’initiative aujourd’hui d’un entretien téléphonique avec le président de la Fédération russe. Résultat: silence», a regretté Volodymyr Zelensky dans une adresse à la Nation publiée dans la nuit de mercredi à jeudi.

Dans un discours personnel et plein d’émotion en langue russe, il a appelé la société civile en Russie à faire pression sur ses dirigeants pour prévenir une «grande guerre en Europe» qui pourrait débuter «d’un jour à l’autre». «Les Russes veulent-ils la guerre? J’aimerais tant connaître la réponse à cette question. Et cette réponse dépend de vous, citoyens de la Fédération de Russie» a-t-il dit, accusant Moscou d’avoir déployé 200 000 hommes pour attaquer son pays.