«Le vrai danger, c'est l'Iran!» Alors que les violences diminuent depuis la conclusion d'un cessez-le-feu israélo-palestinien, les responsables de l'Etat hébreu focalisent désormais leur attention sur Téhéran, qu'ils accusent de «vouloir déstabiliser la région». En effet, lundi, le gouvernement iranien a confirmé les informations parues la veille dans la presse israélienne et selon lesquelles l'armée de Téhéran venait de réussir un essai du nouveau missile terre-terre «Shihab 3», la version améliorée (1300 km de portée au lieu de 800) d'une fusée nord-coréenne qui pourrait donc atteindre Tel-Aviv avec une tête «non conventionnelle».

A tort ou à raison, Israël s'estime donc «menacé», même si rien ne permet d'affirmer que l'Iran envisage d'entamer à terme une action militaire contre «l'ennemi sioniste». Certes, depuis la chute du shah, le régime des mollahs a toujours soutenu l'action du Hezbollah (Sud-Liban). Plus récemment, de petits groupes palestiniens autonomes opérant en Cisjordanie ont également reçu des fonds iraniens transitant par le Liban. Cependant, Téhéran a toujours veillé à ne pas aller trop loin, et l'on imagine mal qu'il change subitement de stratégie.

Quoi qu'il en soit, relayant l'administration américaine, le ministre israélien de la Défense, Chaoul Mofhaz, et le chef de l'état-major de Tsahal multiplient les mises en garde à l'encontre de l'Iran. Quant à l'Aman (les renseignements militaires d'Israël), il surveille de très près les efforts entrepris par le régime des mollahs afin de se doter de l'arme nucléaire ainsi que d'un programme de missile efficient.