A Washington, de très timides attentes

Quel ton adoptera Joe Biden qui, en 2011, a osé déclarer à Vladimir Poutine lors d’un face-à-face qu’il ne percevait pas d’âme dans son regard? Aux Etats-Unis, le sommet Biden-Poutine inspire surtout de la prudence. L’administration Biden tente de réduire les attentes. La Maison-Blanche a déjà averti qu’il n’y aurait pas de conférence de presse commune. Quant au président russe, il a choisi de s’adresser aux Américains en acceptant une interview de la NBC. Il a fait savoir qu’il espérait que son homologue soit moins «impulsif» que Donald Trump.

Interrogée par NPR, Susan Glasser, journaliste au New Yorker, qui a été correspondante à Moscou et à Washington, est d’avis que les deux présidents sauront exploiter ce sommet à des fins de politique intérieure, mais qu’il n’y aura probablement «pas de grands résultats». Elle rappelle que Vladimir Poutine en est à son cinquième président américain. Accepter de rencontrer le président russe, un aveu de faiblesse? Dans le Washington Post, la chroniqueuse Jennifer Rubin répond aux détracteurs conservateurs du président démocrate. «Le bon comportement des despotes n’a jamais été la condition préalable à la rencontre des présidents américains avec des puissances adverses, écrit-elle. L’accord de Biden n’élève pas la Russie au rang de grande puissance (comme l’ont fait les sollicitations de son prédécesseur auprès du dictateur nord-coréen); la Russie est un acteur sérieux, que cela nous plaise ou non.»