Tony Blair s'embarque ce jeudi pour ce qui devait être le repos du guerrier, la fuite loin d'une Grande-Bretagne peuplée de méchants députés inquisiteurs et de journalistes perfides et obsédés par des questions de détail. Mais le voyage estival à Washington tombe plutôt mal: d'une part, la popularité du premier ministre auprès du Congrès à couleur républicaine, qui lui fera l'honneur insigne de le recevoir devant les deux chambres réunies, ressemble à une preuve à charge à domicile – à tel point que Tony Blair a demandé que l'on ne lui remette pas une décoration, comme c'était prévu. D'autre part, il faudra bien évoquer avec George Bush la délicate question des prisonniers britanniques détenus à Guantanamo. S'il revient (après avoir parcouru l'Asie, de Tokyo à Hongkong en passant par Séoul, Pékin et Shanghai) sans aucune concession américaine sur le sujet, Tony Blair risque une rentrée politique encore plus mouvementée que prévu.