Les Etats-Unis, qui vont annoncer ce mardi leur nouvelle stratégie en Afghanistan, ont demandé à la France d’accroître son contingent militaire de 1500 soldats, selo­n le journal Le Monde, une information que la présidence française et le Ministère des affaires étrangères ont refusé lundi de commenter.

Selon le quotidien, citant des sources diplomatiques non identifiées, cette demande a été formulée jeudi lors d’un entretien téléphonique entre la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.

«Pleinement engagée»

Selon l’Elysée, Nicolas Sarkozy a indiqué lundi au président américain Barack Obama, lors d’une conversation téléphonique d’une quarantaine de minutes, que la formation des troupes afghanes restait la priorité de la France.

Barack Obama, qui doit annoncer aujourd’hui l’envoi de renforts militaires supplémentaires, «a informé le président de la République de ses intentions» dans ce pays, a déclaré la présidence française. «Celui-ci a confirmé que la France resterait pleinement engagée en Afghanistan aux côtés du peuple afghan et de ses alliés aussi longtemps que nécessaire pour permettre aux Afghans d’assumer progressivement leurs responsabilités», a poursuivi la même source.

Jusqu’à présent, la France a toujours refusé d’augmenter son contingent en Afghanistan, fort actuellement de quelque 3300 militaires. «Il n’est pas question un seul instant d’augmenter [nos] effectifs», avait souligné jeudi le ministre français de la Défense, Hervé Morin.

Le président américain Barack Obama, qui doit s’exprimer ce mardi sur une nouvelle stratégie, a appelé à ce sujet lundi ses principaux alliés dans ce pays. Il était en vidéoconférence ou au téléphone avec des partenaires étrangers aussi importants que le premier ministre britannique Gordon Brown, les présidents français et russe Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, sans toutefois s’ouvrir auprès d’eux du chiffre exact des renforts, selon son porte-parole, Robert Gibbs. Le président devrait dire publiquement qu’il a fait le choix dangereux de l’escalade au­jour­d’hui à 20 heures (2 heures, heure suisse, mercredi) devant les élèves de West Point, la plus prestigieuse école militaire américaine.

Bernard Kouchner et Hillary Clinton doivent de leur côté se retrouver jeudi soir et vendredi à Bruxelles pour une réunion ministérielle de l’OTAN. Les Etats-Unis devraient à nouveau monter au créneau à cette occasion pour réclamer des renforts militaires à leurs alliés européens.

Renforts britanniques

A Londres, le premier ministre britannique Gordon Brown a confirmé hier devant le parlement l’envoi début décembre de 500 soldats supplémentaires en Afgha­nistan, ce qui portera le contingent britannique à plus de 10 000 hommes, forces spéciales incluses.