Sans le soutien massif des Afro-Américains et tout particulièrement des femmes noires d’Atlanta, de Philadelphie, de Milwaukee, de Detroit voire de Pittsburgh, le candidat démocrate Joe Biden n’aurait jamais franchi la barre des 270 grands électeurs nécessaires pour se faire élire à la Maison-Blanche. Dans une Amérique où le suprémacisme blanc et un racisme sournois colporté par Donald Trump ont connu des années d’or sous l’administration actuelle, la mobilisation des Noirs relève d’un acte de résistance active. Au même titre que le cri pour la justice poussé par le mouvement Black Lives Matter.

Les braises du feu racial

Depuis la création du pays par des visionnaires comme George Washington, Thomas Jefferson ou James Madison, qui tous trois étaient des propriétaires d’esclaves, les Afro-Américains ont, pendant plus de deux cents ans, porté le fardeau de la discrimination, qui s’est traduite notamment dans les infâmes lois Jim Crow. La proclamation d’émancipation d’Abraham Lincoln de 1863, la féroce bataille des droits civiques des années 1950 et 1960 sous la férule de Martin Luther King, Stokely Carmichael ou Malcolm X, l’arrêt de la Cour suprême Brown vs Board of Education de 1954 prohibant la ségrégation à l’école, l’élection du premier président noir Barack Obama en 2008: ces avancées, parfois historiques, n’ont pas résolu un problème racial persistant.