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Justin Trudeau et sa famille posant à Amritsar, cœur de la communauté sikh, pour une photo faite par les autorités.
© HANDOUT

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Le voyage de Justin Trudeau en Inde tourne au cauchemar diplomatique

Accusé de favoriser les sikhs pour des raisons électorales, le premier ministre canadien est accueilli en Inde de manière glaciale. Et son équipe a commis une bourde qui accroît le malaise

Déjà terni par la froideur de l'accueil des autorités, le voyage en Inde du Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est encore gâté jeudi avec la découverte d'une invitation faite à un extrémiste sikh. La diplomatie canadienne a annulé au dernier moment l'invitation de Jaspal Atwal à un dîner présidé par le chef de gouvernement jeudi soir.

Cet impair tombe mal alors que Justin Trudeau essaye de contrer la perception à New Delhi qu'il ménage les mouvements séparatistes sikhs au Canada pour des raisons électorales. «Nous prenons cette situation extrêmement au sérieux. L'individu en question n'aurait jamais dû être convié», a déclaré le dirigeant canadien à la presse en marge d'une conférence d'affaires dans la capitale indienne.

Le parlementaire à l'origine de cette invitation «a assumé et assumera la complète responsabilité de ses actions», a-t-il ajouté.

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Un homme condamné à 20 ans de prison

Jaspal Atwal avait été condamné à 20 ans de prison pour la tentative d'assassinat en 1986 au Canada d'un homme politique indien dans le cadre de la lutte séparatiste au Pendjab, selon des médias indiens et canadiens.

Jaspal Atwal était membre de la Fédération internationale de la jeunesse sikh, une organisation séparatiste interdite notamment en Inde et au Canada. Au cours de la visite indienne de Justin Trudeau, ce titulaire d'un passeport canadien aurait assisté à une réception officielle à Bombay, où une photo le montre à côté de la femme du chef de gouvernement.

Les sikhs constituent une significative communauté d'un demi-million de personnes au Canada, au sein de laquelle existe une frange de soutien au mouvement du Khalistan. Ce dernier réclame l'indépendance de la région indienne du Pendjab (nord), terre du sikhisme, et a y mené une féroce insurrection, finalement écrasée dans les années 1990.

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Cette visite tourne «au cauchemar de relations publiques»

La presse indienne faisait jeudi ses choux gras de cette invitation. Avant même cet incident, le quotidien Hindustan Times estimait déjà que la visite de Justin Trudeau virait au «cauchemar de relations publiques», un éminent universitaire indien allant jusqu'à évoquer «l'un des pires désastres diplomatiques en Inde» depuis vingt ans».

Arrivé samedi en Inde pour une semaine, Justin Trudeau a essayé de dissiper le sentiment de malaise autour de son voyage, au cours duquel aucun dirigeant indien de premier plan ne l'a encore rencontré.

Lors d'une halte mercredi au Pendjab, le Canadien de 46 ans a assuré au ministre en chef de cet État que son gouvernement ne soutenait pas les groupuscules séparatistes, mais sans parvenir pour autant à éteindre la polémique. Il s'entretiendra finalement avec le Premier ministre Narendra Modi dans la capitale indienne vendredi.


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